Sulak, Philippe Jaenada

Présentation de l’éditeur :

sulak250Aucun romancier n’aurait pu inventer un personnage aussi fascinant que celui de Bruno Sulak. Tout au long des années 80, ses braquages audacieux et ses évasions répétées – sans la moindre effusion de sang – ont défrayé la chronique judiciaire. Ancien légionnaire, parachutiste émérite, charmeur, généreux et intègre, follement épris de liberté, Bruno Sulak a marqué les mémoires avec ses casses spectaculaires. Pendant dix ans ce jeune homme a défié les lois de la République, s’est joué du système carcéral, a bravé l’ensemble d’une société contre laquelle il était entré en guerre à force d’injustices, aux côtés de Steve, son ami et complice, et de Thalie, grande et belle brune, son amour hors la loi. Aussi fulgurante que rocambolesque, son existence s’est achevée sur un point d’interrogation : une mort dans des circonstances obscures qui suscite encore la polémique.

Aucun autre romancier que Philippe Jaenada, doté d’un humour, d’un style inimitable et d’une tendresse non dissimulée pour ses personnages, n’aurait pu s’emparer de la vie mouvementée de Bruno Sulak et retracer avec autant de talent ce temps où les gangsters avaient encore du panache.

 

 

Dans l’absolu, la vie de Sulak m’importe peu. Mais je pourrais lire à peu près n’importe quoi qui soit signé Philippe Jaenada. L’homme, expert en parenthèses (et en parenthèses dans les parenthèses), docteur ès digressions, instille de lui dans le récit (illustrant par exemple par le récit du match de basket par lequel son fils est passé de poltron à (presque) champion cette leçon de Sulak, « Le seul moyen de vaincre la peur, c’est d’agir », page 77) et embarque le lecteur dans son aventure sur les traces de Bruno Sulak, surnommé « le légionnaire », bien connu des services de police, Bruno Sulak dont on dit qu’il a horreur de la violence mais qu’il adore les bijoux.

 

« La vie de Bruno ressemble à un labyrinthe – toutes les vies, je suppose, mais dans la sienne, à chaque intersection, il n’y a qu’une seule porte ouverte. Il change souvent de direction – je le vois marcher, petit bonhomme, dans les couloirs du labyrinthe – mais il n’y a en fait qu’un chemin possible. Il ne s’en rend peut-être pas compte, en bas. » (page 68)

 

Au début des années 80, Sulak est l’homme le plus recherché de France. Son destin contrarié de militaire et de sportif le fait basculer dans la délinquance. Braquages de supermarchés, vols à main armée, puis casses de bijouteries… ses faits d’armes (cambriolages comme évasions, car Bruno Sulak passera plusieurs fois par la case prison) démontrent son imagination, qu’il met au service du premier de ses principes : ne tuer ni blesser personne. Dans son arme, des balles à blanc. Le gentleman braqueur respectera sans faillir le code d’honneur, y compris lors de ses incarcérations.

 

« Il faut refuser la prison, même quand on est dehors, de toutes les manières possibles. Bruno saura se souvenir de ce principe. » (page 76)

 

Philippe Jaenada donne à aimer l’homme en même temps qu’il donne à le connaître. Car si ses actes sont répréhensibles, les valeurs qui sont celles de Bruno Sulak sont nobles.

Le récit contient, comme toujours chez Jaenada, son lot d’humour et de cynisme. Il est plein d’une forme de tendresse de la part d’un auteur tout acquis à la cause de son personnage.

Jaenada a ce don de savoir faire de toute vie un grand, un inoubliable roman. Et Sulak est aussi le roman d’une époque où les gangsters agissaient avec classe et intégrité ; où on pouvait les admirer, voire les aimer.

 

Sulak a obtenu le Prix d’une Vie/Le Parisien magazine 2013 et figure sur les listes des prix Renaudot et Interallié.

 

Editions Julliard, août 2013, 496 pages, 22 €

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