Mon amie américaine, Michèle Halberstadt

Mon amie américainePrésentation de l’éditeur :

« Ce matin, Clara m’a demandé pourquoi nous étions amies. Je lui ai répondu que c’était inexplicable. Mais j’ai passé la journée à me poser la question. Pourquoi toi, l’Américaine, la pragmatique, la businesswoman, la midinette, pourquoi occupes-tu une telle place dans ma vie ? »

 

Après Café viennois et La petite, Michèle Halberstadt explore avec lucidité et sensibilité le lien si fort de l’amitié face à l’épreuve. Que cherche-t-on à travers l’autre ? À quoi rester fidèle, lorsque plus rien n’est comme avant ? Que deviennent les sentiments que l’on croyait inaltérables ?

 

 

Molly, l’amie américaine de la narratrice, est plongée dans un profond coma. Avec une inévitable culpabilité – « Pourquoi toi et pas moi ? », la narratrice entame un dialogue sans réponse. A Molly, elle peut tout dire. Alors elle lui dit tout. Ce qu’elle sait déjà, qui a fait leur amitié. Et puis ce qui surgit pendant que Molly ne répond plus. Le coma de Molly devient la planète Virgule – en allemand, Komma signifie virgule.

 

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« Je ne savais pas que je pouvais fabriquer autant de larmes. » C’est par cette phrase inoubliable que j’ai découvert ce roman, lu par son auteur qui le travaillait encore. C’était au Pitch me, en juin 2013.

De Michèle Halberstadt, j’ai lu Un écart de conduite – une vraie rencontre, un choc du début à la fin, doublé d’une révélation à la toute fin – et La petite – presque autant aimé.
Sa plume ne change pas, elle reste constante dans son rythme entraînant, musical avec quelque chose de mélancolique.

 

Michèle Halberstadt pourrait aborder tous les sujets qu’elle procurerait au lecteur le même bonheur de lecture. Jamais d’ailleurs les sujets qu’elle choisit ne sont drôles. Pourtant son écriture porte si bien, envoûte tellement que la gravité s’adoucit et que la lecture apporte un étrange apaisement.

 

L’amitié, croit-on, peut prendre le pas sur la maladie. Mais qu’advient-il si la maladie prend le pas sur l’amitié ?

Comme dans ses deux précédents romans, Michèle Halberstadt tourne autour du thème de l’immense solitude qui est la condition de l’homme.

Et encore une fois, c’est une réussite de sensibilité, de subtilité et de finesse.

 

Albin Michel, janvier 2014, 192 pages, 16 €

 

A lire aussi sur Sophielit :

Un écart de conduite

La petite

 

 

Phrases choisies :

 

« Je ne savais pas que je pouvais fabriquer autant de larmes. » (page 13)

 

« Molly, il faut que je te parle. Même si tu ne m’entends pas. Les paroles que je ne peux pas échanger avec toi m’étouffent. Alors je vais t’écrire. Pas pour consigner mes faits et gestes, mais pour te raconter ce qui se passe pendant la durée, indéterminée, de ton absence. Tenter de comprendre ce qu’on vit si différemment toutes les deux. Je vais essayer de trouver les mots. » (page 15)

 

« Eduquer, c’est se tromper, en permanence. » (page 72)

 

« C’est toi la malade et c’est moi qui ai peur. » (page 111)

 

« Je n’ai jamais eu autant envie d’avoir la foi qu’en cette seconde. » (page 112)

 

« Il faut que tu trouves en toi des raisons de te battre. Fais-le pour toi, pour nous, pour les enfants que tu n’as pas encore, pour les plages des mers du Sud qu’il te reste à découvrir, pour les souvenirs qu’il te reste à fabriquer, pour les années qu’il te reste à vivre. » (page 127)

 

« Tu as toujours affirmé que porter des talons aiguilles et une jupe moulante c’était revêtir une tenue de combat, qui te dopait pour affronter une situation délicate. « Je suis obligée de faire des petits pas, de rentrer les fesses, de me tenir droite, la tête haute. C’est comme une armure. Sur douze centimètres, crois-moi, tu es une guerrière. » » (page 131)

 

« Ca ne reviendra plus. Et la vie qui allait avec non plus. » (page 139)

 

« Enjoy while it lasts. It doesn’t. Profite tant que ça dure. Ça ne dure pas. » (page 149)

 

« Tant que les paroles ne sont pas prononcées, les choses qu’elles recouvrent n’ont aucune réalité. » (page 153)

 

« La vie est une jungle. Et toi, ma Molly, tu es désormais comme Babar dans la grande Ville. Tu as perdu tes défenses. » (page 182)

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Une réflexion sur “Mon amie américaine, Michèle Halberstadt

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