Ferdinand et les iconoclastes, Valérie Tong Cuong

Présentation de l’éditeur :

ferdinand_2Avancer, progresse, toujours faire plus, toujours faire mieux pour ne pas rejoindre les ombres… Ferdinand est parfait. Beau, intelligent, récemment diplômé des plus prestigieuses écoles, c’est une recrue de choix pour le grand groupe de cosmétiques HBM. Esprit d’initiative, sens du management, force de travail, exceptionnelle, Ferdinand gravit les échelons à une vitesse vertigineuse. Et pourtant, petit à petit, il étouffe et commence à rêver de liberté pour tous. Le businessman utopiste ne se doute pas que la chute peut être terrible…

Ferdinand est un être hors du commun. Une graine de génie poussée sans crier gare. Sa carrière démarre sur les chapeaux de roues, son salaire comme les bénéfices qu’il engrange pour le compte de son employeur décollent, Ferdinand bientôt s’envole et évolue dans les plus hautes sphères. Mais, rattrapé par la quête de sens, il « passe des nuits entières à traquer toutes les formes de progrès susceptibles de rendre le monde meilleur. » Car Ferdinand est « l’instrument complaisant de ce [qu’il] exècre ».

Comment compose-t-on quand son existence toute entière est une contradiction ? Comment survivre à l’impossible équilibre d’une vie construite sur des mensonges ? Combien de temps tient-on avant l’implosion – ou l’explosion ?

Avec une écriture percutante, Valérie Tong Cuong dresse le fascinant portrait de quelques-uns de ces êtres inadaptés au monde – et ô combien aimables pour cela – tout en posant des questions fortes et essentielles. C’est aussi une plongée vertigineuse dans l’univers du marketing. Et le début d’un chemin…

Découvert dix ans après sa parution, ce roman est un vrai coup de cœur.

J’ai lu, 2009 (et Grasset, 2003), 254 pages, 5,60 euros

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

L’Atelier des miracles

La Battle

Pourquoi écrivez-vous, Valérie Tong Cuong ?

Morceaux choisis :

« Il ne s’autorisait aucune pause. Lorsqu’il disparaissait aux toilettes, il en revenait avec une idée ; au déjeuner, il mangeait en lisant, ingurgitant plus de connaissances que de protéines. » (page 33)

« A aucun moment elle n’imagina qu’il posait entre eux ces barrières pour se protéger de ses propres sentiments. Pour cela, il aurait fallu qu’elle soit une de ces petites filles gâtées par la vie, sur lesquelles se penchent des mères disponibles et tendres. Une de ces petites filles que leurs pères juchent sur leurs épaules en leur jurant qu’elles sont les plus jolies merveilles du monde. » (page 60)

« Elles savaient ce que coûtaient à leurs parents la volonté farouche de leur offrir une autre condition. » (page 60)

« Combien, le prix de la liberté ? » (page 66)

« Ferdinand se souvient brusquement qu’il ne s’est plus autorisé de rêve depuis qu’il a cinq ans. » (page 66)

« La plupart des gens sont des inconscients qui marchent au bord d’un gouffre avec des talons hauts. » (page 67)

« S’enrichir, n’était-ce pas se protéger de l’avenir ? » (page 71)

« Le coton de sa peau traîne encore dans ma tête. » (page 80)

« Allons Ferdinand, ne réfléchis pas et avance. N’oublie pas, ce qui compte, c’est de ne jamais s’arrêter. » (page 85)

« Il y a matière à réflexion.

D’un côté, délices de la solitude et désespoir de la masturbation.

De l’autre, frénésie sexuelle et contrainte du partage. » (page 95)

« Je suis seule à me punir. Je suis seule à vomir, c’est ainsi, la vie tourne à l’envers mais je n’en dirai rien. » (page 109)

« Il aimerait oublier que sa vie entière s’est construite sur la peur et la raison. Qu’il a grandi sans enfance, s’est marié sans amour et survit sans plaisir. » (page 111)

« Il faut parfois couper le bras pour sauver le reste du corps. » (page 119)

« Je n’aurais pas fait la moitié de ce chemin sans toi. » (page 143)

« Comment avancer encore puisqu’il était arrivé au sommet ? » (page 157)

« C’était une convention : entre personnages importants, on utilisait les prénoms, y compris lorsqu’on se connaissait à peine. On signifiait ainsi son appartenance à la petite bande des maîtres du monde. » (page 162)

« Tout change lorsqu’on travaille pour soi. […] Diriger une entreprise qui n’est pas la vôtre, c’est comme élever l’enfant du voisin. » (page 163)

« La terre s’écroule, mais ce n’est pas si grave. » (page 164)

« On ne court jamais si vite que lorsqu’on a un revolver pointé sur soi. » (page 169)

« Nous ne demandons même plus d’être heureux, seulement de ne pas se noyer. » (page 170)

« Ma conscience est une tumeur ouverte. » (page 171)

« Nous naissons pour travailler. Nous méprisons ceux qui n’ont pas de travail ou bien nous les fuyons comme des pestiférés. Nous épuisons notre existence dans le travail, au mépris de notre épanouissement, de notre créativité, de nos affects. » (page 176)

« La plupart des hommes ont besoin de travailler pour exister socialement et s’aimer eux-mêmes. Le travail nous structure et nous guide depuis des siècles. » (page 176)

« Le malheur survient chez ceux qui en ont peur. » (page 199)

« Les corps étrangers qui m’ont écrasée surgissent en bataillons serrés. D’abord les enterrer, puis m’autoriser à aimer. » (page 204)

« L’entreprise est un organisme vivant qui s’adapte parfaitement au rythme de celui qui la dirige et aux contraintes qu’on lui fournit. » (page 207)

« Peu importe l’avenir, peu importent les échecs, peu importe l’injustice. Nous sommes vivants ! Nous pouvons encore être heureux. » (page 239)

« C’était dans la nature des femmes de vouloir absolument sauver les hommes malgré eux. » (page 245)

Publicités

Une réflexion sur “Ferdinand et les iconoclastes, Valérie Tong Cuong

  1. Pingback: Pardonnable, impardonnable, Valérie Tong Cuong | Sophielit

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s