Parce que tu me plais, Fabien Prade

parce que tu me plaisPrésentation de l’éditeur :

Quand un vingtenaire désœuvré, sans principes, sans attaches et sans scrupules tombe amoureux d’une grande et belle fille des beaux quartiers… Un premier roman aussi vif que drôle.

 

Théo n’est pas du genre à se faire du souci dans la vie. Avoir de l’herbe de bonne qualité, des plans d’incruste réguliers et des copains disponibles pour regarder les filles depuis une terrasse ensoleillée suffisent à son bonheur. Il a une vingtaine d’années, sillonne Paris sur son scooter, ne fait presque rien, et ne souhaite qu’une chose : que cela dure.

Et voilà qu’un jour, alors que Théo s’empoigne avec une clocharde qui lui demande de l’argent, une jeune fille élégante le reprend sur son comportement. Théo n’en revient pas : d’une part de sa beauté, d’autre part de son culot. La belle Diane, riche, bien élevée, pleine de principes, vient de débouler dans sa vie.

 

 

Nous ne sommes pas ici en présence de grande littérature ; nous ne sommes pas ici en présence d’un roman qui va révolutionner le monde. Mais quelle fraîcheur ! Quelle gourmandise ! Quelle justesse – ou alors, quelle absence totalement de détachement, ce qui concourt au même effet – dans le ton et dans la vision du quotidien !

 

Théo est un pur produit de la génération Y. Son but dans la vie, c’est de kiffer un maximum et de réduire les contraintes au minimum. L’existence n’est qu’une succession de choix, et les siens sont guidés par la jouissance à court terme. Inconséquence ? Puérilité ? En tout cas, le narrateur sait pourquoi il fait les choses et son business model, en marge de la légalité il est vrai, tient la route. Tout va d’ailleurs trop bien : il fallait qu’un élément vienne rompre le bel équilibre, et cet élément, c’est une fille…

 

Parce que tu me plais est un roman extrêmement court, écrit dans un langage direct, parfois cru, à la frontière de l’oralité. Ce Théo en devient instantanément proche et familier. C’est un cousin, un voisin, un copain.

Parce que tu me plais est un roman générationnel, à ne sans doute pas mettre entre les mains des plus de 35 ans, mais à répandre en masse entre les mains des autres qui se délecteront de s’y retrouver aussi bien.

 

On n’est jamais aussi intéressé que par ce qui parle de soi, pas vrai ? Pour ma part, j’ai dévoré ce petit livre, premier roman de Fabien Prade, sans aucune culpabilité. Vivre plutôt que construire si c’est incompatible…

Life is a game, isn’t it ? Je n’ai jamais autant joué.

 

NiL Editions, 22 août 2013, 128 pages, 14 €

 

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Trois passages :

 

« La ganja a toujours eu une importance considérable dans mon existence. Depuis mes 15 ans, j’ai eu quasiment en permanence un joint dans la bouche, et cela a pas mal modifié mon approche de la vie d’adulte.

En gros, à force de plus ou moins tirer mon épingle du jeu sans rien foutre, je comprenais de moins en moins ceux qui s’obstinaient à rester dans le circuit, alors qu’ils y échouaient.

Si ce n’était pas pour prendre de la grosse oseille et le confort qu’elle procure, à quoi bon ? A quoi bon se faire chier dans un boulot de merde, à bosser juste assez pour ne pas se faire engueuler, à attendre le week-end et les cinq semaines de congés comme un con ? Et quelle est la suite ? Rentrer chez soi le soir, retrouver son tromblon qui fait la gueule pour regarder Les Experts en VF ? » (page 20)

 

« Les gens riches, souvent, ont ça en eux. Ils peuvent s’habiller ou se coiffer n’importe comment, ils auront toujours l’air riches. C’est une énergie. » (page 71)

 

« La pression, tu te la mets tout seul. En passant ta vie à essayer de faire kiffer tout le monde, ta meuf, ton patron, tes parents. Il faut qu’ils soient tous contents, rassurés, c’est ça le but ? Mais c’est relou ! » (page 83)

 

 

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2 réflexions sur “Parce que tu me plais, Fabien Prade

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