5 & 6 avril : salon du livre de Provins 2014

provinsLe salon du livre de Provins 2014, dans le cadre du festival Encres vives, se tiendra les 5 et 6 avril prochains.

Après des éditions 2012 et 2013 réussies, je me réjouis d’y participer. D’autant qu’au cours de l’année, j’ai animé des ateliers d’écriture dans plusieurs classes de la commune.

 

Le lieu ne change pas : les festivités auront lieu au centre culturel Saint-Ayoul, 10 rue du Général Delort à Provins (77160).

[pour les Parisiens : la cité médiévale de Provins est accessible en train au départ de la gare de l’Est]

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Parmi les invités cette année en littérature générale, polar, jeunesse et BD :

bann provinsJérôme Attal, Alain Baraton, David Boidin, Bernard Boudeau, Ariane Charton, Maureen Dor, Luc Doyelle, Michel Field, Fabien Hérisson, Francis Huster, Françoise Laborde, Edouard Louis, Murielle Magellan, Sandra Martineau, Serge Moati, Sébastien Mousse, Raymond Poulidor, Sandra Reinflet, Sandrine Roudeix, Fanny Salmeron, Mathieu Simonet, Olivier Steiner, mon chouchou Geronimo Stilton, Ariane Zarmanti…

Tous les invités ici.

 

Le salon sera une fois encore animé par François Alquier.

 

Et parmi les temps forts qui sont l’une des signatures de ce salon, signalons :

– une conférence sur Alain-Fournier donnée par Ariane Charton, biographe de l’écrivain, samedi 5 avril à 14h30

BAN-copie2-300x68– une carte blanche à Michel Field qui recevra trois auteurs autour de leur dernier ouvrage : Murielle Magellan pour N’oublie pas les oiseaux à 16h, Édouard Louis pour En finir avec Eddy Bellegueule à 16h30 et moi-même pour Grace Kelly : d’Hollywood à Monaco, le roman d’une légende à 17h.

 

Ces évènements sont gratuits et se dérouleront au petit théâtre du centre culturel.

Inscriptions : reservations@salondulivreprovins.fr

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Horaires du salon (entrée libre) :

Samedi : 14h-18h

Dimanche : 10h-18h

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Programme complet et informations pratiques sur http://www.salondulivreprovins.fr/site/

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Pourquoi écrivez-vous, Vincent Maston ?

Vincent Maston - RENAUD MONFOURNY.JC LATTÈS

 

Vincent Maston est né au Mans en 1978. Ingénieur en informatique, il est passionné de musique.

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Germain dans le métro (JCLattès, 2014) est son premier roman.

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 Photo (c) Renaud Monfourny

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Pourquoi écrivez-vous ?

J’ai passé un long moment à réfléchir à la réponse que je pourrais donner à cette question, rejetant toutes les réponses raisonnables les unes après les autres. Au final, la seule raison pour laquelle j’écris est simple, redoutablement simple : j’écris parce qu’écrire, c’est amusant. Pas tout le temps, attention ! Il y a quantités de moments pénibles, épuisants, pendant lesquels on se dit qu’on effacerait bien cette saleté de fichier word qui persiste à ne pas vouloir se remplir tout seul. Mais d’un coup, au milieu d’une phrase, d’un chapitre, tout se met en place. Oubliées ces heures passées chercher LA tournure de phrase. Oubliée cette culpabilité qui étreint dès qu’on fait quoi que ce soit d’autre qu’écrire. Le texte coule tout seul, presque malgré soi. Le résultat n’est pas toujours bon, voire même parfois très mauvais, et pourtant… EMaston1t pourtant ces quelques moments où écrire EST amusant valent tous les efforts qui les précèdent.

Je n’écris que quand j’ai un réel projet, une nouvelle, un roman, une lettre même. Rien ne m’ennuie plus qu’écrire sans finalité. Je n’y arrive pas. Je sais pourtant que c’est une bonne chose, écrire un peu chaque jour, comme un musicien s’entraîne en faisant ses gammes encore et encore… Mais bon, je n’ai jamais eu la persévérance suffisante pour être musicien, après tout.

Une fois « Germain dans le métro » fini, je pensais m’atteler immédiatement à la rédaction d’un nouveau roman, mais en fin de compte, je suis à peine sur le point de m’y mettre à présent, près de six mois après la dernière correction de Germain. Un peu de flemme, une bonne dose de procrastination, bien sûr. Le besoin de laisser passer un temps, d’oublier un petit peu Germain, Clotilde et tous les autres. Pour pouvoir me plonger totalement dans la peau de nouveaux personnages l’esprit libre de tout encombrement.

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Ne vous mettez pas la pression. Si vous n’écrivez rien pendant un jour, une semaine, un mois, très bien ! Profitez-en pour penser à autre chose, laissez votre esprit divaguer et les idées vous viendront toutes seules, sans prévenir. Pour Germain, un des plus gros blocages que j’ai subi s’est résolu de lui-même alors que j’étais au beau milieu d’une piscine. Gros avantage de cette technique : elle demande une quantité d’effort absolument minime !

Maston2Autre chose : ne rejetez jamais une idée simplement parce qu’elle a déjà été traitée avant. Ca fait un paquet de siècles qu’un paquet de gens écrivent un paquet de livres, rares sont les idées à n’avoir jamais été exploitées. Alors n’hésitez pas, nourrissez-vous de ce que vous lisez, regardez, écoutez ! Apprenez à analyser les œuvres que vous aimez, cherchez dans ces magnifiques boîtes à outils l’ustensile qui vous manque, et une fois celui-ci trouvé, piquez-le sans l’ombre d’un remord. J’utilise particulièrement le site TvTropes.org, qui répertorie différents schémas narratifs (tropes en anglais), et est aussi complet qu’agréable à lire, pour peu que vous n’ayez pas peur d’y passer la nuit en naviguant d’une page à l’autre. Une version française existe, mais est bien moins fournie : http://tvtropes.org/pmwiki/pmwiki.php/Fr/HomePage

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Précédent rendez-vous : Claudine Aubrun

Prochain rendez-vous : Ariane Zarmanti

 

A lire aussi sur Sophielit :

Germain dans le métro

Toutes les réponses à « Pourquoi écrivez-vous ? »

Germain dans le métro, Vincent Maston

Germain dans le métroPrésentation de l’éditeur :

Germain a tout pour lui : timide, spécialiste de musiques obscures que personne ne connaît, grand amateur de concerts, bègue flanqué de l’orthophoniste la moins efficace de Paris, amoureux transi de cette même effroyable orthophoniste.

Pour surmonter tant de handicaps, une seule oasis : le métro. Mieux que ses séances d’orthophonie hebdomadaires, le réseau souterrain (ses couloirs, ses quais pittoresques, ses charmants autochtones) se transforme pour lui en véritable exutoire. Le voilà super héros, redresseur de torts, justicier des temps modernes.

C’est au hasard d’un trajet qu’il croise une fille aussi douée que lui pour faire trébucher les passagers. Ainsi donc, il n’est pas le seul ! Sont-ils nombreux à pratiquer ? Se pourrait-il qu’il existe des bandes organisées ?

Mais dans le métro comme sur un ring, on ne peut pas bousculer les autres sans risquer de prendre des coups.

 

 

Germain Raphaël Rotelier, né le 7 décembre 1982 à Poulain-la-Meuge, domicilié au 34 boulevard de la Villette dans le XIXème arrondissement de Paris, est bègue. Entre les séances hebdomadaires chez Clotilde, son orthophoniste, il a un exutoire à la colère qui l’accompagne au quotidien. Un exutoire souterrain. Le métro est son terrain de jeu. Il bouscule les gens pour se défouler, mais aussi pour les punir. Son but est d’« emmerder les emmerdeurs ». Alors Germain cherche chez sa victime « un petit détail, n’importe quoi qui [lui] donnerait bonne conscience. »

 

« Hors de question de m’abaisser à bousculer un pauvre type qui n’a rien fait : je trace la ligne à ne pas franchir au niveau de la sociopathie. » (page 67)

 

Il n’y a que les concerts qui lui procurent suffisamment d’émotion pour qu’il ne ressente pas pendant quelques jours le besoin de bousculer un ou deux quidams.

 

Germain va bientôt rencontrer des comparses, et c’est à quatre que se feront désormais les « opérations ». De ne plus être seul, Germain se sent indestructible. Pourtant, une petite voix au fond de lui répète qu’il va trop loin.

 

Avec Germain dans le métro, Vincent Maston signe un premier roman très drôle, au rythme enlevé. Il nous entraîne dans l’univers fascinant du métro parisien. Une comédie qui donne envie d’observer plus encore les autres usagers (ce dont je ne me suis, personnellement, jamais privée) et un livre, bien sûr, à lire de préférence… dans le métro.

 

JCLattès, février 2014, 304 pages, 17 euros

 

A lire aussi sur Sophielit :

Je vous emmène au bout de la ligne, tribulations et secrets d’un conducteur de métro

Toute la rubrique « métro »

Tous les premiers romans

 

Interruptions de trafic :

 

« Tous les soirs, je repousse mon éducation sur l’état du monde au lendemain. » (page 22)

 

« Je ne sais m’habiller que pour aller à un concert. Pour toute autre situation, je suis nul. » (page 23)

 

« Mon père est authentiquement fatigant. » (page 35)

 

« Ces bousculades dans les transports sont tout ce qui me permet de garder un semblant de santé mentale en place, et je ne peux le partager avec personne. » (page 40)

 

« Son arme préférée : être d’accord. Quoi que vous disiez, il trouvera toujours le moyen d’être d’accord avec vous. Tout comme il trouvera le moyen d’être d’accord avec quelqu’un qui dirait le contraire. » (page 43)

 

« Merci papa, je vais aller me verser de la Javel dans le cerveau et je reviens. » (page 48)

 

« Je pense qu’elle nous voit ensemble parce que nous sommes les deux seuls qu’elle ne voit avec personne d’autre. » (page 68)

 

« Jamais, sous aucun prétexte, il ne faut aller à un concert en portant un tee-shirt du groupe. » (page 75)

 

« Il maîtrise à la perfection cette capacité inouïe qu’ont les serveurs parisiens à faire sentir en deux mots tout le mépris qu’on peut bien leur inspirer. » (page 84)

 

« Aller doucement c’est bien gentil, mais encore faut-il savoir où on va. » (page 126)

 

« Rien ne guérit plus vite un cœur déçu qu’une augmentation du chiffre d’affaires. » (page 127)

 

« Quand on est bègue, on passe son temps à se dire qu’avec une élocution convenable on serait le roi de la répartie, que la seule chose qui nous empêche d’être un beau parleur charismatique est ce satané bégaiement. Bien entendu, on a tort. » (pages 128-129)

 

« J’ai honte, mais parfois sa propre santé mentale se gagne au prix du sacrifice de celle des autres. » (page 176)

 

« Pour calmer mes nerfs, j’applique la seule technique de relaxation que je connaisse. Par petits coups discrets, je fais trébucher les passagers importuns. » (page 181)

 

« Si je ne peux plus me défouler dans le métro, il va falloir que je trouve autre chose. Le free fight, par exemple. » (page 253)

Pourquoi écrivez-vous, Claudine Aubrun ?

Claudine Aubrun auteure. Résidence d'écriture au Chalet Mauriac du 27 mai au 28 juin 2013.  jeudi 13 juin 2013 à Saint Symphorien Photographie: Loïc Le Loët

 

Claudine Aubrun se partage entre Paris et l’Ariège.

Chargée de communication dans le secteur du patrimoine historique, elle a publié son premier livre en littérature jeunesse en 2000. Ses domaines de prédilection sont l’humour et le roman noir.

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Elle est notamment l’auteur de Monsieur Stan n’a qu’à bien se tenir (Syros, 2011) et de Dossier océan (Le Rouergue, 2014).

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 Photo (c) Loïc le Louet

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Pourquoi écrivez-vous ?

Sans doute pour être dans une bulle et rejouer l’histoire.

Pour pallier le grave manque d’à propos dont je suis atteinte. Ecrire me donne l’illusion de mener le jeu, de poser l’histoire, de répondre à bon escient, à qui je veux, comme je veux. Quel rêve de pouvoir dire, effacer, recommencer, employer un autre ton, changer de situation !

AubrunQuand je commence une histoire, je me dis que je vais revisiter une ou des situations, que j’aurai du recul et qu’avec ce qui m’a intrigué, blessé, cassé, amusé, inquiété, je ferai autre chose.

Autre chose de chouette évidemment !

Mais il faut se rendre à l’évidence, ça ne marche pas à tous les coups. Loin de là ! ça ne fonctionne que si un travail technique sérieux est fourni : plan, choix de personnages, seconds couteaux, ambiance, lieux, atmosphère…

 

J’écris aussi juste pour écrire, pour être seule, pour ne pas répondre aux autres, pour ne pas être disponible, pour ne pas faire des choses idiotes comme le ménage, la lessive, le courrier administratif, me plier à des obligations. C’est complètement narcissique, nombriliste mais ça marche assez bien (réussite discutable pour l’aspect gestion du quotidien). A noter : être égoïste, avoir un endroit à soi, du temps à soi ne relève pas de la magie et demande beaucoup d’efforts.

 

Je continue à écrire pour être lue, publiée, pour le moment où l’éditeur ou l’éditrice vous dit : c’est bon, on va éditer ton (votre) texte. C’est délicieux comme instant. C’est le printemps en plein hiver, le cœur qui bat, les quelques centimètres au-dessus du sol pendant deux, trois jours…

 

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Bien définir ce qu’il ou elle a envie de raconter et filer dans une librairie voir quel éditeur publie ce genre de textes, quelle est la ligne éditoriale de la maison, quelle est la longueur des romans, récits ou essais édités. Accepter les contraintes n’est pas déshonorant. C’est même souvent stimulant.

 

Aubrun 2Ecrire relève plus de l’endurance que du génie. L’écrivain est un sportif immobile. Alors, patience, courage et détermination.

 

Ne pas faire lire son texte à trop de lecteurs amis ou parents. Difficile pour eux et pour l’écrivain nouveau de faire la part des choses dans les critiques.

 

Lire son texte à voix haute, s’enregistrer, s’écouter. Cela permet de corriger pas mal de choses. Le rythme, les répétions, les lourdeurs notamment.

 

 

 

 

Précédent rendez-vous : Anne Sylvestre

Prochain rendez-vous : Vincent Maston

 

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Dossier océan

Monsieur Stan n’a qu’à bien se tenir

Toutes les réponses à « Pourquoi écrivez-vous ? »

Dossier océan, Claudine Aubrun

couv-dossier_oceanQuatrième de couverture :

Ce jour de juin, il n’y a presque personne sur cette plage des Landes, un groupe de surfeurs, quelques pêcheurs, de rares promeneurs. Et deux pieds qui dépassent d’un parasol rouge… Comme à son habitude, Brune a sorti son téléphone pour faire des photos du paysage. Rien de compromettant a priori. Mais, en fin de journée, elle apprend qu’une femme a été étranglée dans les dunes. Plongées au cœur de l’enquête, Brune et sa famille vont se retrouver confrontées à leur passé. Quels liens avaient-elles avec cette femme ? Son oncle est arrêté. Un mystérieux agresseur la traque. La police s’intéresse de très près à ses photos. Pour comprendre ce qui s’est joué autrefois sur cette plage, la jeune fille devra démêler les fils reliant tous les personnages de son « dossier Océan ».

 

« Vous ne gagnez rien en vous taisant. », dit le flic à Brune.

« Vous ne gagnez rien à ne pas collaborer. Vous avez même beaucoup à perdre. »

Mais Brune ne parle pas. Elle ne parle plus. Elle s’exprime par l’image. Les dessins. Les photos qu’elle prend pour mieux reproduire les détails. Et le silence ouvre la porte à toutes les éventualités…

 

Dossier Ocean AubrunIl faudra bien pourtant que la vérité éclate. Qu’elle soit dite. La vérité, et les vérités de l’histoire de Brune et de sa famille. Il faudra bien que la lumière soit faite sur cette obscure affaire de meurtre qui vient assombrir le début de saison d’une station balnéaire sans histoire.

Entre fausses pistes et rebondissements, Claudine Aubrun mélange les cartes d’un jeu dangereux. Les héros, très vite attachants, sonnent particulièrement justes.

 

Et l’océan bordé par les pins des Landes devient un personnage à part entière.

Du noir dans le bleu.

 

Un roman court et efficace, plein de suspens et d’émotion.

 

Le Rouergue (collection DoAdo noir), février 2014, 107 pages, 9,70 euros

 photos (c) Claudine Aubrun

 

A lire aussi sur Sophielit :

Monsieur Stan n’a qu’à bien se tenir

 

Trois passages :

 

Dax 065« – Fais taire ta colère, Brune, je sais ce que c’est, crois-moi, ça ne mène nulle part.

Ma colère, je n’avais pas envie de la faire taire. Elle me nourrissait, elle nourrissait mes dessins, faisait exploser des couleurs violentes. » (page 21)

 

« Je suis remontée dans ma chambre dès son départ. J’ai branché le disque dur externe à mon ordinateur. J’ai ouvert le dossier OCEAN puis le fichier OCEAN sous ciel plombé. J’ai fait défiler la série complète. Toutes les photos étaient d’assez bonne qualité. Dans le lot, cinq images auraient pu intéresser Javier et mon agresseur. » (page 50)

 

« J’étais à la limite. A la limite du défendu mais à la limite tout de même. » (page 96)

Come prima, Alfred

comeprima« Je m’appelle Fabio Foscarini, et je n’ai pas revu mon pays depuis tellement longtemps que je ne sais même plus si c’est moi qui l’ai quitté ou si on m’en a chassé… » (page 167)

 

Giovanni et Fabio sont frères. Après des années de séparation, ils font ensemble la route depuis la France, où Fabio s’est exilé, vers l’Italie, leur pays natal, où planent les souvenirs d’enfance et où errent les fantômes du passé…

 

Il y a dans les pages de ce très bel album toute la difficulté qu’on éprouve à resserrer des liens distendus. Toute la difficulté qu’on peut éprouver à aimer quand on a choisi très tôt de ne compter sur personne. Tout l’amour que le temps enfouit mais qui ne demande qu’à ressurgir. Une certaine idée de la fraternité. Ce qui nous pousse à faire les choix que l’on fait.

Toutes les lumières de l’Italie, aussi. Et beaucoup d’émotion.

 

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« J’attendais le départ. Depuis toujours j’attendais… Et puis un jour c’était là. Maintenant. Je savais pas vers quoi j’allais, mais je savais déjà que je voulais pas rater ça. Un bateau plein de promesses… Je m’y suis engouffré sans attendre personne. » (page 93)

 

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Cet album a reçu le prix du meilleur album au festival international de bande dessinée d’Angoulême 2014. Pas par hasard.

Editions Delcourt, octobre 2013, 224 pages, 25,50 euros

 

Une interview de l’auteur, le début de l’album à feuilleter… Il y a plein de choses à découvrir sur le site de l’éditeur.

 

Une bande-annonce a même été réalisée :

 

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Salon du livre de Paris / Rendez-vous bloggueurs 2014

S&K3On a déjà fait ça en 2012 et en 2013. Et on recommence parce que c’est toujours un bonheur.

 

Quoi donc ?

Mettre un visage sur un blog.

Partager nos coups de cœur littéraires de vive voix plutôt que sur les réseaux sociaux.

Débattre en face à face plutôt que via le formulaire de commentaires.

 

Le Salon du livre de Paris se tient du 21 au 24 mars.

 

Kevin et moi vous donnons rendez-vous

 

Samedi 22 mars à 19h30

Sur la scène des auteurs (C96)

Pour une nouvelle rencontre informelle

Haute teneur en littérature et en web garantie !

 

Rdv22marsC96

 

(cliquer pour agrandir le plan)

 

Scene-des-auteurs-vue2-555x308Juste avant (18h30-19h30) s’y tiendra la deuxième des trois séances du Labo de l’écriture en public qu’organise la Fondation Bouygues Telecom. Fondation engagée en faveur de la langue française, avec sa plateforme Les Nouveaux Talents, et qui aime les écrivains… et les  bloggeurs, puisqu’elle nous offre de quoi trinquer et ripailler pour l’occasion !

 

Il y aura des badges à remplir pour que l’on puisse plus facilement s’identifier les uns les autres si l’on veut.

S&K1
Vous prévoyez d’en être ? Annoncez-vous donc ici, qu’on se réjouisse d’avance !

 

Paris Porte de Versailles – Pavillon 1
Boulevard Victor, Paris 15ème 
Le site du salon : http://www.salondulivreparis.com/

 

Vous voulez gagner des invitations pour l’inauguration du salon ? J’en ai 5 à offrir (chacune pour deux personnes) grâce à la Fondation 

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Bouygues Telecom toujours.

Dites-moi donc pourquoi vous aimeriez arpenter les allées bondées du grand hall de la Porte de Versailles à une heure où l’on peut être tranquillement chez soi… Je choisirai 5 de vos réponses !

Vous avez jusqu’au dimanche 16 mars 2014 minuit pour tenter votre chance.

 

je sais pas vous

Pourquoi écrivez-vous, Anne Sylvestre ?

Anne Sylvestre

 

Je n’ai pas rencontré Anne Sylvestre. Ni même ne lui ai écrit. Je l’ai écoutée. Après qu’on soit venu m’en souffler l’idée ici.

La chanson s’appelle Ecrire pour ne pas mourir.

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Pour en savoir plus sur Anne Sylvestre, son site.

Mais qui, adulte ou enfant, ne la connait pas ?

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Et pour illustrer ses mots, j’ai choisi une photo d’elle jeune.

Parce que c’est comme ça.

J’ai de bonnes nouvelles.

 

 

Que je sois née d’hier ou d’avant le déluge,
j’ai souvent l’impression de tout recommencer.
Quand j’ai pris ma revanche ou bien trouvé refuge,
dans mes chansons, toujours, j’ai voulu exister.

Que vous sachiez de moi ce que j’en veux bien dire,
que vous soyez fidèles ou bien simples passants
et que nous en soyons juste au premier sourire,
sachez ce qui, pour moi, est le plus important,
est le plus important.

SylvestreEcrire pour ne pas mourir,
écrire, sagesse ou délire,
écrire pour tenter de dire,
dire tout ce qui m’a blessée,
dire tout ce qui m’a sauvée,
écrire et me débarrasser.
Ecrire pour ne pas sombrer,
écrire, au lieu de tournoyer,
écrire et ne jamais pleurer,
rien que des larmes de stylo
qui viennent se changer en mots
pour me tenir le cœur au chaud.

Que je vive cent ans ou bien quelques décades,
je ne supporte pas de voir le temps passer.
On arpente sa vie au pas de promenade
et puis on s’aperçoit qu’il faudra se presser.

Que vous soyez tranquilles ou bien plein d’inquiétude,
ce que je vais vous dire, vous le comprendrez :
En mettant bout à bout toutes nos solitudes,
on pourrait se sentir un peu moins effrayés,
un peu moins effrayés.

Ecrire pour ne pas mourir,
écrire, tendresse ou plaisir,
écrire pour tenter de dire,
dire tout ce que j’ai compris,
dire l’amour et le mépris,
écrire, me sauver de l’oubli.
Ecrire pour tout raconter,
écrire au lieu de regretter,
écrire et ne rien oublier,
et même inventer quelques rêves
de ceux qui empêchent qu’on crève
quand l’écriture, un jour, s’achève…

Qu’on m’écoute, passant, d’une oreille distraite,
ou qu’on ait l’impression de trop me ressembler,
je voudrais que ces mots qui me sont une fête,
on ne se dépêche pas d’aller les oublier.

Et que vous soyez critiques ou plein de bienveillance,
je ne recherche pas toujours ce qui vous plait.
Quand je soigne mes mots, c’est à moi que je pense.
Je veux me regarder sans honte et sans regrets,
sans honte et sans regrets.

Ecrire pour ne pas mourir,
écrire, grimacer, sourire,
écrire et ne pas me dédire,
écrire ce que je n’ai su faire,
dire pour ne pas me défaire,
écrire, habiller ma colère.
Ecrire pour être égoïste,
écrire ce qui me résiste,
écrire et ne pas vivre triste
et me dissoudre dans les mots
qu’ils soient ma joie et mon repos.
Ecrire et ne pas me foutre à l’eau.

Et me dissoudre dans les mots
qu’ils soient ma joie et mon repos.
Ecrire et pas me foutre à l’eau.

Ecrire pour ne pas mourir,
pour ne pas mourir.

 

 

Exceptionnellement donc, ce « Pourquoi écrivez-vous ? » s’écoute aussi. Les larmes sont autorisées. A condition que les sourires les chassent vite.

 

 

 

 

 

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Précédent rendez-vous : Michèle Halberstadt 

Prochain rendez-vous : Claudine Aubrun

 

A lire aussi sur Sophielit :

Toutes les réponses à « Pourquoi écrivez-vous ? »

Le Silence des rails, Franck Balandier

Le silence des railsJ’ai dit sur My Boox toute l’émotion ressentie à la lecture du roman de Franck Balandier (Flammarion, février 2014, 220 pages, 12 €).

Ci-dessous, en complément, un florilège de morceaux choisis.

 

 

« Nous sommes des sorcières. Des faiseuses d’anges dissimulées dans les placards à balais. Des soubrettes à plumeaux. La poussière de nos chiffons rouges. » (page 26)

 

« Tout finit ici. L’hiver des intestins. » (page 45)

 

« Tu sais Ernst, il faut que tu saches, le soleil s’accroche aux barbelés aussi, il voudrait se faufiler, déjouer tous les pièges des étoiles rouillées, s’installer entre les cris des suppliciés. J’ai dit « suppliciés ». Tu crois que le soleil a mal aussi, tu crois que les épines sont des taches d’encre sur la neige, comme toi et moi ? » (page 48)

 

« Juste avant qu’on ne l’emmène, Ernst m’a lancé un gentil sourire.

Le principal, c’était qu’ils nous séparent, qu’ils l’empêchent de recommencer. Et moi je restais là avec toutes ces déchirures, toute cette pluie de mots inutiles, et aussi les dernières larmes de sa cigarette, quelques cendres oubliées entre mes pieds. » (page 54)

 

« Ceux qui possèdent les armes ont toujours raison. » (page 60)

 

« J’ai pris l’habitude, depuis quelque temps, de noter, noter n’est pas le terme exact, il n’est rien à noter ici que la mémoire ne veuille retenir, il n’est plus temps des cahiers, des calepins en fraude, des feuilles volantes ou des tickets de métro sur lesquels on griffonne, à la hâte et en cachette, les mots essentiels pour témoigner, il n’est plus temps de rien, sinon des choses apprises par cœur, pour se souvenir bien plus tard, l’habitude, disais-je, de me rappeler de tous mes voyages courbés, le nez dans la pisse, s’il n’y avait que ça au creux de mes seaux, mais bien pire encore, de bloc en bloc, à force de les entasser, les seaux, on finit toujours par en évaluer la densité, par en déduire la fréquence, par en apprécier la qualité ou la rareté. Ce qui revient au même. » (pages 67-68)

 

« Pourquoi la mort est-elle sèche de toutes ses absences ? » (page 69)

 

« Le temps d’une cigarette. Suffirait-il de si peu de temps pour que nos guerres cessent ? » (page 75)

 

« Je me demande parfois pourquoi Mina fait cela. Je veux dire, pourquoi elle me livre, avec autant de facilité et de précision, presque ingénument, sans réaliser vraiment, le plan sommaire de ma future évasion. » (page 80)

 

« On prétend qu’il n’est d’issue que dans la mort consentie. Il suffit de franchir cette ligne, le fil à mes pieds qui court tout autour du camp, à quarante centimètres de hauteur, frontière symbolique, ça ressemble au jardin du Luxembourg, à n’importe quel parc aux pelouses interdites, un fil de fer dérisoire tendu entre des poteaux de bois que n’importe qui peut enjamber, à condition qu’il lui en prenne l’envie, je sais bien ce qui m’attend de l’autre côté, le gardien du square se tient là, en embuscade, avec son sifflet, pour me réprimander, je sais bien que si je lui désobéis, je n’atteindrai jamais les arbres. » (page 81)

 

« Je crois que nos rires sont comme les premiers edelweiss, encore sous la neige. En embuscade. » (page 84)

 

« Qui pourrait croire, devant tant d’immaculée beauté, dans cette accalmie cotonneuse qu’abandonne la nuit, qui pourrait croire que nous allons tous mourir ?

Tant de douceur aussi.

Tant de promesses ensevelies. En attente. Et pour quel dégel ? » (page 94)

 

« Après, le silence. Celui qui dure au creux de mes insomnies. L’indécence des heures quand le jour patiente encore à l’encoignure. Il y a la nuit encore installée. Vautrée sur nos divans de bois. Cette nuit à la gueule de bois, pleine de mauvais rêves. » (page 103)

 

« Il n’y a plus assez de couvertures. Alors, les corps nus, recroquevillés et froids, ceux qui cherchent la chaleur de l’autre, s’encastrent. Il ne s’agit pas d’amour, il n’y a plus de désir. Depuis longtemps nos sexes sont des parchemins, le mien est un palimpseste. » (pages 119-120)

 

« La neige ne se lave pas. » (page 126)

 

« Ce matin, il n’y a déjà plus de fleurs. Même en tendant la main. Ils ont tout cueilli durant la nuit. Plus de traces. Plus de couleurs. Plus rien. Ils ont tout supprimé. Le printemps interdit. » (page 135)

 

« Rien que des larmes de givre. Seulement des cristaux. La nuit dure longtemps. Trop longtemps. Ce matin. Je crois bien qu’il n’y a plus de matins. » (page 135)

 

« Ce serait ça la mort au bord du printemps, cet équilibre, quelque chose qui pousserait vers l’espoir. Nos brouettes encore fumantes, nous avançons dans la nuit qui recule. Des portes s’ouvrent devant nous, quelques mètres encore de cette liberté consentie, le temps de déverser notre chargement de corps calcinés, de le répandre avec délicatesse et mesure au bord de nos précipices.

Nous sommes les premiers à mourir, de ce que nous savons trop, de cette mort ramassée. » (page 140)

 

« On dirait une bibliothèque, sauf que les livres sont des urnes. Peut-être que le dictionnaire d’Ernst y figure. Ça serait bien un jour, quand cette guerre sera finie, de dresser la liste de tous les livres coupables. » (page 147)

 

« Je suis né vers les années qui se terminent. Je survis en montrant mes fesses. » (page 149)

 

« Personne ne me croira. J’en suis certain. Si je sors libre de cet enfer, personne ne me croira. » (page 188)