Pourquoi écrivez-vous, Romain Monnery ?

MonneryNé à Lyon en 1980, Romain Monnery a suivi des études de langues et de communication..

Il est l’auteur de deux romans parus au Diable vauvert : Libre, seul et assoupi (2010) et Le saut du requin (2014)..

Plusieurs de ses nouvelles ont été publiées dans la revue Décapage.

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Pourquoi écrivez-vous ?

Sans doute parce que c’est la seule activité qu’on peut pratiquer en pyjama sans s’attirer les foudres du voisinage quand survient l’irrépressible envie de danser bras par dessus tête. La musique et la tenue de travail, voilà les principaux atouts. A part ça, bof…

Antoine Blondin disait que l’écriture n’était pas pour lui une source de satisfaction : toujours elle l’angoissait, parfois elle l’ennuyait.

Pas mieux…

J’aurais largement préféré être footballeur mais je n’aimais pas courir ; je ne sais pas chanter, je me change en borne incendie dès qu’il s’agit de parler en public, je mange mes mots, je danse comme un abribus, et ma connaissance du langage des signes s’arrête au pouce levé.

MonneryAutant dire qu’il ne me restait pas des masses de moyens d’expression une fois l’état des lieux terminé.

En fait, je crois que l’écriture est aux timides ce que les collants sont aux super-héros : un costume plus ou moins élastique, plus ou moins excentrique, qui procure en tous les cas un sursaut d’assurance.

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Bien traiter sa page blanche, c’est important : la féliciter pour son teint, lui dire qu’elle est la plus belle, la surprendre, la sortir, l’emmener au restaurant ; ne pas hésiter à lui faire des offrandes pour obtenir ses faveurs (on oublie les sacrifices humains, c’est trop salissant ; quant aux strip-teases, ça ne marche qu’un temps) – et si vraiment vous ne pouvez plus l’encadrer : mettez des lunettes 3D.

Non, en vrai j’aurais du mal à donner le moindre conseil dans la mesure où j’ai encore un autocollant « apprenti » collé dans le dos. Ne pas se prendre au sérieux, ça me paraît important, même si je ne suis pas sûr que ce soit d’une grande aide. L’important, je crois, c’est justement de ne pas trop écouter les conseils. L’écriture n’a rien d’une science exacte. C’est hasardeux, instinctif : on tâtonne, on s’égare, on revient sur ses pas, stop ou encore, on désespère, on s’enlise – misère, qu’allions-nous faire dans cette galère – mais au final on arrive toujours quelque part (jamais où on voulait, mais ça c’est un autre problème). Se fier à la boussole d’un autre – aussi grand et reconnu soit-il – ne pourrait mener qu’à des fausses pistes. N’oublions pas ce que disait Tonton David, le sage : « Chacun sa route, chacun son chemin (passe le message à ton voisin) ».

 

PS : cela dit, sur le thème de l’écriture et de la vocation, on peut toujours lire ces petits bijoux que sont « Mémoires d’un métier » de Stephen King et « Autoportrait de l’auteur en coureur de fond » de Haruki Murakami. Voilà pour le coup des gens qui savent (à peu près) de quoi ils parlent.

 

 

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Précédent rendez-vous : Diane Brasseur

Prochain rendez-vous : Michèle Halberstadt

 

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2 réflexions sur “Pourquoi écrivez-vous, Romain Monnery ?

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