Trésor de guerre, Virginie Jouany

tresor de guerrePrésentation de l’éditeur :

On a commencé comme tout le monde, en faisant l’amour. Mais rien. Toujours rien. Quand j’ai appris qu’on ne pourrait pas avoir d’enfant, ce fut la fin du monde. Alors a débuté mon combat pour la vie : une FIV, et puis deux, trois… jusqu’au jour où l’être tant désiré était là, dans mon ventre. Comme toutes les futures mamans, je rêvais d’un bébé en bonne santé. Je n’ai voulu prendre aucun risque, je n’ai accouché ni sur l’autoroute ni avec les dauphins, mais docilement à l’hôpital. Là, tout s’est très mal passé. Neuf mois plus tard, à cause des images du scanner, on a découvert que mon bébé avait une cicatrice au cerveau, conséquence d’un accident vasculaire cérébral à la naissance. Le ciel me tombait sur la tête. Alors a démarré un autre combat pour la vie, contre la maladie et le handicap. C’est l’amour qui m’a poussé à écrire cette histoire : le parcours hors norme d’une mère et sa fille. Une bataille au quotidien, menée main dans la main.

Un livre remarquablement construit autour d’une énigme dont seule Ariane, la petite fille, détient la clé. Le récit est admirablement servi par une écriture toute de musicalité dont la mélodie nous conduit vers un magnifique message d’espoir et de vie.

 

Un obstacle suit l’autre. Après le parcours du combattant qui a mené à sa naissance, Ariane fait un AVC à la naissance. L’AVC de l’enfant est moins connu que celui de l’adulte.

Quelques années plus tard, alors que les dangers s’éloignent et qu’Ariane grandit, sa mère prend la plume. Son courage et sa générosité forcent l’admiration.

Ce témoignage très émouvant est une ode à la vie et à la volonté. C’est aussi un formidable message de soutien adressé à ceux qui sont prêts à baisser les bras quand la vie s’acharne un peu trop durement.

 

Avec l’ouvrage est inclus un CD mp3 du livre lu par son auteur. Pour que le message passe par tous les moyens…

Les bénéfices de la vente de ce livre sont reversés à l’association des Papillons de Charcot, qui en est aussi l’éditeur, qui œuvre à faire connaître et reconnaître la Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA), une maladie qu’hélas je connais bien.

 

Site de l’auteur : http://www.virginiejouany.com/

Site des Papillons de Charcot : http://www.lespapillonsdecharcot.com/

 

Editions des Papillons de Charcot, octobre 2012, 140 pages, 15 euros

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On ne meurt pas d’une overdose de rêve, Grégoire Lacroix

On ne meurt pas d'une overdose de reveCe petit livre à couverture bleue est un recueil d’aphorismes (« euphorismes ») sur la sagesse, œuvre du poète Grégoire Lacroix, né en 1933, membre de l’Académie Alphonse Allais, fondateur de la philosophie évitiste.

Prescription : à consommer en dose homéopathique mais quotidiennement, et à mettre en pratique aussitôt.

Voici une sélection personnelle de petites phrases en guise d’amuse-bouches :

 

Elever très haut le débat est une façon élégante de le perdre de vue.

Le seul temps vraiment perdu est celui qu’on passe à regretter les occasions manquées.

La stratégie est à la tactique ce que le haut-de-forme est à la casquette.

On gagne beaucoup de temps en faisant semblant de comprendre au lieu de demander des explications.

Ne pas vouloir mourir idiot c’est avouer qu’on voudrait être éternel.

Il y a des moments tellement magiques qu’ils vous donnent la nostalgie du présent.

On passe la première moitié de sa vie à se sous-estimer. Et la deuxième à s’apercevoir qu’on a surtout surestimé les autres.

Tout homme est à la fois le labyrinthe et le promeneur qui s’y perd.

Aussi révolutionnaire que l’on soit, on est toujours le bourgeois de quelqu’un.

La démocratie, c’est la liberté de dire qu’on en manque.

Attendre, c’est faire trop d’honneur à l’incertain. Espérer, c’est lui donner sa chance.

Qu’advient-il de la seconde moitié des fautes avouées qui n’a pas été pardonnée ?

Si vous le pouvez, faites en sorte que les autres vous prennent au sérieux, ça vous évitera d’avoir à le faire vous-même.

Vieillir est un jeu d’enfant.

On est bien plus libre qu’on ne croit et ce serait dommage de le découvrir trop tard.

Il ne suffit pas de faire semblant pour faire illusion.

L’humour est ce qui évite à la lucidité de sombrer dans l’amertume.

La surmédiatisation du malheur nous ferait presque oublier qu’il y a des gens heureux.

Qui peut le plus aurait bien tort de s’en priver.

Ce qui bouleverse les autres ce n’est pas que vous perdiez la vie c’est que vous sortiez de la leur.

Quand on ne promet rien, on a beaucoup de mal à décevoir.

J’ai décidé de progresser au lieu de vieillir.

Stupide obsession de la transparence : si tout était vraiment transparent on ne verrait rien.

 

Editions Max Milo, juin 2013, 64 pages, 4,90 €

 

A découvrir aussi : On est toujours beau quand on est amoureux

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La Boîte aux histoires de Marie Tibi

adrienLa Boîte aux histoires, c’est une collection imaginée par Marie Tibi : des livres à double entrée, proposant la même histoire en anglais et en français. Les trois premiers titres sont parus ces derniers mois.

 

Adrien, le héros d’Adrien et le stylo magique, est persuadé que ses parents ne s’intéressent plus à lui depuis que son petit frère est là. Alors il décide tout bonnement de quitter la maison. Une jolie histoire qui traite de la jalousie qui arrive en même temps que le bébé quand la famille s’agrandit.julia-fr

 

 

Julia et le lutin d’eau met en scène une petite fille qui ne voit pas l’intérêt qu’il y a à prendre un bain quotidien. Jusqu’à ce qu’un lutin d’eau lui parle par le pommeau de douche et que Julia se trouve entraînée dans de folles aventures…

 

Un coup de cœur pour L’histoire d’Adèle la coccinelle : l’insecte rouge à pois noirs a perdu un des points qu’elle avait sur le dadele-2os… Elle se lance à sa recherche et ça chante, ça danse, ça rime. On voudrait presque qu’Adèle ne retrouve jamais son point manquant pour prolonger l’enchantement !

 

L’histoire d’Adèle la coccinelle, Marie Tibi (texte) et C. Cilia (illustrations), à partir de 4 ans, 12 €

Adrien et le stylo magique, Marie Tibi (texte) et C. Cilia (illustrations), à partir de 6 ans, 13 €

Julia et le lutin d’eau, Marie Tibi (texte) et C. Cilia (illustrations), à partir de 6 ans, 13 €

 

Pour commander : le site de la Boîte aux histoires

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Leitura Furiosa à Amiens : un étrange phénomène…

La maison des livres« Leitura Furiosa est un étrange phénomène qui a lieu tous les ans sur Amiens et sa périphérie durant trois jours… »

 

Voici comment le Cardan, l’association qui l’organise depuis plus de vingt ans, présente la chose.

Des écrivains sont invités à rencontrer chacun un groupe d’enfants ou d’adultes plus ou moins fâchés avec la lecture. Cette rencontre donne lieu à l’écriture par l’écrivain d’un texte dans lequel le groupe doit se retrouver. Ce texte est illustré, puis lu sur la scène du grand théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens ouvert à tous – et qui fait salle comble – pour l’occasion.

Leitura Furiosa 2013

 

En 2013, j’étais l’un des 33 écrivains invités. J’ai passé trois jours avec un groupe d’adultes d’un petit village de la Somme et de ce temps passé ensemble est né un texte, « La maison des livres ».

 

 

La maison des livres

 

Ce n’est pas un vaisseau, ce n’est pas un paquebot.

Il y a trois ans on y stockait des meubles, et puis le bois a été remplacé par du papier.

Papier imprimé, papier relié, papier broché.

La bibliothèque.

La maison des livres.

 

Est-ce qu’on peut venir là même si on ne lit pas ?

 

Un bâtiment moderne, à la structure métallique apparente et peinte en orange.

On n’aurait pas forcément choisi du orange : on n’aurait pas forcément laissé les poutres en métal apparaître.

Mais on respire ! Oui, qu’est-ce qu’on respire ! Le contraire de ces lieux étouffants. Le contraire de chez soi trop petit. D’ailleurs on se sent presque aussi bien que chez soi.

C’est qu’il y a tellement de lumière ! Elle entre par tous les côtés, même quand il ne fait pas beau.

Il y a tant de carreaux. Tant de carreaux ! Heureusement qu’on n’a pas à les faire : il faudrait des échafaudages, et des journées entières.

Des carreaux, il y en a jusque sur la moquette. Carreaux jaunes, oranges, bordeaux. C’est doux et feutré cette moquette, mais quelle affaire ça doit être à aspirer !

 

Aujourd’hui on est là, pourtant on ne lit pas.

 

On est passé devant parfois et voilà qu’on se retrouve à papoter à l’étage, juste sous le toit.

On est à l’intérieur mais on entend la pluie plus forte que dehors.

IllustrationElle tambourine, tambourine et tambourine encore.

Puis plus rien.

Et ça craque, craque, craque de plus en plus fort.

Est-ce quelqu’un qui monte l’escalier ? Des oiseaux sur le toit ?

Non, juste le soleil qui fait se tordre la tôle.

Le soleil. On avait oublié qu’il existait. D’ailleurs, le temps qu’on dise à quel point il nous a manqué, il a déjà disparu. Pourtant la campagne en aurait bien besoin. Pour les fruits, et puis pour les hommes.

Il n’y a rien à faire à la campagne quand il pleut.

Mais même avec rien à faire, la campagne vaut toujours mieux que la ville. On préfère le chant des oiseaux au bruit des autos.

 

On est entouré de livres mais on n’en ouvre pas et on a le droit.

 

La maison des livres_ill ScagliaOn pourrait écrire un livre, mettre dedans des morceaux de soi.

À l’hôpital, le voisin passait ses journées à noircir des pages.

Parfois, ce qui est écrit ne regarde que soi.

Et parfois, on le donne aux autres comme une chanson qu’on partage.

 

Pour rentrer, on tentera de passer entre les gouttes. De toute façon, marcher c’est encore ce qu’il y a de plus sûr.

La voiture, on n’a pas forcément le permis, et il y a les dangers de la route.

En vélo, on peut avoir un accident et se retrouver le pied dans un carton du Courrier Picard.

Le bateau, d’accord à condition de ne pas avoir le mal de mer. Mais s’il coule ça tombe à l’eau.

L’avion, jamais de la vie. Pourquoi aller si haut ? La terre, mieux vaut ne pas s’en éloigner trop.

 

On est venu là pour autre chose que lire et peut-être même qu’on reviendra.

 

Leitura_HumaSophie Adriansen avec Michèle Bouteiller, Jacqueline et Régis Marquant, Priscilla Padé, Jocelyne Paly.

Illustration : Dominique Scaglia

 

 

 

Quelques liens :