Pourquoi blogguez-vous, Sabine [Le blog du petit carré jaune] ?

Sabine

Sabine a 42 ans et vit en région Centre.

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Depuis mars 2013, elle tient le blog du petit carré jaune.

« Les vrais gourmands lisent en remuant les lèvres pour déguster les mots Yvan AUDOUARD – Pour les amoureux des mots, des phrases, des romans, des voyages qu’ils opèrent en nous, pour celles et ceux qui aiment déguster.« 

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http://lecarrejaune.canalblog.com/

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Pourquoi blogguez-vous ?

Pour tout vous dire je ne blogue que depuis récemment. Je suis et ai toujours été une lectrice, une « bloggueuse » de l’ombre, une passionnée des mots et des émotions qui jaillissent lors des lectures. Mais dans l’ombre. Je n’aime pas vraiment les spots ni les lumières artificielles… J’ai longtemps suivi d’ailleurs des bloggueuses qui sont maintenant devenues des amies … Comme quoi…

Le blog du Petit Carré Jaune existe depuis mars 2013. Il a été conçu lors du Salon du Livre à Paris. Un salon du livre d’ailleurs haut en couleurs et en rencontres. Un vrai et beau cadeau autour de l’histoire d’un caddy jaune (merci Jérôme Attal) et des mains dans le « dos » grâce à Gaëlle Josse. Ces rencontres m’ont aidée à créer (j’allais dire accoucher mais bon quand même l’image est un peu forte) ou du moins incitée à créer le blog du Petit Carré Jaune !

Il était avant une page sur un réseau social « marque pages »… Une communauté assez restreinte en fait, composée uniquement d’ami(e)s. Puis j’ai eu envie de faire partager réellement mes lectures, mes coups de cœur, et d’aller aussi à la rencontre de ces blogueurs et blogueuses… De partager… Je suis donc passée au format « mural »… J’ai crée Les Livres Voyageurs et son petit pictogramme jaune…… Un vrai symbole celui-là et pour rien au monde je n’en changerai… Ce carré jaune c’est ma marque de fabrique, mon totem fétiche !

Carré jaune_ctPourquoi je bloggue ? Bonne question finalement. Je pourrais dire que je bloggue parce que j’ai envie de partager, d’amener les gens à découvrir une de mes passions. Je bloggue aussi parce que j’aime parler de mes lectures, celles qui m’ont secouée, celles qui m’ont apaisée, celles où mes émotions ont été malmenées…Mais en fait si je bloggue c’est parce que j’éprouve un certain plaisir à mettre en lumière des auteurs, romans, écrits ou recueils qui ne sont pas dans les best-of, dans les romans incontournables.

D’ailleurs j’aimerais mettre là en valeurs 3 romans qui m’ont particulièrement émue…

– D’abord un roman jeunesse ‘Les voyageurs des miroirs » de Kriss F. Gardaz. Moi qui ne suis pas roman fantasy… Kriss F Gardaz m’a embarquée dans son monde en moins de deux… et une plume… trempée dans les meilleures potions magiques (Harry Potter à côté…).

– Ensuite il y a « Désordres, lettre à un père » de Elsa Montensi. Là ce n’est plus un coup de cœur, c’est tout simplement MON COUP DE CŒUR, celui qui m’a fait pleurer dans un train, celui qui m’a fait mettre des lunettes noires, celui qui m’a retournée mais d’une belle et tendre manière, celui qui m’ a bousculée par ces phrases, ces mots et la personnalité de l’auteure. « Désordres, lettre à un père  » est tout simplement pour moi juste le recueil/roman qui fait que oui mon blog sert à quelque chose.

– Le troisième, je l’ai lu récemment. C’est  » Mue  » de Mélanie Richoz… celui-là, c’est juste comment dire…  Pas de mots…

blog Petit carré jauneJe ne sais pas si je bloguerai toujours car s’il y a quelque chose dont je suis certaine c’est que la vie nous amène à dévier de nos chemins tout tracés. Je m’adapte en permanence et évite de perdre aussi cette liberté que j’aime par dessus tout. Un blog peut se retrouver à un moment donné comme un lieu où nous ne trouvons plus notre place nécessaire. Pour l’instant, je l’avoue j’y suis bien et j’aime cet espace. Je m’y reconnais et je dirais même que j’y laisse beaucoup de moi… (Comme quoi le Petit Carré Jaune prend de la lumière…).

 

 

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant bloggeur ?

Là j’avoue que je ne sais pas… quel conseil… celui de rester libre avant tout…  d’être à son image… Dans tous les cas, je crois qu’il ne faut pas s’enfermer dedans mais le faire évoluer selon ses envies au gré de sa vie aussi. Mais bon là je ne pourrais dire vraiment. Je ne me sens pas légitime de recommander, ou de donner tels ou tels conseils. Un blog doit venir du cœur et de soi.
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Précédent rendez-vous : Sandy [Meelly lit]

Prochain rendez-vous : Fanja [Lecture sans frontières]

Tes seins tombent, Susie Morgenstern

Tes seins tombentPrésentation de l’éditeur :

« Elle a treize ans. Bientôt elle s’évaporera dans la nuit, dans les boîtes, avec une bande, avec un mec ! Est-ce qu’elle va boire de l’alcool ? Est-ce qu’elle va fumer ? Oh ! Dieu de miséricorde ! Est-ce qu’elle connaît l’existence des préservatifs ? Est-ce qu’elle va réfléchir ? Peut-on lui faire confiance ? Comment puis-je lui inculquer tous les dangers en une semaine ? » Une grand-mère et sa petite-fille de treize ans en vacances. Elles partagent la même petite chambre, la moitié du lit, mais pas la parole. Chacune est une énigme pour l’autre, le monde des ados face aux inquiétudes du temps qui passe… Un monologue tendre et drôle sur la force du lien entre générations.

 

Sous le soleil brûlant, l’adolescente curieuse de l’empreinte du temps sur le corps de sa grand-mère et la grand-mère emplie d’amour et de fierté à l’égard de sa descendance se parlent peu. Les vacances en Corse sont l’occasion pour la femme qui a vécu et la presque femme de mesurer l’étendue de ce qui les sépare. Entre elles deux, le champ des possibles.

 

Susie Morgenstern a écrit ce petit livre pour expliquer la vieillesse aux adolescents. Sa chronique intergénérationnelle est rafraîchissante comme un bain de mer et lucide comme la vue par temps clair. On y croise des personnages forts, dont les âges divers sont des traits de caractères plutôt que des barrières. Et au détour d’une page, la rencontre avec Stephen Hawking, ce physicien multi médaillé atteint de sclérose latérale amyotrophique.

 

Un roman qui donne envie de combler le fossé générationnel, et de partager ses secrets avec sa grand-mère. Qui peut tout comprendre, bien sûr, puisqu’elle aussi est passée par là.

 

Actes Sud junior, collection « D’une seule voix », avril 2010, 88 pages, 7,80 €

 

Quelques phrases :

« La définition même d’une sorcière est pour moi celle qui a pris ses distances de l’amour physique. » (page 21)

 

« Elle a treize ans. Bientôt elle s’évaporera dans la nuit, dans les boîtes, avec une bande, avec un mec ! Est-ce qu’elle va boire de l’alcool ? Est-ce qu’elle va fumer ? Oh ! Dieu de miséricorde !  Est-ce qu’elle connaît l’existence des préservatifs ? Est-ce qu’elle va réfléchir ? Peut-on lui faire confiance ? Comment puis-je lui inculquer tous les dangers en une semaine ? » (pages 34-35)

 

« Je ne suis qu’un immense regret. » (page 48)

 

« Je suis le témoin consterné des surprises que nous prépare le corps. » (page 52)

Ecoute la pluie, Michèle Lesbre

Ecoute la pluiePrésentation de l’éditeur :

«Puis le ronflement sourd de la rame qui s’approchait à grande vitesse a provoqué un frémissement parmi les rares voyageurs. Le vieil homme s’est tourné vers moi avec toujours ce sourire limpide, j’ai cru qu’il allait me demander quelque chose, mais il a sauté sur les rails comme un enfant qui enjambe un buisson, avec la même légèreté.»
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Avant que le vieil homme ne se jette sur la voie en lui adressant son dernier sourire, la narratrice partait rejoindre l’homme qu’elle aime à l’hôtel des Embruns. Le choc a fait tout basculer. Plutôt que d’aller à la gare, elle s’enfonce dans les rues de Paris pour une longue errance nocturne sous l’orage. Revenue chez elle au petit matin, toujours incapable d’expliquer à son amant pourquoi elle n’était pas au rendez-vous, elle murmure à son intention le récit de sa nuit blanche. Lui, le photographe pour qui les mots ne sont jamais à la hauteur, sera-t-il capable de comprendre l’énigmatique message qu’elle finit par lui laisser : «Écoute la pluie» ?

Avec ce roman dense et bouleversant, Michèle Lesbre poursuit une œuvre lumineuse qu’éclaire le sentiment du désir et de l’urgence de vivre.

 

Sabine Wespieser Editeur, février 2013, 100 pages, 14 euros

 

J’ai lu d’une traite ce très court roman, happée par son commencement, et le suicide du vieil homme sous les roues du métro à la station Gambetta. La suite, pourtant, m’a laissée à quai. De jolies phrases relevées cependant, et que j’ai envie de partager :

 

« Quelque chose de nous gisait sous les roues du métro. » (page 14)

 

« Les voyages nous ont beaucoup portés, les retours nous ont perdus parfois. » (page 24)

 

« Tout à l’heure, j’ai écrit la date, l’heure et le nom de la station sur mon cahier. J’ai ajouté que j’aimerais connaître celui de l’homme qui est entré dans ma vie en perdant la sienne. » (page 38)

 

« Cette nuit, je suis ton marin perdu. » (page 61)

 

« Les dieux tissent des malheurs afin que les générations futures ne manquent pas de sujets pour leurs chants. » (Borges, page 78)

 

« Les vies d’adultes ne sont que tentatives pour guérir le chagrin de l’enfance inachevée, toujours inachevée. » (page 85)

 

Pourquoi blogguez-vous, Sandy [Meelly lit] ?

Sandy

Sandy a 39 ans et vit en Bretagne.

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« Dévoreuse de livres, je lis tout le temps, partout. Je tourne les pages des livres avec délectation. Voici le carnet de bord de mes lectures : mes coups de cœur, mes déceptions…« 

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Depuis mai 2012, Sandy tient le blog Meelly lit.

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http://www.meellylit.com/

 

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Pourquoi blogguez-vous ?

Comme tous les blogueurs « littéraires » (je ne suis pas très à l’aise avec le terme littéraire, peut-être parce que je ne me sens pas complètement légitime, mon blog vient à peine de fêter ses 1 an), je suis d’abord une lectrice compulsive qui aime partager ses lectures. Je ne me suis pas réveillée un beau matin en me disant « aujourd’hui je crée un blog », les choses se sont presque faites à l’insu de mon plein gré :- ). J’ai éprouvé il y a quelques mois un besoin profond de m’évader pour me couper du monde et quoi de mieux que les livres pour se couper du réel pensais-je ? Je me suis bien évidemment trompée, les livres ne vous coupent pas du Meelly litréel et de votre vie, bien au contraire, ils vous renvoient à vos propres interrogations. J’ai éprouvé à un moment le désir très fort de consigner mes ressentis de lecture, de créer un carnet de route de mes découvertes littéraires, de mes coups de cœur comme de mes déceptions et j’ai eu envie de les partager. Le blog s’est presque imposé sans que je l’aie réellement décidé.

 

Aujourd’hui, Meelly lit est devenu mon activité principale, je passe plusieurs heures par jour à lire et à travailler sur mes chroniques afin de proposer des billets qui, je l’espère, donnent envie à ceux qui suivent ce blog de découvrir des romans, des essais qui m’ont touchée ou interpellée.

 

Le moteur qui me pousse à blogguer est bien évidemment l’échange, la rétroactivité avec les personnes qui visitent mon blog, des échanges qui se font sur mon blog, ma page Facebook ou sur Twitter. S’il n’y a aucune interactivité, le fait de blogguer n’a à mon sens aucun intérêt. Comme le dit si bien ma libraire préférée : je n’ai pas le monopole du goût, mes chroniques ne sont que les reflets de mes lectures, je ne prétends pas montrer un chemin à ceux qui ont la gentillesse de me suivre, au contraire j’aime débattre avec d’autres lecteurs qui n’ont pas forcément le même avis que moi. Blogguer permet de s’enrichir de multiples façons !

 

Ma vie actuelle me permet de consacrer beaucoup de temps à mon blog, cet état de fait n’est pas figé et dans quelques mois j’aurais sûrement moins de temps pour blogguer, mais ce statut de bloggueuse fait dorénavant partie de moi, et je n’envisage pas de mettre un terme à mon blog. L’idéal serait de pouvoir combiner ma passion pour la lecture, mon blog, et une activité professionnelle qui serait dans le même domaine. Un vœu pieux ? Peut-être.

 

 

Meelly lit

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant bloggeur ?

Il est difficile pour moi de donner des conseils. Je pense que chaque bloggueur à sa façon de faire vivre un blog. Je dirais qu’il ne faut pas hésiter à se lancer si l’on a vraiment envie. Certes, il faut se faire sa place, mais j’ai découvert une véritable communauté de bloggueurs avec lesquels j’échange beaucoup sur mes lectures, le statut de blogueur ou tout simplement sur la vie en général, et c’est véritablement passionnant.

Si je n’ai pas de conseil à donner, je peux tout de même parler de la ligne de conduite que je me suis fixée et à laquelle je tiens beaucoup : la sincérité et l’honnêteté dans mes chroniques. Ces deux élémentsMeelly me semblent primordiaux. J’aurais l’impression de me trahir et de trahir ceux qui suivent mon blog si je n’écrivais pas de manière franche et directe mes chroniques. Ce n’est pas toujours simple il est vrai de chroniquer un livre lorsque l’on ne l’a pas aimé. Mais à partir du moment où l’on respecte le travail de l’auteur, je pense que le bloggueur se doit d’être sincère. Sinon, le blog n’a plus d’intérêt puisqu’il n’est pas le reflet de ce que nous sommes, de ce que nous aimons ou n’aimons pas.

Alors si l’envie vous en prend, n’hésitez pas à vous lancer dans la blogosphère, certes cette activité est chronophage, mais on blogue par plaisir, même si parfois on se prendrait presque à penser comme des professionnels. Blogguer permet d’ouvrir les champs des possibles…

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Précédent rendez-vous : Séverine [Blablablamia]

Prochain rendez-vous : Sabine [Le blog du petit carré jaune]

A nous deux, Paris !, Jean-Paul Nishi

a-nous-deux-paris-picquierA nous deux, Paris ! est l’irrésistible journal d’un dessinateur japonais débarqué dans la capitale. Employé dans un magasin d’alimentation japonaise dans le quartier de l’Opéra, il observe le comportement des Français en général – et des Parisiens en particulier – et nous livre un portrait de nous drôle, touchant et parfois stupéfiant.

 

Des considérations linguistiques aux particularités de prononciation, des traditionnelles bises (une habitude révolutionnaire pour les Japonais) aux immeubles sans rideaux aux fenêtres, qui laissent voir la vie des Parisiens à tous les étages, des rapports hommes-femmes aux réflexions plus globales sur les différences culturelles, on se régale de ces planches dans lesquelles il y a tant de nous.

 

Editions Philippe Picquier, 2012, 196 pages, 14,90 euros

Traduit du japonais par Corinne Quentin

 

A-nous-2-Paris-1            A-nous-2-Paris-2

 

 

 

La nomade, Christelle Bechouche

La nomadePrésentation de l’éditeur :

Anouck est une enfant rebelle, écorchée vive, ingérable. À 13 ans, elle s’enfuit du monde bourgeois où sa mère veut l’enfermer. Elle apprend la rue, l’errance, la drogue, le froid, la faim… Mais aussi l’amour, la confiance et la liberté. Elle arpente les bas-fonds de la société, en toute insouciance. Le danger ne la touche pas : drogue, milieux mafieux, réseaux de prostitution, zones de guerre, mouroirs de Calcutta… Aucune épreuve ne l’abat. Elle a une foi invincible en elle, en la vie, en l’humain, qui lui permet de tout affronter. Y compris la relation, distante, intense et passionnelle, avec sa mère.

La gosse des rues devient une jeune femme sûre d’elle et de ses choix, qui se lance dans l’écriture avec la même ferveur qu’elle s’était lancée dans l’aventure, de l’Allemagne à la Guadeloupe, du Pakistan à la Chine, de l’Inde au Cambodge. Une quête de soi, éprouvante, émouvante, qui aboutit à une véritable renaissance.

 

« On ne s’élève pas dans la rue », dit Cléopâtre, ainsi qu’est surnommée la mère, à sa fille. Pourtant la rue va faire grandir Anouck, va l’armer différemment que l’auraient fait les livres, ou l’éducation maternelle, mais peut-être pas moins efficacement.

Ses péripéties en forme de fuite – de sa mère, de l’ennui, des contraintes et de toute forme d’autorité – sont menées tambour battant et racontées à un rythme encore plus trépidant. Mais on ne peut fuir indéfiniment, et il faudra bien que l’oiseau Anouck, tôt ou tard, songe à se poser.

Une quête identitaire qui se lit très facilement, rendue particulièrement vivante par les nombreux dialogues.

Premier ouvrage de Christelle Bechouche, La nomade est un roman d’apprentissage sur fond de fin de siècle. C’est l’aventure à laquelle rêvent les petites filles bien nées.

 

Jacques-Marie Laffont éditeur, octobre 2010, 280 pages, 18,90 euros

 

Citations :

 

« Je construis ma vie comme un maçon bâtit un domaine qu’il n’habitera jamais. » (page 9)

 

« A force de trop chercher, on ne trouve rien. » (page 108)

 

« Si je te coupe les ailes, tu ne seras plus mon oiseau ! » (page 208)

 

« Tu ne peux pas être actrice dans la vie de ceux que tu rencontres en voyage. Tu ne peux être que témoin. […] Le voyage, c’est très formateur, instructif, riche en tout ce que tu veux… Mais il y a un vrai danger, l’oubli de soi. On vit au travers des gens, de l’aventure, jamais sa propre vie. C’est un piège. Quand on y prend goût, on ne peut plus s’arrêter. Se poser devient un vrai cauchemar. Se prendre la réalité de son propre monde en pleine gueule, cela demande beaucoup de recul ! » (page 221)

 

« Après tout, pourquoi la mort, aussi silencieuse et brumeuse soit-elle, ne serait-elle pas un beau voyage ? » (page 252)

 

Pourquoi blogguez-vous, Séverine [Blablablamia] ?

Séverine 4

Séverine a 39 ans et vit en région parisienne.

Depuis août 2012, elle tient le blog Blablablamia, « Un blog de plus parmi tant d’autres, oui, voilà… Avec donc, des (74604, ou plus, ou moins…) livres, des (3) enfants, et des (…) kilos de blabla (avec de la caféine, des listes et des listes et des listes…) dedans…« 

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http://blablablamia.canalblog.com/

 

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Pourquoi blogguez-vous ?

J’avais comBlablablamiamencé un blog il y a, oulala, 8 ans (…) sur aufeminin.com, mais des chroniques quotidiennes, mes lectures un peu déjà, quelques textes persos, puis ça a dérivé sur mes grossesses. Cela m’a permis de faire de belles rencontres notamment avec une jolie toile de copines à l’origine du blog Les Mamans Testent, mais il a très vite été porté par l’énergie de la douce Marie qui remporte un franc succès bien mérité depuis quelques années maintenant.

J’ai fait une pause, mais l’envie d’écrire et de partager était toujours présente. Alors, lorsqu’une lettre de ELLE m’a annoncé que j’étais retenue comme jurée lectrice 2013 je me suis dit que ce serait quand même dommage de ne pas partager mon aventure et mes lectures à venir, blablablamia a pris la route!

Mais à vrai dire, la raison pour laquelle j’ai quasiment toujours bloggué est un peu spéciale… Etant convaincue que je serai atteinte d’Alzheimer plus tard, je tente par de multiples biais, de laisser des traces, des souvenirs, un journal, pour mes enfants, petits-enfants ou qui voudra : -).

JBlae ne crois pas chercher, en blogguant, à dire autre chose aux personnes qui passent qu’elles peuvent s’installer et lire en ma compagnie, de ne pas hésiter à ouvrir des livres qui peuvent impressionner parfois, je voudrais leur donner envie de se diriger vers ces auteurs contemporains sans appréhension, de ne pas rester ancrées dans la littérature du 18 ou 19ème siècle… Et aussi, dire aux auteurs qui passent par là que leurs livres vivent et aident à vivre aussi parfois.

Je ne bloggue pas toujours de manière assidue, blablablamia suit le rythme de mes lectures qui faiblit, ou s’accélère, parfois, je n’ai aucune discipline réelle. Mes lectures c’est finalement un peu mon arche comme dans Stargate, ma porte pour m’évader quand le quotidien donne un peu envie de s’aventurer ailleurs, alors je file entendre des personnages, une histoire,  et jusqu’ici j’ai toujours voulu partager ce voyage…

Et puis c’était le blog ou aller crier sur les toits, ce qui aurait été beaucoup plus dangereux ; -)

 

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant bloggeur ?

Ce serait de ne rien attendre, de le faire parce qu’il en a juste envie, il faut tenir son blog pour soi-même. Je n’ai découvert qu’il y a peu les statistiques de fréquentation et je préfère ne pas m’y attarder même si c’est aussi chouette de voir qu’il y a des lecteurs/lectrices derrière. Mais je crois qu’on doit d’abord le faire pour soi, sa famille, ses amis, avec l’envie de donner, d’écrire sans obligatoirement recevoir en retour, et sans que cela ne devienne une contrainte.
Un Roseblog permet de parler de ce que l’on veut avec son propre style. Apres il faut prendre internet  pour ce qu’il est, une magnifique fenêtre ouverte sur les autres mais dont il faut aussi un peu se méfier, et ne pas trop se découvrir, je crois… Mais ça permet de bien belles rencontres !
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Précédent rendez-vous : Lionel [L’Ivre de lire]

Prochain rendez-vous : Sandy [Meelly lit]

Avant d’être bloggeuse…

Avant… j’étais déjà bloggeuse. J’ai eu cette révélation en faisant du rangement dans ma chambre de jeune fille.

 

Avant l’ère du tout-Internet, mon envie de garder une trace de mes lectures et de les organiser en catégories trouvait son assouvissement dans une boîte à fiches de cuisine ELLE, des bristols quadrillés et des stylos de différentes couleurs.

 

Résumé, avis, bibliographie de l’auteur. Je faisais déjà les choses de façon méthodique il y a quinze ans. J’en ai été toute émue lorsque j’ai remis la main sur ce pré-blog rouge métallique dont je n’avais aucun souvenir.

 

Certaines choses, sans doute, sont écrites très longtemps à l’avance.

(cliquer sur la photo pour l’agrandir)

Un seul soleil, chacun son ombre, Grégoire Lacroix

Un seul soleil chacun son ombreCe petit livre à couverture jaune est un recueil d’aphorismes sur la nature humaine, œuvre du poète philosophe Grégoire Lacroix, né en 1933, membre de l’Académie Alphonse Allais.

De l’autodérision à l’épinglage des tiers en passant par les rapports humains dans toute la gamme de leurs singularités, il y a tant à dire !

Voici une sélection personnelle de petites phrases délectables :

 

Il y a des gens modestes et qui tiennent absolument à ce que cela se sache.

Quand on n’a plus rien à se dire, on parle de communication.

Les écrivains supportent mal qu’à leur besoin viscéral d’écrire ne réponde pas, de la part du public, un besoin viscéral de les lire.

Celui qui a l’approbation des autres pour seul carburant ira peut-être loin, mais pas dans la bonne direction.

Il ne faut pas perdre son temps avec ceux qui croient qu’il suffit de se compliquer la vie pour la rendre intéressante.

Rien de plus encombrant que les gens qui ont toujours peur de déranger.

Finalement l’égoïsme des autres est une bénédiction puisqu’il permet de justifier le nôtre.

Curieux, ces gens qui demandent qu’on se mette à leur place alors qu’elle est déjà occupée !

On supporte mal que le soleil des autres nous fasse de l’ombre.

Certains auteurs se regardent écrire avec délectation sans se soucier d’avoir quelque chose à dire. Un peu comme un architecte qui tomberait amoureux de ses échafaudages.

Pour un homme qui a vécu de sa prose il est assez vexant de finir dévoré par des vers.

Quand, sous la menace, je retire ce que je viens de dire, je ne sais jamais où le mettre.

Les gens qui mettent le feu aux poudres sont souvent assez stupides pour s’étonner de l’explosion.

Ceux qui font tout pour éviter qu’on les aime sont toujours les premiers à s’en plaindre.

9 sur 10 des personnes qui vous demandent comment vous allez n’écoutent pas la réponse. La dixième souhaiterait que la réponse soit : mal.

Il faut une certaine dose d’humour pour supporter ceux qui en ont plus que vous.

 

Editions Max Milo, juin 2013, 64 pages, 4,90 €

 

A découvrir aussi :

On est toujours beau quand on est amoureux

On ne meurt pas d’une overdose de rêve

Lacroix3

 

Pourquoi blogguez-vous, Lionel [L’Ivre de Lire] ?

Lionel

Lionel a 39 ans et vit en région Rhône-Alpes.

Depuis août 2012, il tient le blog L’Ivre de Lire. Il s’y présente ainsi : « Blogueur déchainé et serial-lecteur! J’aime partager mes lectures avec les autres, parce qu’elles me nourrissent et m’aident à rendre ma vie plus belle! L’ivre de lire, c’est le blog sur lequel vous retrouverez mon journal de lecture pour vous laisser porter avec moi par le pouvoir des mots. »

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http://livredelire.com/

 

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Pourquoi blogguez-vous ?

Livre de lire2Curieusement, je ne suis pas venu directement à bloguer sur « L’Ivre de Lire ». J’ai été durant les dix dernières années libraire, puis, dirigeant de librairie, et à l’époque, ce sont mes clients qui bénéficiaient de mes conseils de lecture.

Le partage a toujours été pour moi une valeur primordiale, et c’était chaque jour un immense bonheur que d’aller à la rencontre de ceux qui voulaient bien rentrer dans ma librairie, afin de leur faire découvrir les perles que j’adorais y dénicher. J’ai d’ailleurs toujours été un énorme lecteur, quasi boulimique, et ce au détriment de tous mes autres loisirs. La littérature me passionne, me fait rêver, voyager, m’emmène vers des contrées ou à des époques que les contraintes de notre espace-temps ne me permettront jamais d’explorer. La littérature permet au lecteur d’endosser tous les personnages, de devenir tant un salaud qu’un héros, et ce par le simple pouvoir d’une page tournée. Elle est aussi, souvent, mieux que les disciplines des sciences humaines, le reflet le plus véridique de notre époque, de ses préoccupations, et surtout des dangers qui la guettent…

Puis, il y a donc un an, j’ai commencé à ressentir les prémisses d’une véritable crise intérieure, à m’interroger sur le sens que recouvrait mon métier, et celui que je souhaitais donner à ma vie. J’étais à ce moment là présent sur les réseaux sociaux spécialisés dans l’échange d’avis de lecture, mais je n’y trouvais malheureusement plus mon compte. Je ressentais ce besoin impérieux d’avoir mon propre espace, un espace de liberté totale que je pourrais organiser selon mon seul désir, et qui échapperait totalement à toute forme de contrainte. C’est ainsi que « L’Ivre de Lire » est né, le 6 août 2012, sans aucune idée de ce qu’il allait devenir.

Lionel 1Ce que mon blog m’a apporté de plus beau, c’est incontestablement l’amitié. Ainsi, au fil de mes pérégrinations sur les réseaux sociaux, sont nées des liens si forts, qu’ils me sont aujourd’hui véritablement indispensables. Et puis, il m’a amené à être, progressivement, beaucoup plus exigent dans l’écriture de mes chroniques, à développer des compétences qui, si elles étaient auparavant centrées sur l’oral, ont incontestablement pris leur épaisseur dans cet exercice consistant à accepter d’être lu.

Aujourd’hui, je ne suis plus libraire depuis plusieurs mois, et je me prépare à de nouveaux projets professionnels, même si je dois avouer que ce contact avec mes clients me manque. Certains m’ont d’ailleurs rejoint sur « L’Ivre de Lire » ! Le blog lui, va continuer de plus belle, et je déborde de nouveaux projets le concernant pour sa deuxième année. De toutes manières, je vis pour partager mes lectures, et ce depuis mon enfance. Lire et surtout en parler, c’est la seule chose que je sais faire.  Si je ne bloguais pas, la vie perdrait, d’un seul coup, beaucoup de sa valeur…

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant bloggeur ?

J’aurais vraiment deux conseils à lui donner, qui guident chaque jour mon travail.

Le premier est d’avoir une véritable volonté de travailler son écriture et d’être certain de pouvoir publier plusieurs chroniques par semaine. En effet, il n’Lionel 2y a rien de pire que des chroniques approximatives, qui desservent certes le blog, mais surtout le livre qui y est chroniqué. Ne jamais donc perdre de vue que derrière chaque livre, il y a un auteur qui a bien souvent mis sa vie entre parenthèses durant de longs mois pour que vous puissiez avoir quelques heures de plaisir. Ainsi, que l’aspirant blogueur aime ou n’aime pas le livre qu’il a lu, il est important qu’il fasse ce travail de préciser sa pensée au plus juste, afin qu’elle soit clairement compréhensible. C’est un travail long, complexe souvent, mais extrêmement gratifiant. Par ailleurs, avoir un blog requiert une vraie discipline, nécessite de devoir l’alimenter avec une grande régularité. Trois billets par semaine reste un presque minimum, ce qui signifie de lire au moins trois livres par semaine. Si l’aspirant blogueur n’est pas certain de pouvoir tenir ce rythme, je lui conseillerais plutôt de se tourner vers les plateformes sociales, telles Babelio ou Entrée Livre.

Mon deuxième conseil, est de ne jamais entrer dans un processus de comparaison avec les autres blogs, mais plutôt de s’attacher à faire de sa personnalité sa spécificité. Le blog est un espace de liberté extraordinaire, dans lequel la seule limite est celle que vous mettez à votre imagination. Rien ne sert donc de faire des choses qui ne vous ressemblent pas, sous prétexte que ça marche sur un blog que vous connaissez. Faites de votre blog le miroir de votre intériorité, et considérez-le, constamment, comme indéfiniment perfectible, à l’instar de vous-mêmes. Et surtout, ne renoncez jamais à cette liberté que vous donne votre blog, quelle qu’en soit la raison. Peu importent les opportunités qu’il peut vous ouvrir, continuez à le cultiver avec indépendance, passion, impertinence, et surtout une bonne dose d’humilité. Et opiniâtre, toujours. Ce sont les valeurs que vous devez à toutes ces personnes, qui n’y sont pas obligées, qui prennent chaque jour la peine de venir vous lire.

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Précédent rendez-vous : Sandrine Roudeix et tous les autres écrivains de la rubrique Pourquoi écrivez-vous ?

Prochain rendez-vous : Séverine [Blablablamia]