Pourquoi écrivez-vous, Delphine Bertholon ?

Delphine Bertholon (c) Sophie Adriansen 1

 

Delphine Bertholon est l’auteur de Cabine commune (2007), Twist (2008), L’Effet Larsen (2010), Grâce (2012) et Le soleil à mes pieds (2013), tous parus chez Lattès.

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Pourquoi écrivez-vous ?

C’est idiot, peut-être, mais j’ai envie de répon-dre : parce que je ne sais rien faire d’autre.

Parce que, dès l’enfance, la seule chose qui m’intéressait dans la vie, c’était de raconter des histoires ; d’en lire, et d’en inventer. Parce que les mots étaient plus drôles à manipuler que les cubes ou les petits Poneys.

Sûrement ai-je toujours eu du mal avec la réalité, toujours eu du mal à exprimer, dans la « vraie vie », mes sentiments. Sans les émotions transmises par les livres (ceux que j’écris comme ceux que je lis), j’aurais sans doute implosé. Et puis, soyons franche : parce que je m’amuse. Parce que la langue est un jeu sans fin, plein de règles, certes, mais finalement sans loi.

BertholonJe n’ai pas de message social, moral ou politique à transmettre ; je n’ai qu’un univers qui, de fait, véhicule ma vision du monde – laquelle est, comme pour chacun d’entre nous, intrinsèquement sociale, morale et politique… Mais au fond, je crois que j’ai simplement envie de comprendre l’âme humaine (d’essayer, disons), envie de partager, de faire de l’instant une chose universelle. En tant que lectrice, c’est pareil : tomber sur une phrase et, tout à coup, avoir les larmes aux yeux – parce qu’en cela, je me reconnais. Parce qu’en lisant cela, enfin, je ne suis plus seule au monde. Avec un livre, on n’est jamais seul – qu’on l’écrive, ou qu’on le lise. Et c’est sans doute, précisément, la dimension la plus extraordinaire de la littérature.

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

De lire, d’écrire, de lire, d’écrire, et de lire encore ; la plupart des auteurs sont aussi de grands lecteurs. De commencer par des formes courtes, moins complexes à structurer qu’un roman. De ne pas se décourager, ne pas vouloir aller trop vite, prendre le temps, son temps – différent pour chacun. N’avoir pas peur de jeter, sans vergogne, sans état d’âme, et de recommencer, encore et encore. Peu d’écrivains (à ma connaissance, aucun, en fait !) n’a pondu du premier coup une phrase imparable, moins encore un texte imparable. L’art, comme le reste, c’est aussi du travail – avant tout, peut-être, du travail. Comme disait ma grand-mère (et beaucoup d’autres grands-mères !), c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Par expérience, le poncif s’applique particulièrement bien à l’écriture… Et moi qui suis arrivée par la Poste, je crois qu’un bon livre, tôt ou tard, trouvera preneur. Si ce n’est pas le cas, c’est que le texte n’est pas abouti – ou pas encore. J’en ai fait les frais ; mais aujourd’hui, c’est une quasi-certitude. Alors : se remettre en question, et persévérer…

 

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Précédent rendez-vous :  Aude Le Corff

Prochain rendez-vous : …

 

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3 réflexions sur “Pourquoi écrivez-vous, Delphine Bertholon ?

  1. Pingback: Les corps inutiles, Delphine Bertholon | Sophielit

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