Hors jeu, Bertrand Guillot

Hors jeuPrésentation de l’éditeur :

Pour Jean-Victor Assalti, il existe deux sortes d’individus : les dominants et les dominés. Membre actif de la première catégorie, son statut est pourtant ébranlé lorsqu’il est licencié. Déterminé à ne pas sombrer de l’autre côté, il participe à un jeu télévisé : La cible. Mais, entre son entraînement intensif, les entretiens d’embauche et les rencontres, pas si simple de rester au top !

 

 

Jean-Victor est diplômé de l’Ecole. La gagne, il l’a dans le sang, formation oblige. Alors toutes ses astuces (le pouvoir est une attitude) et autres méthodes de préparation, Stratège, ainsi que le surnomment ses camarades, va les mettre au service de ce jeu auquel il participe à la suite d’un malentendu en forme de blague de pote. Ce faisant, sa route va croiser celle d’Emma, et l’enjeu médiatique va se doubler d’un enjeu amoureux qui va obliger Jean-Victor à se révéler plus imaginatif que jamais (leçon de romantisme 2.0 incluse).

 

Hors jeu, premier roman remarqué à sa sortie, est une fable de l’ère télévisuelle. Bertrand Guillot y déploie des trésors d’humour, une bonne dose d’ironie, ainsi qu’une lucidité à toute épreuve et une joyeuse critique du businessmonde médiatique où l’apparence est encore plus qu’ailleurs un jeu. Jean-Victor est un antihéros attachant parce qu’on le connaît : c’est le boy next door, le jeune cadre dynamique aux dents qui rayent le parquet mais que la malchance a temporairement laissé sur le carreau – et les dents sur le carreau, on imagine ce que ça fait.

 

Hors jeu est un roman qu’on ne lâche pas. La pression monte et le lecteur subit la même que le narrateur. A souligner, parmi les passages d’anthologie, la séquence du casino, remarquable scène de préliminaires en plein temple du vice – s’il en est.

Hors jeu est un roman intelligent et accessible, une agréable détente – comme un jeu télé pseudo culturel à l’heure du déjeuner, mais en plus fin et sans chauffeur de salle. Une friandise dont on aurait tort de se priver, qu’on soit joueur ou non. Mais peut-on ne pas l’être ? Après tout, la vie est un jeu…

 

Le projet insolite de l’animateur de «La cible»[une fois n’est pas coutume, aparté-confession : La Cible et ses coulisses, je connais bien. J’étais un peu plus jeune que Jean-Victor Assalti lorsque, comme lui, j’ai tenté l’expérience. A deux reprises. Jusqu’en finale, les deux fois. Avec Olivier Minne puis Marie-Ange Nardi aux commandes. Cette époque est fort lointaine – l’émission s’est arrêtée en 2007-, mais certaines choses ne s’oubliant pas, cette lecture a pris une saveur toute particulière…]

 

J’ai lu, 2010 (et Le dilettante, 2007), 288 pages, 6 euros

 

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Morceaux choisis :

 

large2_image-000520« Le jour où Ben Laden a détruit le World Trade Center, nous avions tous les yeux rivés pour prendre la mesure de l’évènement, effrayés par la violence de l’attaque et fascinés par l’audace de l’entreprise, comme un méchant de James Bond qui aurait réussi son plan diabolique. Après France-Brésil en 1998, c’était notre deuxième Evènement Historique.

Le lendemain matin, on a eu du mal à se remettre au boulot, on se disait que c’était quand même un peu futile de se secouer les méninges sur des spots de pub quand le Monde Libre était en danger. Ce qu’on ne mesurait pas encore, c’est que nos clients se diraient la même chose. » (page 11)

 

large2_image-001307« A ce moment, j’ai su que j’avais sûrement autre chose à gagner dans l’affaire que la cagnotte de La Cible. » (page 112)

 

« Les hommes ont toujours respecté les salopes. » (page 116)

 

« Il y a deux façons de faire des affaires. Dans la journée, avec une cravate et de bons arguments. Et la nuit, avec quelques verres dans le nez et une chemise ouverte. » (page 140)

 

large2_la_cible« S’il y avait eu une bande-son de nos années d’Ecole, Pink Floyd en aurait été le single. Ne pas être une brique de plus dans le mur : parfois nous écoutions The Wall en boucle, volume à fond, fenêtres ouvertes sur nos ambitions. » (page 180)

 

« De mes années rugby, j’avais retenu ce grand principe : si ça ne passe pas en finesse, il faut y aller en force. » (page 202)

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5 réflexions sur “Hors jeu, Bertrand Guillot

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