Ecoute la pluie, Michèle Lesbre

Ecoute la pluiePrésentation de l’éditeur :

«Puis le ronflement sourd de la rame qui s’approchait à grande vitesse a provoqué un frémissement parmi les rares voyageurs. Le vieil homme s’est tourné vers moi avec toujours ce sourire limpide, j’ai cru qu’il allait me demander quelque chose, mais il a sauté sur les rails comme un enfant qui enjambe un buisson, avec la même légèreté.»
.

Avant que le vieil homme ne se jette sur la voie en lui adressant son dernier sourire, la narratrice partait rejoindre l’homme qu’elle aime à l’hôtel des Embruns. Le choc a fait tout basculer. Plutôt que d’aller à la gare, elle s’enfonce dans les rues de Paris pour une longue errance nocturne sous l’orage. Revenue chez elle au petit matin, toujours incapable d’expliquer à son amant pourquoi elle n’était pas au rendez-vous, elle murmure à son intention le récit de sa nuit blanche. Lui, le photographe pour qui les mots ne sont jamais à la hauteur, sera-t-il capable de comprendre l’énigmatique message qu’elle finit par lui laisser : «Écoute la pluie» ?

Avec ce roman dense et bouleversant, Michèle Lesbre poursuit une œuvre lumineuse qu’éclaire le sentiment du désir et de l’urgence de vivre.

 

Sabine Wespieser Editeur, février 2013, 100 pages, 14 euros

 

J’ai lu d’une traite ce très court roman, happée par son commencement, et le suicide du vieil homme sous les roues du métro à la station Gambetta. La suite, pourtant, m’a laissée à quai. De jolies phrases relevées cependant, et que j’ai envie de partager :

 

« Quelque chose de nous gisait sous les roues du métro. » (page 14)

 

« Les voyages nous ont beaucoup portés, les retours nous ont perdus parfois. » (page 24)

 

« Tout à l’heure, j’ai écrit la date, l’heure et le nom de la station sur mon cahier. J’ai ajouté que j’aimerais connaître celui de l’homme qui est entré dans ma vie en perdant la sienne. » (page 38)

 

« Cette nuit, je suis ton marin perdu. » (page 61)

 

« Les dieux tissent des malheurs afin que les générations futures ne manquent pas de sujets pour leurs chants. » (Borges, page 78)

 

« Les vies d’adultes ne sont que tentatives pour guérir le chagrin de l’enfance inachevée, toujours inachevée. » (page 85)

 

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