On est toujours beau quand on est amoureux, Grégoire Lacroix

On est toujours beau qd on est amoureuxCe petit livre à couverture rose est un recueil d’aphorismes sur l’amour, œuvre du facétieux Grégoire Lacroix, né en 1933, membre de l’Académie Alphonse Allais, ministre des Plaisirs associés.

Il se glisse dans une poche et se déguste à toute heure.

De quoi donner envie de tomber amoureux !

 

Voici une sélection personnelle de dix phrases en guise de préliminaires :

 

L’amour, c’est comme le jazz : c’est n’importe quoi mais pas n’importe comment.

L’amour que l’on ressent ne donne aucun droit, celui que l’on inspire aucun devoir.

En amour comme en politique, il est inutile d’avoir raison, il suffit d’être convaincant.

L’avantage de vivre en couple c’est que l’on a quelqu’un sous la main à qui l’on peut reprocher d’avoir été une entrave à des projets que l’on n’aurait de toute façon pas réalisés.

On s’aime vraiment quand le silence qui suit l’amour est encore de l’amour.

Mon amour pour elle est tellement grand qu’elle peut tout prendre, il en restera encore.

Déclarer son amour dans une langue qu’on maîtrise mal c’est comme jouer de la guitare avec des moufles.

Qu’il est intense le plaisir d’en donner !

Il y a des femmes dont la beauté intérieure n’a visiblement pas trouvé la sortie.

Il paraît logique qu’un roman sur l’adultère soit écrit à la troisième personne.

 

Editions Max Milo, juin 2013, 64 pages, 4,90 €

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Pourquoi écrivez-vous, Sandrine Roudeix ?

Roudeix

Sandrine Roudeix est romancière et photographe.

Son premier roman, Attendre (Flammarion 2010 et J’ai lu 2012), a été récompensé par le Prix du Roman du Mois des Espaces Culturels E.Leclerc et  Télé 7 Jours.

Son deuxième roman, Les petites mères (Flammarion 2012), a reçu le Prix L’Autre Page 2012 (Prix du Roman des Psychanalystes).

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Pourquoi écrivez-vous ?

Ecrire pour comprendre l’intérieur des têtes

Qu’est-ce qui me pousse à écrire ? Le besoin de me poser et d’observer ce qui se trame en moi et autour. Réfléchir sur des sujets qui me tracassent, des émotions qui me traversent, des colères qui me débordent. J’écris pour aller bien.

J’écris pour me faire du bien. J’écris parce que je n’ai rien trouvé de mieux pour exprimer ce qui se joue et se tord et se noue en moi. Pour me sentir moins seule parfois et les mots sont comme des mains tendues. Pour me mettre à la place des autres souvent et les phrases sont comme des microscopes. J’écris lorsque je n’y vois plus clair, lorsqu’un événement me touche, une histoire de rapports humains qui ne tournent pas rond. J’écris pour comprendre l’intérieur des têtes, le monde et les gens qui m’entourent.

Roudeix1J’ai écrit mon premier roman pour comprendre d’où je venais et, plus généralement, d’où venaient les enfants abandonnés par leur père avant leur naissance. Dans « Attendre », je me suis du coup inventée une histoire originelle en racontant ma naissance du point de vue de mon père puis de ma mère. Une manière de trouver des raisons aux actes… Dans mon deuxième roman, « Les Petites Mères », je me suis glissée dans les peines et les blessures de mes grands-mères et aïeules pour découvrir qui elles étaient et ce qui les avaient poussé à se construire, toutes, sur cinq générations, sans homme.

Mais parallèlement à toutes ces motivations, j’écris aussi et surtout parce que j’aime les mots, leur musique et leur capacité à m’emmener sur des chemins de traverse, à me faire oublier le temps et l’espace. L’écriture est un acte de création et d’imagination. Le meilleur moyen que j’ai trouvé pour éprouver ma liberté.

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A travers mes romans, je souhaite aider les gens à mieux se comprendre. La question de l’identité, et plus particulièrement de l’identité au sein de la famille, ne cesse de m’interroger. C’est elle qui est au cœur de mon travail pour l’instant. Vaste ambition, c’est sûr. Mais je crois que les expériences partagées et décortiquées peuvent faire avancer. Apporter de la distraction et de l’évasion, mais aussi de la réflexion.

 

Avec « Attendre », j’ai voulu montrer la nécessité de ne pas (trop) attendre des autres pour réussir à vivre sa propre vie. Ne pas (trop) juger ceux qui nous ont blessés pour au contraire tenter d’épouser leurs choix, souvent liés à un contexte.

 

Avec « Les Petites Mères », j’ai essayé de démonter que notre passé peut ne pas être un boulet si on décide de ne plus le laisser alourdir notre présent. Les valises et les hématomes de nos ancêtres ne sont pas forcément les nôtres.

 

Dans tous les cas, la littérature me donne cette capacité folle de me mettre à la place de tous les personnages d’une situation donnée et de me faufiler dans leur peau pour décortiquer leurs pensées et leurs motivations intimes. Une manière d’abattre toutes les cartes sur le tapis comme lorsqu’on apprend à jouer à un enfant. Avec mes romans, j’espère apprendre un tout petit peu les vertus de l’empathie (et le plaisir des mots).

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Roudeix2Je ne crois pas qu’on décide un jour d’écrire ou de devenir écrivain. On naît comme cela, avec tout un tas de trucs qui fourmillent en nous et qui ont besoin de sortir. Chacun a sa manière pour les libérer. Je le fais, moi, avec des mots. Si je n’écrivais pas, je m’allongerais sur mon canapé et alignerais dans ma tête tout un tas de premières phrases de romans (j’en ai plein mes tiroirs), mais aussi des dernières phrases et des titres, des structures et des noms de personnages. J’écrirais des romans invisibles en quelque sorte…

Maintenant, c’est vrai que j’ai aussi la chance d’avoir une deuxième corde à mon arc, puisque je suis également photographe de métier. Du coup, lorsque je n’écris pas sur les gens, je les photographie. Mais ces deux moyens d’expression se retrouvent autour de mon intérêt pour l’humain. Plus que cela, même. La photo et l’écriture sont pour moi totalement complémentaires. Si la photo me permet d’aller vers les autres et m’ancre dans la société, l’écriture au contraire me plonge dans l’introspection et la solitude. Si photographier se déroule dans l’instant, au présent et en extérieur (je travaille peu en studio), l’écriture s’inscrit dans la durée, au passé et entre les quatre murs de mon bureau. Dans la première activité, je cherche la lumière et le joyeux, dans l’autre, je navigue plutôt dans l’ombre, les vagues et parfois la tempête. Mais la photo et l’écriture restent en même temps deux moyens de dire ma seule personnalité, ce qui signifie que je les exerce, je crois, avec une même démarche. Dans les deux cas, je travaille sur le déplacement du regard. J’aime tourner autour de mon sujet, l’observer sous différents angles pour mieux le comprendre. On m’a d’ailleurs souvent dit que je ressemblais à un chat pendant les prises de vue ! Je suis par ailleurs portraitiste. Je m’intéresse exclusivement aux gens et, par conséquent, à ce qui se cache derrière les apparences, les questions de l’identité, de la ressemblance, de la reconnaissance, de la représentation et de la révélation (au propre comme au figuré) que j’explore en photo comme en écriture. Sans compter que mes portraits sont souvent en pied, c’est-à-dire incluant le corps et le décor avec un souci de cadre. Ce que je traduis en écriture par une attention portée aux détails, aux gestes, aux descriptions, au contexte et à l’environnement. Finalement, on m’a souvent fait remarquer que j’écrivais mes photos en y déroulant presque toujours une histoire, je crois que l’inverse est aussi vrai…

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Enfant, j’écrivais des poèmes au coin de la cheminée de ma mère et de ma tante en Ariège dans les Pyrénées.

Adolescente, je passais mes week-ends enfermée dans ma chambre à lire à haute voix et à apprendre par cœur des textes de théâtre et de poésie. Baudelaire, Rimbaud, Prévert, Cros, Verlaine, Aragon. Surtout Aragon, mon préféré entre tous. Et puis Anouilh, Corneille, Racine, Ionesco. J’ai longtemps eu « Antigone » comme livre de chevet. Et aussi une pièce moins connue d’Anouilh qui s’appelle « L’Invitation au château ».

Jeune adulte, j’ai fait de bonnes études pour plaire à ma famille – un bac scientifique puis une école de commerce – mais j’ai réussi à raccrocher un peu avec l’univers qui me faisait rêver en travaillant pendant neuf ans dans le marketing de l’édition.

Il a fallu que l’âge adulte arrive, à trente ans et des poussières, pour que je m’avoue m’être trompée de voie et me décide à assumer une envie d’écriture et une sensibilité artistique. J’ai essayé le journalisme pour très vite me rendre compte que je ne voulais pas écrire sur des sujets imposés. Mais le milieu de la presse me plaisait pour toutes les rencontres humaines qu’il permettait. Un peu par hasard, grâce à un voyage au Pérou, je suis alors devenue reporter-photographe. C’était en 2004. Et je me suis lancée en même temps dans l’écriture d’un premier roman. Non publié. Puis d’un deuxième. Non publié. Et enfin d’un troisième. Publié chez Flammarion. Une histoire de rencontre encore, au bon moment, au bon endroit, avec la bonne personne.

Ecrirai-je toujours ? Je ne suis pas voyante… Je peux juste dire que j’espère écrire toujours, oui. Car si je ne le fais plus, cela signifiera qu’il y aura sans doute eu dans ma vie des événements qui auront éteint en moi la flamme et m’auront transformée. Je me sens très bien comme je suis aujourd’hui !

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Ne pas se décourager et s’armer d’une triple dose de patience. Je sais combien cela peut-être frustrant parfois, mais c’est le jeu. On sème des graines et on voit celles qui poussent. Après, je crois beaucoup au timing et à la chance (celle que l’on cultive, en attendant de l’attraper à deux mains quand elle passera). Mais là aussi, je crois qu’il ne faut pas être pressé. Entre deux personnes de même talent, voire entre une personne excellente et une personne très bonne, c’est celle qui aura le plus confiance en elle et qui développera le plus de pugnacité qui réussira. Pas forcément celle qui est la plus douée. C’est injuste, mais c’est comme cela.

Je n’ai pas de grands conseils donc si ce n’est d’envoyer son manuscrit encore et encore. Et même par la poste, oui, si on n’a pas de connexions. Malgré tout ce qu’on dit, c’est encore comme cela que cela fonctionne, à part si on est recommandé par quelqu’un de connu et/ou d’influent. Toujours une histoire de rapports de force et d’intérêts réciproques. C’est un fantasme de dire que cela ne sert à rien d’envoyer son texte anonymement, car les éditeurs cherchent tous des manuscrits (c’est leur raison d’être et leur motivation) et ils lisent ou font lire forcément tout ce qui arrive….

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Précédent rendez-vous : Cyril Montana

 

Prochain rendez-vous : pour l’été, et après 25 « Pourquoi écrivez-vous ? » depuis début 2013, la rubrique cède la place à des bloggeurs à qui la question « Pourquoi blogguez-vous ? » va être posée.

Les petites mères, Sandrine Roudeix

couv-PETITES-MERES1Présentation de l’éditeur :

Concepción, Fernande et Babeth. Trois femmes d’une même famille du sud-ouest, trois femmes abandonnées par l’homme qu’elles aimaient, trois femmes qui ont élevé seules leur fille. Ce sont elles, les petites mères, comme les surnomme Rose, la petite dernière. Rose qui, justement, vient dîner ce soir pour leur présenter son fiancé. D’heure en heure, de huit heures du matin à minuit, chacune se prépare alors à accueillir le jeune couple. Mais les espoirs éparpillés et les rêves brisés des quatre femmes refont surface et la fin de la journée prend une tournure qu’aucune n’avait imaginée.

Comment se construire quand on a grandi dans un univers matriarcal où la dureté et l’incompréhension remplaçaient trop souvent la tendresse et la solidarité ? Dans ce portrait de famille, Sandrine Roudeix raconte les vies de ces femmes sans homme et explore avec beaucoup de subtilité la complexité du lien mère-fille et la difficulté d’aimer et d’être aimée.

 

C’est une journée pas comme les autres pour ces quatre femmes, quatre maillons d’une chaîne générationnelle exclusivement féminine – les mâles ont déserté. Ce soir, elles seront à nouveau réunies toutes les quatre autour d’un homme. Un dîner aussi simple en apparence qu’il est fort symboliquement ; un dîner officiel, presque, dans la petite maison où Rose a vécu enfant. C’est pour chacune le temps du bilan, au seuil, peut-être, d’une cinquième génération. Et faire le bilan, en cette journée très spéciale, ce n’est pas rien.

Chacune fait entendre sa voix pour confesser ses regrets et ses rêves, s’il en reste. De femme, de fille, et de mère.

Quant à Rose, si attachante avec ses conflits intérieurs, avec ses paradoxes de femme, de fille, de mère potentielle, Rose en quête de sens, qui se persuade que le déracinement lui est bénéfique puisqu’elle l’a choisi, Rose en particulier ne sortira pas indemne de ce dîner.

 

Dans ce deuxième roman, Sandrine Roudeix dissèque les liens entre femmes d’une même famille et le rapport des femmes aux hommes qui fuient. Un livre profond, dur autant que tendre, et une formidable galerie de portraits. Des portraits tout en sensibilité de femmes fortes parce que la vie et les hommes ne leur ont pas laissé le choix – fortes parce qu’elles-mêmes n’auraient pas supporté de s’admettre faibles.

Des femmes difficiles à oublier, tout comme ce beau roman.

 

Prix L’Autre Page 2012 (Prix du Roman des Psychanalystes)

 

Flammarion, février 2012, 180 pages, 16 €

 

Citations choisies :

« Le temps a couru si vite. Elle a l’impression de n’avoir jamais eu vingt ans. Elle a eu cinq ans. Elle a eu dix ans. Elle a eu quinze ans. Puis, elle a eu quarante-trois ans. Elle n’a pas connu la fleur de l’âge. Juste les bourgeons puis les pétales fanés. » (page 40)

 

« La force qui les unit, toutes les quatre, quand elles sont ensemble. Une origine commune, évidemment, mais pas seulement. Quelque chose qui coule plus rouge que le sang dans leurs veines et que seules les femmes d’une même famille aux blessures écarlates peuvent ressentir de l’intérieur. Quelque chose comme le manque d’amour. Ou son incapacité. » (page 44)

 

« Le temps galope et avec la vieillesse les caractères comme les chairs mollissent. » (page 81)

 

« Ma vie pour des yeux qui brillent. » (page 83)

 

« C’est cela, une famille. Des gens qui suivent leur chemin, mais qui restent liés agrafés soudés les uns aux autres et n’oublient pas la terre commune sur laquelle ils ont poussé. » (pages 109-110)

 

« Sa mère a toujours pensé que les talons éloignaient du sol et des réalités en berçant les femmes d’illusions. » (page 127)

 

« Il faut avoir été beaucoup aimé lorsqu’on était enfant pour tomber follement amoureuse plus tard sans se faire mal. Pour oser le grand saut des sentiments. Pour que ça rembourre et amortisse la chute. Pour que ça empêche la transformation, aussi. (pages 133-134)

 

« Ils ont quitté les lumières de Paris pour la nuit de son enfance et ça se voit. » (page 138)

 

« Avoir un bébé de cet homme était le seul moyen de me l’incruster dans la peau pour toujours. » (page 174)

 

« Dans son regard, elle essaie de lui dire qu’elle l’aime et qu’elles ont toutes le droit, malgré le passé, de croire en l’espoir après l’amour. Juste après. Quand on est encore dans le lit et qu’on se serre fort, peau contre peau, en pensant qu’on va forcément se revoir puisque c’était bien. » (page 175)

 

« On se trompe toujours sur les gens dont on attend trop. » (page 178)

Sélection d’été

Sélection été 2013Le mercure monte… c’est le moment de penser aux lectures à mettre dans ses valises pour cet été.

Pour faciliter la corvée des bagages, voici une sélection uniquement composée de livres sortis en 2013.

 

 

Grosses chaleurs

L’abandon du mâle en milieu hostile, Erwan Larher : la rencontre explosive d’un sage lycéen avec une jolie punkette. Une bombe à retardement.

Plon, janvier 2013, 240 pages, 19 euros

 

Un père en colère, Jean-Sébastien Hongre : quand un père qui a totalement perdu le contrôle de ses deux enfants laisse sa colère exploser sur la toile, le lecteur s’enfonce dans l’horreur avec fascination…

Editions Max Milo, mars 2013, 222 pages, 18 euros

 

grosse chaleurLes étourneaux, Fanny Salmeron : après une série d’attentats à Paris, trois amis trouvent refuge dans une maison de campagne. Un conte moderne et poétique à l’abri des bombes… croit-on.

Stéphane Million Editeur, janvier 2013, 104 pages, 12 euros

 

 

Coup de soleil

Un écrivain, un vrai, Pia Petersen : les tribulations d’un écrivain qui devient le sujet et l’objet d’une émission de téléréalité participative. Une réflexion efficace et rythmée sur le sens de la littérature.

Actes Sud, janvier 2013, 216 pages, 20 euros

 

Coup de soleilA qui le tour ?, Murielle Renault : cinq grands gagnants du Loto décident de passer du temps ensemble pour le meilleur mais surtout pour le pire. Un roman doux-amer et une jolie galerie de portraits.

Le Dilettante, mars 2013, 254 pages, 19 euros

 

La nuit pacifique, Pierre Stasse : en Thaïlande, un Français exilé croise celui qu’il tient pour responsable du suicide de sa sœur des années auparavant. Envoûtant.

Editions Flammarion, janvier 2013, 268 pages, 18 euros

 

L’atelier des miracles, Valérie Tong Cuong : trois êtres cabossés par la vie réunis à l’Atelier, où ils apprennent doucement à remonter la pente, ressuscitent grâce aux talents du mystérieux responsable du lieu. Un roman chorale plein d’espoir.

JC Lattès, janvier 2013, 264 pages, 17 €

 

 

A l’ombre

A l'ombreL’été slovène, Clément Bénech :  le délitement d’un couple d’étudiants en vacances pour quelques semaines en Slovénie. Désinvolte, reposant et délicieux.

Editions Flammarion, mars 2013, 132 pages, 14 euros

 

La disparition du monde réel, Marc Molk : l’été d’une bande d’amis quarantenaires dans un grand mas provençal. Un roman du désenchantement, tout en mélancolie.

Buchet/Chastel (Qui Vive), mars 2013, 154 pages, 15 euros

 

Sang d’encre, Stéphanie Hochet : un tatoueur s’immisce dans la vie de ses clients comme l’encre se répand sous leur peau. Une fiction teintée de noir, dans laquelle l’éternité est à portée d’aiguille.

Editions des Busclats, février 2013, 100 pages, 11 euros

 

Le début de la tyrannie, Tristane Banon : le bilan d’une relation mère-fille toxique fait par la fille à la mort de sa mère. A-t-on les tyrans qu’on mérite ? Une vraie bonne surprise.

Julliard, février 2013, 192 pages, 18 euros

 

Marc Beltra, roman autour d’une disparition, Mathieu Simonet : un inoubliable puzzle autour de la disparition en décembre 2003, à la frontière du Brésil, du Pérou et de la Colombie, de Marc Beltra, un étudiant français  de 19 ans, imaginé par l’avocat de sa famille.

Editions Omniscience, 10 janvier 2013, 224 pages, 16,90 euros

 

 

Chateau de sableChâteau de sable

Prends garde à toi, Fanny Chiarello : l’histoire de Louise, dont la classe de 5ème prépare pour la fin de l’année une représentation de l’opéra Carmen

Medium de L’Ecole des loisirs (9-12 ans), février 2013, 196 pages, 9,50 euros

 

Les titres de la collection L’Enigme des vacances, qui proposent de lire pour réviser (quel chouette programme !)

Nathan, collection L’énigme des vacances, du CP à la 3ème, avril 2013, 6,99 euros

 

 

601689_10151600168419835_1330994677_nBel été et belles lectures !

Pourquoi écrivez-vous, Cyril Montana ?

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Cyril Montana a été chroniqueur à France Culture et collabore à plusieurs journaux.
Il a publié au Dilettante Malabar trip (2003), sélectionné pour le prix de Flore, Carla on my mind (2005), La faute à Mick Jagger (2008), sélectionné pour les prix Renaudot et Marcel Pagnol, chez Maren Sell, Le bonheur de refaire le monde (2005) et chez Gallimard, Vus de la lune. Son dernier roman, Je nous trouve beaux, en paru en février 2013 chez Albin Michel.

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Pourquoi écrivez-vous ?

J’écris parce que j’aime ça.
MontanaJ’écris parce que c’est ma forteresse, et qu’au sein de celle-ci je suis en dehors du chaos du monde extérieur.
J’écris aussi parce que l’écriture est un muscle qu’il faut sans cesse travailler.  « Chaque début d’écriture est un retour à la case départ. Et la case départ, c’est un endroit où l’on se sent très seul. Un endroit où aucun de vos accomplissements passés ne compte ». Quentin Tarantino
J’écris parce que c’est mon univers et que je suis libre d’écrire ce que je veux.
J’écris parce qu’en écrivant, le temps n’est plus, et que je me sens comme connecté à quelque chose qui m’échappe. Une nécessité. « L’expérience de l’écriture est extatique. Il faut s’y jeter à corps perdu, pleurer et rire intensément, physiquement, entrer dans un état second ». Pierre Michon (physicien).
Montana2J’écris parce que j’ai besoin de prendre des notes sur ce que je vis. J’écris pour ressusciter des moments qui sans cela seraient engloutis par le temps.
J’écris pour le plaisir incomparable de me relire, de travailler et retravailler mes phrases, d’en écouter la musicalité, et d’être au plus près de ce dialogue intérieur qui m’accompagne. « Un grand auteur est celui dont on entend et reconnaît la voix dès qu’on ouvre l’un de ses livres. Il a réussi à fondre la parole et l’écriture ». Michel Tournier

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Je ne pense pas avoir de conseils à donner, mais plutôt un avis personnel sur l’écriture. Car il n’y a selon moi pas de règles à suivre ou à ne pas suivre, si ce n’est travailler et travailler encore. Il faut avant tout aimer écrire, car écrire est une épreuve ardue. « L’écriture est une aventure. Au début c’est un jeu, puis c’est une amante, ensuite c’est un maître et ça devient un tyran« . Winston Churchill
Si je considère le peu d’écrivains qui gagnent leur vie grâce à l’écriture, j’en conclus qu’il faut écrire par nécessité, il faut que cela soit comme inscrit dans vos gênes.
Personnellement, si je n’écris pas pendant deux ou trois semaines, tout commence à me paraître fade, sans saveur, et c’est comme si petit à petit la vie perdait ses couleurs.
« Je n’écris pas des romans pour les vendre, mais pour obtenir une unité dans ma vie ; l’écriture est pour moi une colonne vertébrale ». Michel Butor
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Précédent rendez-vous : Carole Fives

Prochain rendez-vous : Sandrine Roudeix

La faute à Mick Jagger, Cyril Montana

La faute à Mick JaggerPrésentation de l’éditeur :

L’enfance de Simon se déroule chez les hippies, dans les fermes communautaires. Ne se préoccupant de rien, ses parents dansent, boivent, fument, rient, et peut-être pensent-ils. Mais à quoi ? A l’âge adulte, Simon, personnage tragi-comique, ne réussit pas à choisir entre deux femmes qu’il aime, l’une, douce et aimante, l’autre, nerveuse et hystérique.

Bien que retraçant une trajectoire personnelle qui démarre dès l’enfance de Simon, « La faute à Mick Jagger » aborde avec une pointe d’humour et de détachement une thématique universelle : l’héritage familial.

 

La mère de Simon, séparée de son père, sombre peu à peu dans la folie. Le jeune garçon navigue comme il le peut dans les eaux familiales tourmentées, tiraillé entre les adultes qui décident pour lui – quand ils ne laissent pas la drogue ou les membres de la communauté du Lubéron décider pour tous.

 

A l’âge adulte, Simon, qui est finalement parvenu à grandir sans trop de dégâts, connaît un nouveau tiraillement : il hésite entre deux femmes, Lucile, douce et attentive, calme et raisonnable, et Angelica, enflammée et imprévisible, insatiable et insupportable. Mais une troisième bouscule son équilibre : sa mère l’appelle et lui demande de venir la voir à Niort où elle réside – sa mère qui souffre car la tête de Mick Jagger est entrée dans la sienne et la première est plus grosse que la seconde. Simon rapplique. Il sait bien que Mick Jagger n’est nullement responsable de la situation. Mais il va bien falloir que lui, Simon, y trouve une solution.

 

Le troisième roman de Cyril Montana est un incessant aller-retour entre l’enfance et l’âge adulte. Le grand Simon, à la première personne, raconte ses errances d’homme incapable de se défaire du fardeau familial qui le leste depuis toujours. Il porte un regard très tendre, à la troisième personne, sur le petit Simon qu’il a été, tendresse qui amortit la violence de ce que l’enfant traverse dans un monde où les soixante-huitards s’intéressent à leur présent plus qu’à l’avenir de leurs enfants.

 

La faute à Mick Jagger est une chronique familiale forte et touchante servie par une écriture tour à tour légère, presque gouailleuse, ou plus recherchée – le tout à un rythme saccadé qui fait qu’on ne la lâche pas.

Quant à la part autobiographique de ce roman… Il faudrait poser la question à Cyril, le petit garçon qui pose en couverture.

 

J’ai lu, octobre 2010 (et Le Dilettante, 2007), 160 pages, 4,80 euros

 

Extraits choisis :

 

« C’est fatigant d’être un hypersensible, tout nous touche très fort. » (page 9)

 

« La France profonde. Celle qui a déjà pensé avant d’avoir réfléchi, déjà frappé avant d’avoir parlé, qui sait avant d’avoir appris. La France des lieux communs. » (page 16)

 

« C’était une musique psychédélique, un peu hindoue, post-baba. Fascinant. Ça m’a donné envie de me défoncer pour penser autrement, aller plus loin, oublier un peu et vivre plus fort. » (page 26)

 

« J’ai un problème avec le monde extérieur. Dans le fond, je ne vois pas l’intérêt d’être soigneux, je trouve que c’est une perte de temps. On s’en fout du matériel, un objet, une fringue ça se jette, ça se remplace, c’est fait pour ça. » (page 79)

 

« Les gens auraient les mêmes rapports au feu rouge qu’aux lois. Certains freinent dès qu’ils voient la couleur orange et accordent respectueusement un mètre de distance aux piétons pour qu’ils puissent traverser, d’autres par contre mangent carrément les bandes blanches avec leurs roues avant, et démarrent dès que le feu opposé passe à l’orange, quitte à se tordre le cou pour gagner deux secondes qui seront par ailleurs perdues au feu suivant. » (page 103)

 

« Les autres enfants voyaient bien qu’il n’était pas comme eux, parce qu’un môme de cet âge porte, dans la façon qu’il a de s’habiller, les marques de sa solitude. Il peut garder les mêmes affaires plusieurs jours de suite, et ses vêtements tachés ne l’importunent pas plus que de ne pas se laver plusieurs jours, puisque personne n’est là pour le lui rappeler. » (pages 118-119)

 

« Fuir le malheur de peur qu’il ne nous trouve. » (page 126)

 

« C’était peut-être ça la solution, ne pas penser, ni se poser trop de questions. Se contenter d’être en vie. » (page 151)

[Il y a un mois] L’Envolée des livres de Châteauroux, 7ème édition

 

header_chtxUn couvent du XIIIème siècle qui se détache sur un ciel sans nuages. Une carte postale ? Pas seulement. Si la météo peut être aléatoire, le couvent des Cordeliers est depuis quelques années le cadre incroyable qui accueille les auteurs du salon du livre de Châteauroux, joliment appelé L’Envolée des livres.

 

Pour cette septième édition, les auteurs sont au nombre de 160, répartis entre la nef du couvent et les espaces adjacents. D’abord hésitants, les spectateurs finissent par envahir les allées formées par les stands des quatre librairies participantes. Ils viennent de tout près, ou de plus loin que le département. Toutes les littératures sont représentées entre ces murs chargés d’histoire. Daniel Picouly, parrain de l’année, attire autant de passionnés que Patricia Darré, médium et journaliste castelroussine auteur de deux livres à succès sur ses expériences extrasensorielles. Le prix Goncourt 1990 et le prix France Télévisions 2003 ne déméritent pas face à la première dauphine de miss France 2007 et au candidat de L’Amour est dans le pré 2011.

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Sur la grande scène, Krystel Jacob, auteur jeunesse venue en voisine, reçoit le VIIème prix des Enfants de la Ville de Châteauroux pour « La vie secrète de Benjamin Moucheboeuf » (Volpilière, 2011) tandis que Stéphane Michaka se voit remettre le prix Coup de cœur des libraires de la ville pour « Ciseaux » (Fayard, 2012), roman à quatre voix inspiré de la vie mouvementée de l’écrivain Raymond Carver.

 

L’on trinque à leur santé et aux livres, à ceux qui les lisent, à ceux qui les vendent et à ceux qui les écrivent, à l’ombre du couvent. Le salon va fermer ses portes sur cette belle première journée.

 

Samedi soir à l’Espace des halles, Picouly joue La Faute d’orthographe est ma langue maternelle, le spectacle basé sur son dernier livre, dans le cadre de la soirée off.

 

La nuit tombe lentement, les auteurs se dispersent dans la ville au même rythme. La douceur de l’air chasse la fatigue et fait des appels du pied pour prolonger la soirée. Certains y céderont, qui émergeront avec plus de difficulté le lendemain. Peu importe. Châteauroux a ceci de commun avec Vegas que ce qui s’y passe y reste (jusqu’à l’année d’après).

 

Le soleil est à nouveau au rendez-vous du dimanche. L’équipe municipale, dynamique et impliquée, converse avec les auteurs matinaux.

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La journée s’écoule, ponctuée par des débats et des échanges qui plongent au cœur des propos des ouvrages présentés. A l’étage, les conférences se suivent et ne se ressemblent pas. La veille, la journaliste Aïda Valceanu a délaissé un instant son costume de coordonnatrice du salon pour évoquer Talleyrand et Napoléon avec deux historiens ; le journaliste Hubert Artus a fait parler la jeune garde, représentée par Stéphanie Hochet, Alma Brami, Max Monnehay, Erwan Lahrer et Myriam Thibault ; le dimanche, la même Aïda Valceanu réunit Jérôme Attal, Sandrine Roudeix, Anne Icart pour parler du goût des mots ; le même Hubert Artus s’entretient en tête-à-tête (mais devant une salle comble) avec Eric Naulleau ; et je termine en questionnant Serge Joncour, Tristane Banon, Sandra Reinflet et Eric Valmir à propos des souvenirs de famille.

 

Le week-end s’achève avec un goût de pas assez ; dans le ciel et dans les cœurs, le beau temps nous aura accompagnés jusqu’au bout. Les rencontres – ah, les rencontres, le sel, le miel, l’élixir des salons – iront bien plus loin que le quai de la gare.

 

A Châteauroux, cette année, j’ai attrapé un coup de soleil qui n’est pas encore passé.

 

Sophie Adriansen

 

Crédit photos : Pat Liv

Pourquoi écrivez-vous, Carole Fives ?

fivesCarole Fives partage son temps entre les arts plastiques et la littérature.Son premier roman pour adultes, Que nos vies aient l’air d’un film parfait, est paru en août 2012. Carole Fives a aussi écrit Quand nous serons heureux (prix Technikart du manuscrit 2009), Ca nous apprendra à naître dans le Nord ainsi que des livres pour la jeunesse..

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Pourquoi écrivez-vous ?

Robert Filiou dit que « L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art. » Pour moi, cela signifie que la vie sans l’écriture n’est pas satisfaisante. Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à s’enfermer plusieurs mois sans voir personne pour écrire un roman? La vie ne lui suffit pas apparemment…
L’écriture me sert aussi à m’extraire du temps social, de l’altérité. C’est un moment de ressaisissement, qui me permet de retourner plus sereine dans la vie ensuite.Fives J’écris pour comprendre ce que je vis, et ce que vivent les gens, comment ils s’en sortent, ou pas, avec la vie.
Mais le désir décrire reste très fragile, à protéger absolument. Enfant déjà j’écrivais, et une indiscrétion d’un de mes proches dans les carnets que je tenais alors m’a blessée. Quelqu’un avait lu dans mes carnets donc dans mes pensées, je me sentais trahie. J’ai alors préféré dessiner puis peindre, il me semblait que les messages étaient plus codés dans la peinture, que personne ne pourrait l’utiliser contre moi. Il y a finalement peu de temps que je me suis remise à écrire, quelques années, et c’était précisément lorsque je me suis retrouvée étudiante aux Beaux arts.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Je ne me suis jamais rêvée écrivain. Je n’idéalise pas le statut ou la vie des écrivains. J’écris, c’est plus un constat qu’un leitmotiv.
Je n’ai pas de conseil à donner aux aspirants écrivains sauf celui qu’on m’a donnée et qui m’a souvent aidée: « ne jamais se censurer. »

Précédent rendez-vous : Erwan Larher

Prochain rendez-vous : Cyril Montana

Que nos vies aient l’air d’un film parfait, Carole Fives

Présentation de l’éditeur :

1erecouv-que-nos-vies-aient-lair-dun-film-parfaitCertains pensent que le divorce, ça ne sépare que les adultes. Années 80. Déferlante rose sur la France. Première grosse vague de divorces aussi. à la télé, Gainsbourg, Benny Hill et le Top 50. Un frère et une sœur sont éloignés. Vacances, calendriers, zone A, zone B. La séparation est vécue différemment par chacun. Chacun son film, sa version, le père, la mère, la sœur. Chacun sa chanson. Un seul se tait, le cadet. Lui, ne parle pas, il attend. Huit ans, neuf ans, dix ans…Dans les familles, les drames se jouent mais ne se disent pas. Huit ans, vingt ans trente ans… Que nos vies aient l’air d’un film parfait est un livre sur l’amour fraternel, celui qui seul permet de traverser ces années sauvages, ces plages d’enfance.

Fanny et Tom sont des enfants divorcés ; pas seulement des enfants de divorcés. Coupés en deux, chacun. Car Fanny, la grande sœur, cède, avec l’inconséquence de ses douze ans, à la requête de sa mère : faire écrire à Tom la lettre qui lui fera en obtenir la garde. Restée seule avec son père qui les élevait jusqu’alors, ainsi qu’en avait décidé le juge, elle prend conscience de son erreur. Il est évidemment trop tard pour la réparer – ce à quoi elle s’emploiera cependant sa vie durant.

Dans ce premier roman, Carole Fives (déjà auteur entre autres d’un recueil de nouvelles, Quand nous serons heureux, et d’un ouvrage écrit à quatre mains avec Amandine Dhée, Ca nous apprendra à naître dans le Nord) fait s’entremêler les voix et les points de vue. La sœur, le père, la mère s’expriment à tour de rôle. Seul le frère, qui est au cœur des préoccupations de chacun, reste muet. Que restera-t-il de cette enfance coupée en deux et de leur lien fraternel lorsque le frère et la sœur seront devenus grands ?

Cette construction forme un puzzle d’où émerge la culpabilité de Fanny, attachante héroïne. En toile de fond, ces années 80 où le divorce, avec son lot de mensonges, de violences psychologiques et de lésions invisibles, se banalise doucement mais sûrement.

Que nos vies aient l’air d’un film parfait se lit d’une traite et résonne d’une mélodie acidulée et entêtante comme la chanson dont les paroles donnent son titre au livre. Derrière l’apparente légèreté, la tristesse est infinie, les regrets sont éternels. Le divorce est une blessure irrémédiable, et c’est l’issue d’un mariage sur deux.

Un premier roman polyphonique tout en sobriété et d’une grande justesse.

Editions Le Passage, août 2012, 124 pages, 14 euros

Morceaux choisis :

« Tu es désormais son seul lien avec le père, à ton retour le dimanche soir elle te cuisine, te soutire des informations que tu finis malgré toi par lâcher, comme ces suspects qui finissent par balancer un nom chez les flics. De guerre lasse, pour avoir la paix tout simplement. Lorsque tu revois ton père le samedi, tu te sens coupable de haute trahison, fautif d’avoir entendu ces insultes sans avoir seulement réagi. Tu es un traître, un agent double qui devant chaque parent se recompose un visage différent. » (pages 22-23)

« Il paraît qu’il y a pire petit frère, il paraît qu’il y a des familles où l’on ne divorce pas alors qu’il vaudrait mieux. […] Mais tu doutes petit frère, tu doutes qu’il y ait pire que ça, pire que les gens qui s’aiment et se séparent. » (page 45)

 

« Certains pensent que le divorce, ça ne sépare que les adultes. » (page 61)

« J’avais douze ans et je les aurai toute ma vie […] Je suis restée coincée dans cette chambre petit frère, et toute ma vie sera ce jour de juillet où j’ai bradé notre enfance. » (pages 65-66)

« Dans les familles, les drames se jouent mais ne se disent pas. » (page 66)

« Un père, c’est bien s’il est là, mais ce n’est pas indispensable non plus. » (page 68)

« Tu n’es pas mort Tom, il y a juste mille kilomètres entre nous. Tu n’es pas mort Tom, mais tu as emmené une partie de moi avec toi, là-bas. » (page 73)

« Il paraît qu’il n’y a que les victimes qui se sentent coupables. » (page 77)

« Les grands n’ont rien compris. Les grands ont oublié qu’ils avaient eu un frère, une sœur, ou simplement un ami, un alter ego. En vieillissant, ils taisent cet amour-là, ils le changent en autre chose, de plus commun, de moins magique, ils oublient qu’avec l’eau à la fraise, un jour, ils ont fait de la framboise, ils oublient qu’ils ont transformé le plomb en or, le sable en château, la chambre en piste de danse, ils oublient les ragondins, les pestacles et les prunes qui roulent sur la colline. » (page 84)

« Est-ce qu’on peut avoir des enfants quand on est soi-même restée enfant ? Je veux dire, au niveau psychologique ? » (page 87)

Le souffle de l’ange, Sophie Adriansen

Couv SOUFFLE ANGE

Il y a un an, je découvrais « L’énigme des vacances », cette collection à succès des éditions Nathan, alternative aux traditionnels cahiers de vacances autrement plus amusante. Quoi de mieux, en effet, que de lire pour réviser le programme de l’année avant de passer dans la classe supérieure ?

 

J’ai la joie d’être l’une de deux nouveautés 2013 (et le 36ème titre) de cette collection.

 

Le souffle de l’ange est un roman destiné aux collégiens de 12-13 ans, une aventure qui met en scène Amanda, une adolescente qui passe la fin de l’été chez Mamyta et Papyjo :

« Amanda, en vacances chez ses grands-parents, découvre dans les environs un château à l’abandon. Le bruit court qu’il serait hanté et qu’illun trésor y serait caché. Bravant les menaces d’un homme qui protège jalousement le château, Amanda se lance sur la piste du trésor. C’est sans compter sur sa bonne étoile ou plutôt sur son ange gardien, Maximilien… »

 

Cette histoire d’ange gardien est truffée de questions de français, maths, physique-chimie, SVT, histoire et géographie imaginées par Karine Juillien, enseignante, et complété d’un mémo pour parfaire les révisions. Le tout est illustré par la talentueuse Juliette Fournier.

 

 

Qui a dit que les révisions des vacances devaient forcément être une corvée ?

 

Editions Nathan, collection L’énigme des vacances

de la 5ème à la 4ème (12-13 ans) 

avril 2013

120 pages

6,99 €

http://www.lenigme.com/