Les petites mères, Sandrine Roudeix

couv-PETITES-MERES1Présentation de l’éditeur :

Concepción, Fernande et Babeth. Trois femmes d’une même famille du sud-ouest, trois femmes abandonnées par l’homme qu’elles aimaient, trois femmes qui ont élevé seules leur fille. Ce sont elles, les petites mères, comme les surnomme Rose, la petite dernière. Rose qui, justement, vient dîner ce soir pour leur présenter son fiancé. D’heure en heure, de huit heures du matin à minuit, chacune se prépare alors à accueillir le jeune couple. Mais les espoirs éparpillés et les rêves brisés des quatre femmes refont surface et la fin de la journée prend une tournure qu’aucune n’avait imaginée.

Comment se construire quand on a grandi dans un univers matriarcal où la dureté et l’incompréhension remplaçaient trop souvent la tendresse et la solidarité ? Dans ce portrait de famille, Sandrine Roudeix raconte les vies de ces femmes sans homme et explore avec beaucoup de subtilité la complexité du lien mère-fille et la difficulté d’aimer et d’être aimée.

 

C’est une journée pas comme les autres pour ces quatre femmes, quatre maillons d’une chaîne générationnelle exclusivement féminine – les mâles ont déserté. Ce soir, elles seront à nouveau réunies toutes les quatre autour d’un homme. Un dîner aussi simple en apparence qu’il est fort symboliquement ; un dîner officiel, presque, dans la petite maison où Rose a vécu enfant. C’est pour chacune le temps du bilan, au seuil, peut-être, d’une cinquième génération. Et faire le bilan, en cette journée très spéciale, ce n’est pas rien.

Chacune fait entendre sa voix pour confesser ses regrets et ses rêves, s’il en reste. De femme, de fille, et de mère.

Quant à Rose, si attachante avec ses conflits intérieurs, avec ses paradoxes de femme, de fille, de mère potentielle, Rose en quête de sens, qui se persuade que le déracinement lui est bénéfique puisqu’elle l’a choisi, Rose en particulier ne sortira pas indemne de ce dîner.

 

Dans ce deuxième roman, Sandrine Roudeix dissèque les liens entre femmes d’une même famille et le rapport des femmes aux hommes qui fuient. Un livre profond, dur autant que tendre, et une formidable galerie de portraits. Des portraits tout en sensibilité de femmes fortes parce que la vie et les hommes ne leur ont pas laissé le choix – fortes parce qu’elles-mêmes n’auraient pas supporté de s’admettre faibles.

Des femmes difficiles à oublier, tout comme ce beau roman.

 

Prix L’Autre Page 2012 (Prix du Roman des Psychanalystes)

 

Flammarion, février 2012, 180 pages, 16 €

 

Citations choisies :

« Le temps a couru si vite. Elle a l’impression de n’avoir jamais eu vingt ans. Elle a eu cinq ans. Elle a eu dix ans. Elle a eu quinze ans. Puis, elle a eu quarante-trois ans. Elle n’a pas connu la fleur de l’âge. Juste les bourgeons puis les pétales fanés. » (page 40)

 

« La force qui les unit, toutes les quatre, quand elles sont ensemble. Une origine commune, évidemment, mais pas seulement. Quelque chose qui coule plus rouge que le sang dans leurs veines et que seules les femmes d’une même famille aux blessures écarlates peuvent ressentir de l’intérieur. Quelque chose comme le manque d’amour. Ou son incapacité. » (page 44)

 

« Le temps galope et avec la vieillesse les caractères comme les chairs mollissent. » (page 81)

 

« Ma vie pour des yeux qui brillent. » (page 83)

 

« C’est cela, une famille. Des gens qui suivent leur chemin, mais qui restent liés agrafés soudés les uns aux autres et n’oublient pas la terre commune sur laquelle ils ont poussé. » (pages 109-110)

 

« Sa mère a toujours pensé que les talons éloignaient du sol et des réalités en berçant les femmes d’illusions. » (page 127)

 

« Il faut avoir été beaucoup aimé lorsqu’on était enfant pour tomber follement amoureuse plus tard sans se faire mal. Pour oser le grand saut des sentiments. Pour que ça rembourre et amortisse la chute. Pour que ça empêche la transformation, aussi. (pages 133-134)

 

« Ils ont quitté les lumières de Paris pour la nuit de son enfance et ça se voit. » (page 138)

 

« Avoir un bébé de cet homme était le seul moyen de me l’incruster dans la peau pour toujours. » (page 174)

 

« Dans son regard, elle essaie de lui dire qu’elle l’aime et qu’elles ont toutes le droit, malgré le passé, de croire en l’espoir après l’amour. Juste après. Quand on est encore dans le lit et qu’on se serre fort, peau contre peau, en pensant qu’on va forcément se revoir puisque c’était bien. » (page 175)

 

« On se trompe toujours sur les gens dont on attend trop. » (page 178)

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4 réflexions sur “Les petites mères, Sandrine Roudeix

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