Hommages à Louis de Funès

Hasards du calendrier : cette semaine seront rendus plusieurs hommages à Louis de Funès, auxquels je participe.

 

Emission « Un jour, un destin » spéciale Jacqueline Maillan, mercredi 6 novembre à 22h15 sur France 2

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Présenté par Laurent Delahousse, ce document inédit réalisé par Laurent Allen-Caron dresse le portrait de « La Maillan », vedette incontournable au théâtre et à la télévision.

Impossible de ne pas évoquer Louis de Funès, le partenaire de ses débuts, et leur duo mythique dans le film Pouic Pouic.

Tous deux pratiquaient avec sérieux l’art de faire rire. On a même surnommé Jacqueline Maillan « le de Funès en jupons » !

Le réalisateur m’a interrogée sur l’inoubliable tandem qu’ils ont formé…

 

Le site de l’émission

 

 


Conférence et dédicace « Louis de Funès fait son cinéma » à Villiers-sur-Marne, jeudi 7 et samedi 9 novembre

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Louis de Funès a passé plusieurs de ses jeunes années à Villiers-sur-Marne (94). La municipalité lui rend hommage en donnant son nom à la salle de son cinéma. Pour l’occasion, plusieurs événements sont organisés dans la ville.

 

Jeudi 7 novembre, lors de la soirée d’inauguration de la salle Louis de Funès (Espace Jean-Moulin / Cinéma Le Casino), j’animerai une conférence sur l’acteur, qui sera suivie d’extraits de la pièce Oscar et d’une projection gratuite du film d’Edouard Molinaro (entrée gratuite, réservation obligatoire).

Le lendemain, je raconterai Louis de Funès aux écoliers et aux collégiens de la ville.

 

Samedi 9 novembre, je dédicacerai ma biographie « Louis de Funès -“Regardez-moi là, vous !” à la librairie Mille Feuilles, place Rémoiville à Villiers-sur-Marne, de 16h à 18h.

 

Villiers2Plus d’informations sur le site de la municipalité 

 

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[Prix du Style 2013] Faillir être flingué, Céline Minard

Sacha Lenormand pour le Prix du Style www.sachalenormand.comComme l’année dernière, j’ai le plaisir de lire la sélection du Prix du Style, qui sera remis le 19 novembre prochain au Palais de Tokyo. Six titres figurent sur la deuxième liste et seront ici présentés. Les voici par ordre alphabétique d’auteurs :

 

Trois grands fauves – Hugo Boris (Belfond)

Petites scènes capitales – Sylvie Germain (Albin Michel)

La première pierre – Pierre Jourde (Gallimard)

Au revoir là-haut – Pierre Lemaître (Albin Michel)

Faillir être flingué – Céline Minard (Rivages)

Une année qui commence bien – Dominique Noguez (Flammarion)

 

Présentation de l’éditeur :

Un souffle parcourt les prairies du Far-West, aux abords d’une ville naissante vers laquelle toutes les pistes convergent. C’est celui d’Eau-qui-court-sur-la-plaine, une Indienne dont le clan a été décimé, et qui, depuis, exerce ses talents de guérisseuse au gré de ses déplacements. Elle rencontrera les frères McPherson, Jeff et Brad, traversant les grands espaces avec leur vieille mère mourante dans un chariot tiré par deux bœufs opiniâtres ; Xiao Niù, qui comprend le chant du coyote ; Elie poursuivi par Bird Boisverd ; Arcadia Craig, la contrebassiste. Et tant d’autres dont les destins singuliers se dévident en une fresque sauvage où le mythe de l’Ouest américain, revisité avec audace et brio, s’offre comme un espace de partage encore poreux, ouvert à tous les trafics, à tous les transits, à toutes les itinérances. Car ce western des origines, véritable épopée fondatrice, tantôt lyrique, dramatique ou burlesque, est d’abord une vibrante célébration des frontières mouvantes de l’imaginaire.

 

Sacha Lenormand pour le Prix du Style www.sachalenormand.com

Le titre est percutant, étonnant, improbable. Le contenu de Faillir être flingué l’est tout autant.

Ceci est un nouveau western, moderne. On y croise des personnages forts, hauts en couleur et tous les éléments de folklore du genre. Dans ce roman, pas de bandit sorti de prison et qui s’apprête à revenir en ville par le train de midi, semant la terreur d’avance. Mais des cowboys, oui, et des Indiens, des pionniers, des chercheurs d’or, des chamanes, des équidés et des bovins, des saloons. Quant à la ville, elle en est à ses balbutiements, elle grossit au fil des pages, elle devient ce qu’elle sera à mesure des chapitres. Avec tout ce qu’impose le vivre ensemble.

 

L’écriture de Céline Minard est très cinématographique ; mais le film qu’elle fait se dérouler devant les yeux de son lecteur est une explosion de couleurs vives. La violence est ici modulée, les intimidations ont remplacé les coups de revolver, l’atmosphère traditionnellement associée au Far West n’a rien perdu de sa tension mais elle est bariolée d’humour et de folie – et de la folie, il y en a autant chez les protagonistes que dans la prose de l’auteur.

Son regard se pose sur des détails dont le genre prive d’ordinaire son public, des détails qui rendent les personnages attachants et créent l’ambiance. Tout sonne juste et on entend même l’harmonica.

 

Céline Minard a l’art du récit. Elle démontre son talent à s’approprier les codes d’un genre pour mieux le détourner. Le projet est audacieux et exigeant, le résultat à la hauteur. De quoi sans doute déplaire aux aficionados, mais enthousiasmer les autres (qu’on devine plus nombreux). La liberté, n’est-ce pas le premier des principes en vigueur dans le Grand ouest ?
Singulier, Faillir être flingué est un roman des individus et des espaces, un roman des trajectoires aussi ; les frontières d’un territoire n’existent que si l’on veut bien les voir. Et une réflexion politique sur le vivre ensemble et l’utopie.

Banniere Px styleLe tout se terminant en apothéose.

A l’ouest, du nouveau, donc. Et joli.

 

Faillir être flingué a remporté le Prix Virilo 2013.

 

Editions Payot & Rivages, août 2013, 336 pages, 20 euros

 

 

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

L’édition 2012 du Prix du Style

Le Prix du Style 2010

Toute la rentrée littéraire 2013

 

Citations :

Faillir être flingué

 

« Les fatalités sont des fétus de paille qu’un peu de volonté ou que le caprice, l’esprit d’aventure, le goût de la liberté balayent. » (page 9)

 

« Les choses, les gens et les évènements arrivaient comme il était lui-même arrivé au monde et il lui fallait les accueillir. » (page 11)

 

« Zébulon avait de la liberté une idée assez concrète. Les deux sacoches qu’il traînait avec lui auraient pu en attester devant n’importe qui. Elles étaient lourdes. » (page 17)

 

« Un voleur n’est rien sans un volé. » (page 30)

 

« Il sourit en pensant qu’il lui suffisait d’avancer pour s’enrichir. D’avancer et de se baisser de temps en temps. Il décida d’en faire sa ligne de conduite et reprit son chemin le cœur léger. Il sifflait en chevauchant. »

 

« Mais, par-dessus tout, sauf pour ceux qui s’étaient faits coureurs et trappeurs, ce que les Blancs redoutaient tous ensemble, c’était le souffle de la vie sauvage, crue, impitoyable, désentravée. Ils la désiraient autant qu’ils la détestaient. »

 

 

 

 

 

[Prix du Style 2013] Petites scènes capitales, Sylvie Germain

seconde-selection-2013Comme l’année dernière, j’ai le plaisir de lire la sélection du Prix du Style, qui sera remis le 19 novembre prochain au Palais de Tokyo. Six titres figurent sur la deuxième liste et seront ici présentés. Les voici par ordre alphabétique d’auteurs :

 

Trois grands fauves – Hugo Boris (Belfond)

Petites scènes capitales – Sylvie Germain (Albin Michel)

La première pierre – Pierre Jourde (Gallimard)

Au revoir là-haut – Pierre Lemaître (Albin Michel)

Faillir être flingué – Céline Minard (Rivages)

Une année qui commence bien – Dominique Noguez (Flammarion)

 

Présentation de l’éditeur :

 

Sacha Lenormand pour le Prix du Style www.sachalenormand.com

« L’amour, ce mot ne finit pas de bégayer en elle, violent et incertain. Sa profondeur, sa vérité ne cessent de lui échapper, depuis l’enfance, depuis toujours, reculant chaque fois qu’elle croit l’approcher au plus près, au plus brûlant. L’amour, un mot hagard. »

Tout en évocations lumineuses, habité par la grâce et la magie d’une écriture à la musicalité parfaite, Petites scènes capitales s’attache au parcours de Lili, née dans l’après-guerre, qui ne sait comment affronter les béances d’une enfance sans mère et les mystères de la disparition. Et si l’énigme de son existence ne cesse de s’approfondir, c’est en scènes aussi fugitives qu’essentielles qu’elle en recrée la trame, en instantanés où la conscience et l’émotion captent l’essence des choses, effroi et éblouissement mêlés.

 

 

 

 

Parfois, la scène paraît tout en insignifiance. Ainsi la troisième, qui débute par « Un bestiaire sonore enchante sa petite enfance. »et se termine par « Voix de sa solitude avec son père. ». Entre ces deux phrases, presque rien d’autre que des bruits d’oiseaux. Dispensable, dirait le lecteur qui a abandonné depuis trop longtemps l’enfant en lui, ou celui qui n’a jamais connu le silence des taiseux.

 

Et puis parfois, un monde se déroule en quelques lignes. Un micro événement qui marquera éternellement celle qui le vit. La découverte de son véritable prénom, la rencontre avec un exhibitionniste. « La scène est très brève et se joue à la muette, mais elle l’affecte durablement. » Les petits instants touchent, troublent, frappent souvent plus que les grands. La mort qui s’invite, à plusieurs reprises. Les grands drames aussi forgent l’identité.

 

 

Au fil de ces 49 scènes, l’histoire familiale de Lili-Barbara se déroule, nourrie de tragédies domestiques et de grandes dates d’une époque en ébullition. L’écriture lumineuse de Sylvie Germain dessine les ombres et les lumières d’un effondrement qui a commencé très tôt dans l’enfance – et dont il faudra bien tenter de se relever.

Son style éblouit aussi bien dans la construction du livre, cette sélection apparemment aléatoire dans laquelle, cependant, rien n’est laissé au hasard, que dans la prose presque musicale ; le titre déjà en était une figure.

 

Un roman tout en fragilité et en fausse candeur.

 

 

Banniere Px styleAlbin Michel, août 2013, 256 pages, 19 euros

 

 

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

L’édition 2012 du Prix du Style

Le Prix du Style 2010

Toute la rentrée littéraire 2013

 

Quatre phrases :

 

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« Le jour où son père lui annonce la mort de cette inconnue qui lui est d’une intimité lancinante et dont elle attend le retour avec une patience inébranlable, elle ne dit rien, ne demande rien, elle court faire de la balançoire à en perdre le souffle. » (page 15)

 

« Elle est un petit animal humain surpris par un goût fade et visqueux, saisi par une pensée bien trop vaste pour lui. » (page 18)

 

« Deux élans inverses se disputent en elle : celui d’un tenace désir de vivre, celui d’un violent attrait de la mort. » (page 46)

 

« Elle mange sans faim, le silence qui sature la chambre de sa grand-mère se transforme lentement en nœud dans sa gorge ; mais elle mange en abondance, pour lutter contre ce nœud, précisément. » (page 49)

 

 

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