Les arbres voyagent la nuit, Aude Le Corff

PLes arbres voyagentrésentation de l’éditeur :

Un professeur de français à la retraite est intrigué par une fillette qui habite son immeuble. Chaque soir, après l’école, Manon se réfugie dans le jardin. Assise sous le bouleau, elle parle aux chats et aux fourmis, quand elle n’est pas plongée dans un livre. Depuis quelques mois, sa mère semble avoir disparu. 
Brisant la routine et sa solitude, Anatole finit par l’approcher. C’est autour de la lecture du Petit Prince qu’ils échangent leurs premières confidences. 
En côtoyant Manon, le vieil homme va rencontrer d’autres voisins : Sophie, une femme singulière qui le met mal à l’aise, et Pierre, le père de la fillette. C’est tous ensemble qu’ils entreprendront un voyage inattendu jusqu’au Maroc.

 

Lorsqu’ils montent dans le véhicule qui doit les mener jusqu’au Maroc, les protagonistes ont chacun des objectifs bien distincts. Manon veut retrouver sa mère, Pierre est déterminé à reconquérir sa femme, Sophie espère limiter des dégâts familiaux qu’elle juge inévitables, Anatole enfin ambitionne de continuer encore un peu à se sentir vivant. En ligne d’horizon, Essaouira, Saint-Malo du Maroc, où les heures sont bleues comme l’océan et où le vent souffle aussi fort que cognent les cœurs.

 

Le périple sera rempli de surprises, de poésie, et de liens qui se tissent. Pour chacun, le voyage se révèlera initiatique, et modifiera définitivement le cours des existences. « C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante », écrivait Saint-Exupéry dont Le Petit Prince accompagne ces improbables aventuriers.

 

La plume d’Aude Le Corff effleure les choses, les êtres et les décors pour en révéler les nuances. Son écriture est musicale et teintée de références qui sont autant de fenêtres sur le monde.

 

Les arbres voyagent la nuit est un très joli premier roman ; un roman qui incite à prendre le temps, à partager et à s’émerveiller.

 

Stock, mars 2013, 296 pages, 19 euros

 

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Quelques extraits :

 

« Nous savons toutes les deux qu’il ne faut pas chercher à lutter quand ça devient vital. J’ai quitté Pierre et Manon par amour pour un autre homme, mais aussi pour fuir l’enterrée vive que j’étais devenue. » (page 55)

 

« Rien n’est jamais fini tant que le dernier souffle n’a pas franchi son dernier obstacle. » (page 106)

 

« Quel dommage que les arbres ne voyagent pas, pense-t-elle. Ils peuvent être plusieurs fois centenaires, mais restent tout leur vie enracinés au même endroit. A quoi bon ? » (page 131)

 

« Les arbres sont tous reliés, et plus vivants qu’on le croit si on sait être à leur écoute ; c’est en chacun d’eux qu’elle retrouvera son bouleau. » (page 169)

 

« Ses maux étaient le seul moyen d’exister encore un peu, en allant consulter le médecin, en achetant des médicaments à la pharmacie. Sa déchéance physique était sa meilleure excuse pour vivre dans l’attente du clap final, reclus dans son appartement qui recevait pour unique visite quotidienne le livreur de plateaux-repas. En le mettant au rebut, la société a réussi à le convaincre qu’il était en bout de course. » (page 179)

 

« Son corps peut lui envoyer tous les signaux de fin de vie qu’il veut, il s’en fiche. Il n’y a pas de meilleure morphine que la présence de Manon à ses côtés. » (page 180)

 

« Les adultes ont tous les droits. Ils peuvent partir sans se retourner du jour au lendemain, crapahuter avec un coquillage dans leur sac, mentir pour se protéger. » (page 182)

 

« Le temps se dilue quand on voyage. » (page 184)

 

« Depuis qu’Anaïs est partie, comme l’écrivait joliment Apollinaire à sa fiancée, le jour n’existe plus, le soleil s’est noyé. » (page 208)

 

« La répétition teinte de banalité n’importe quel chef-d’œuvre de la nature : on admire, on contemple puis on intègre le paysage, avant de se fondre en lui. » (page 210)

 

« Le soleil rend-il invisible les étoiles aux yeux des hommes pour leur cacher une part du mystère de l’univers ? Ainsi, quand ils ne dorment pas, ils oublient qu’ils sont cernés par l’infini. […] Sous un ciel diurne, les hommes vaquent à leurs activités sans se poser de questions, alors que les étoiles nous confronteraient sans cesse à notre insignifiance et à notre ignorance. » (pages 220-221)

 

« L’affection qui lie ces individus si différents est palpable. Tout dans leurs gestes, leurs mots et leurs regards indique qu’ils ne sont plus simplement liés par l’envie commune de la retrouver, mais par des sentiments plus forts, qui ont pris racine en eux et grandi pendant ce voyage. » (page 277)

 

« Près de nous est le trou béant :

Avant de replonger au gouffre,

Fais donc flamboyer ton néant ;

Aime, rêve, désire et souffre ! » (Jean Lahor, cité page 289)

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4 réflexions sur “Les arbres voyagent la nuit, Aude Le Corff

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