Pourquoi écrivez-vous, Bertrand Guillot ?

Guillot

 

Bertrand Guillot est l’auteur d’un roman, Hors jeu (Le dilettante, 2007, et J’ai lu, 2010), d’un livre-reportage sur l’illettrisme, B.a, ba (rue fromentin, 2011) et d’un recueil de nouvelles, Le métro est un sport collectif (rue fromentin, 2012).

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Bertrand Guillot au salon du livre de Châteauroux, mai 2013 (c) Sandra Reinflet

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Pourquoi écrivez-vous ?

Pour raconter des histoires, et pour partager.

Guillot1Ecrire est une activité solitaire qui peut vous couper du monde… mais aussi vous en rapprocher. Je pense aux lecteurs (ou aux auteurs !) qu’on rencontre après la sortie d’un livre. Et avant, aussi ! J’ai rencontré beaucoup de monde en écrivant mes livres : j’ai rencontré des inconnus qui m’ont raconté leur histoire (et certains que je n’aurais pas osé aborder si je n’avais le livre comme prétexte). J’aime aussi me promener dans le monde avec un personnage en tête et faire des expériences en son nom. Pour Hors jeu, par exemple, j’ai participé à un casting, passé un entretien pour inventer les questions du jeu, j’ai même trouvé une fausse petite amie pour participer à une émission « spécial couples »… (Nous avons été éliminés très vite.)

… Je pourrais aussi vous répondre en citant Virginie Ledoyen : « Pourquoi je joue ? Parce que, au-delà d’aimer profondément le cinéma, c’est l’une des rares questions à laquelle je ne cherche pas de réponse. » Adopté.

 

 

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Lire, écrire, lire, relire, écrire, réécrire ! Cela a déjà été dit cent fois ici, non ?

… C’est peut-être parce que c’est vrai.

 

Guillot2L’écriture, ça se joue beaucoup avant de poser les mots sur le papier (ou sur l’écran). Il s’agit d’abord d’avoir quelque chose à dire… ou plutôt non : une histoire à raconter, à un lecteur imaginaire (chacun aura le sien). Ca peut sembler évident, mais cela peut éviter un des défauts les plus classiques des manuscrits d’auteurs débutants : une écriture qui tourne autour de son sujet au lieu d’aller au but, une écriture qui dit d’abord « regardez, j’écris » avant de dire quoi que ce soit à son lecteur. (notez qu’on peut en dire autant de pas mal de textes publiés)

La forme vient ensuite. Sur ce sujet, un (gros) écueil à éviter, peut-être : je crois que le plus grand danger, pour un auteur, c’est de se prendre pour un écrivain, ou de se forcer à écrire comme-on-croit-qu’écrit-un-écrivain. Plus l’écriture vient naturellement, meilleur sera le livre !

… C’est pour ça, notamment, que rien ne vaut la lecture. Alternez la lecture d’auteurs dont l’écriture vous inspire (ou vous donne envie de vous mettre au travail) et d’autres, au hasard, bons ou mauvais. Repérez ce qui fonctionne et tâchez de voir pourquoi/comment. Repérez aussi ce qui ne marche pas (les dialogues, les descriptions, etc.)… puis retournez vers vos textes et constatez que vous avez commis les mêmes maladresses.

 

Bon, cela dit, je ne voudrais pas paraître trop donneur de leçons : j’ai écrit quelques livres, j’en ai édité d’autres, mais je continue à apprendre de mes lectures, et à me désespérer de certains passages quand je me relis !

 

 

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Précédent rendez-vous : Paul Vacca

Prochain rendez-vous : Philippe Jaenada

 

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Hors jeu

Le métro est un sport collectif

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Une réflexion sur “Pourquoi écrivez-vous, Bertrand Guillot ?

  1. Pingback: Sous les couvertures, Bertrand Guillot | Sophielit

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