Pourquoi écrivez-vous, Virginie Carton ?

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Virginie Carton est née à Lille en 1972. Son premier roman, Des Amours dérisoires, a paru chez Grasset en 2012..

Son deuxième roman, La blancheur qu’on croyait éternelle, a paru chez Stock en mars 2014.

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 Photo © Stock / F. Mantovani.

 

Pourquoi écrivez-vous ?

Pour dire ce que je suis incapable d’exprimer autrement. L’expression orale me terrifie, j’ai la phobie du téléphone. L’écriture a toujours été mon élément naturel, le mode d’expression le plus facile pour moi. Enfant, je parlais peu et je pleurais souvent. Dès que j’ai su écrire, j’ai écrit. Mes journaux intimes sont devenus mes meilleurs amis, mes confidents. Je me souviens que je rentrais de l’école, le cœur battant, et que je courais m’enfermer dans ma chambre pour retrouver mes cahiers. C’était un moment d’apaisement, d’intimité nécessaire, quasi vital. Je pouvais enfin être moi, dire ce que je pensais, tout ce que je retenais, ce dont je rêvais, la façon dont j’avais vécu ma journée, les autres.

CartonC’est resté cela, pour moi, l’écriture : un refuge.

Aujourd’hui que j’écris des romans, c’est aussi devenu un partage, un jeu, un travail, un rêve, une liberté.

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Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Quand on est fait pour écrire, on le sent au fond de soi, profondément. Il faut s’y soumettre. Puis s’obstiner. Ecrire beaucoup, lire beaucoup, ne pas se décourager au premier refus d’éditeur. Ne pas croire qu’il faille connaître quelqu’un dans l’édition pour être publié, ne pas écouter les pessimistes. Il faut écrire quelque chose dont on est fier, que l’on assume, qui est travaillé, abouti, auquel on croit, puis avoir la foi. J’ai publié mon premier roman en envoyant mon manuscrit par la Poste, avec une lettre de deux lignes. Grasset m’appelait cinq jours plus tard. Mais j’écrivais depuis presque trente ans. Pour mon deuxième roman, j’ai à nouveau envoyé mon manuscrit par la Poste, à Manuel Carcassonne chez Stock cette fois.

 

Carton2Quand j’avais quinze ans, Henri Troyat m’a écrit : « L’écriture vous procurera de grandes joies tout au long de votre existence ». Alors c’est peut-être aussi ce conseil que je voudrais partager aujourd’hui : en dehors de ce désir d’être publié, écrire surtout pour les joies que l’écriture procure.

 
Précédent rendez-vous : Olivia Elkaim

Prochain rendez-vous : Gilles Verdiani

 

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8 réflexions sur “Pourquoi écrivez-vous, Virginie Carton ?

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  3. Lorsque j’ai commencé à lire le billet, j’ai cru que c’était moi qui parlais : l’impossibilité de s’exprimer ou même de se faire comprendre à l’oral, la phobie du téléphone et l’écriture comme moyen d’expression, d’épanouissement, de partage depuis que j’ai su lire et écrire… J’ai hâte de découvrir le monde de ce nouvel auteur à travers son dernier livre ! Merci pour ce partage !

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