Max, Sarah Cohen-Scali

MaxPrésentation de l’éditeur :

« 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais règnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! »

Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.

Une fable historique fascinante et dérangeante qu’on ne peut pas lâcher.

Une lecture choc, remarquablement documentée, dont on ne sort pas indemne.

 

 

Ce livre est deux choses : un vrai grand roman, avec des personnages forts, et un document historique d’une grande précision sur ce Lebensborn, une des atroces traductions de la volonté de quelques hommes de sélectionner certains de leurs semblables et de supprimer les autres – finalement assez peu abordé en littérature, et dont l’existence n’a été qu’une rumeur jusque dans les années 70.

 

Au fil de quatre grandes parties, Sarah Cohen-Scali fait parler Max. Une petite décennie de vie qui commence in utero. L’auteur ne nous épargne rien des ambitions du garçon, jeunes mais déjà démesurées, ni des obstacles qui se dressent sur sa route vers un aryanisme idéal. Et quand le garçon se lit d’amitié avec un jeune juif de son âge, les choses prennent une drôle de tournure…

 

Publié dans la collection « Scripto » destinée aux 13 ans et plus, indiqué en particulier à partir de 15 ans, ce roman est en réalité, de par sa valeur documentaire et son apport historique, un ouvrage tout public – adulte, entends-je.

 

La voix du narrateur n’est pas sans évoquer celle du jeune Oskar dans Le Tambour (Die Blechtrommel, 1979), le film adapté du roman éponyme de Günter Grass. Et comme la voix d’Oskar qui fait éclater les vitres, celle de Max est inoubliable.

 

Prix Sorcières 2013, catégorie Romans ado

Gallimard Scripto, 2012, 480 pages, 15,90 euros

 

Deux passages :

 

« Nous, les bébés, avons été vêtus de barboteuses une pièce, courtes, bouffantes au niveau des cuisses, avec des manches ballon et un col Claudine. Un petit drapeau noir et rouge du Reich a été planté au pied de chacun de nos berceaux. » (page 62)

 

« J’ai quatre ans maintenant. […]

Mon diagnostic racial est excellent, même s’il n’est pas encore définitif. Beaucoup de traits physiques ne sont pas encore marqués chez l’enfant en bas âge comme moi et il faut attendre un stade de développement plus avancé. Néanmoins, tous les espoirs sont permis. […]

Une gueule d’ange. Un ange aryen. » (pages 124-125)

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9 réflexions sur “Max, Sarah Cohen-Scali

  1. J’ai lu ce livre en peu de temps. Trés difficile de ne pas rentrer dans cette histoire, dans la vie de Max et Lukas. Je trouve dommage que le livre soit classé en jeunesse, à mon avis, il n’est pas à placé entre toutes les mains.

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  2. je suis totalement d’accord, pour ma part voici ce que je disais de ce livre:

    Ce livre est FABULEUX !!
    Il commence de manière très humoristique avec un fœtus narrateur qui fait partie du fameux programme Lebensborn. Le fœtus raconte comment il voit le monde extérieur. C’est superbement écrit.
    Puis le livre devient de plus en plus sérieux, voire quelques fois même dérangeant quand l’auteur décrit des scènes qui ont lieu sous le régime d’Hitler. Par moments, je me suis même surprise à éprouver un sentiment de culpabilité vis à vis de ces événements historiques, tellement l’histoire m’a semblé vraie et d’actualité.
    On retrouve en parallèle les mêmes changements et évolutions chez le héros de l’histoire qui grandit et commence à réfléchir et à se questionner jusqu’à …devenir humain et éprouver des sentiments, lui qui était programmé pour ne rien éprouver !
    Néanmoins je déconseille cette lecture aux jeunes lecteurs car les scènes relatées ne sont pas de la fiction mais prennent appui sur une vérité historique des années 1936-1945 et pourraient être choquantes pour certains.

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  3. Pingback: « Max », le livre qui a glacé ma fin d’été « Papillons de mots

  4. Je n’ai pas aimé ce livre car les détails portés sur la mise en place et la programmation de simples foetus m’ont choqué. Je le conseille toutefois à des personnes qui cherchent a savoir quel était le fonctionnement de l’Allemagne à cette époque.

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  5. J’ai aimé ce livre car j’ai pu apprendre certaines choses que j’ignorais sur la 2e Guerre Mondiale. Nous sommes dans la peau d’un fœtus au départ et cette histoire nous permet de ressentir ce que la jeunesse hitlérienne à ressenti durant le génocide. C’est comme si nous étions dans l’histoire, plongé dans le sombre destin de Max. Formidable roman réaliste et explicite.
    Très touchant.

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