La rentrée littéraire de Benjamin Berton

BenjaminBerton

Benjamin Berton est l’auteur de sept romans.

Le premier, Sauvageons (Gallimard), a remporté le prix Goncourt du premier roman en 2000.

Le dernier, Le Nuage radioactif (Ring), paraît ce 28 août.

  •  

 

 

Comment vivez-vous cette rentrée littéraire ? 

Jusqu’ici tout va bien : je suis satisfait du texte que je considère comme l’un de mes plus aboutis et intéressants. J’ai réussi avec Le Nuage radioactif à nouer, ce qui est très important pour moi, dans un roman d’aventure, des éléments d’anticipation et de fantastique et des éléments plus intimes et notamment des développements que j’aime beaucoup sur les relations entre un père et son fils. Le livre est chouette et j’ai pu y ajouter une bande originale composée majoritairement de morceaux d’un type que j’adore (et qui est devenu un ami), Stephen Jones, un compositeur anglais connu… en 1995, pour son tube « You’re Gorgeous » et une BD dessinée par Kevin Cannon qui est un de mes dessinateurs favoris. Accomplissement donc, bien sûr mâtiné d’inquiétudes, moins quant à la réception du texte (je suis confiant) qu’à sa visibilité/invisibilité dans une rentrée à 500 et quelques romans.

BertonCela doit être la trois ou quatrième fois (sur sept romans) que je « concours » à la rentrée de septembre. Je ne suis pas chez Gallimard ou Hachette cette fois mais j’ai un éditeur moins connu, ce qui veut dire, à la base, une moindre exposition qu’il faut compenser par des retours positifs, un bouche à oreille positif et… de la magie. Sortir un livre en septembre, c’est parfois comme se faire beau un samedi soir pour aller en boîte de nuit et se faire refouler par le videur ! C’est toujours ça l’angoisse : qu’on n’en parle pas, que personne ne le lise et que ça finisse aux oubliettes dans trois ou quatre semaines. Pour le reste, après trois ou quatre fois, c’est une sorte de routine bien huilée en ce qui me concerne : des salons (Nancy, Le Mans, Besançon et quelques autres), quelques rencontres presse et, je suppose, quelques dédicaces à venir en librairie ou ailleurs. Ce n’est pas la partie qui m’effraie le plus.

 

Qu’en attendez-vous ?

A la fois beaucoup et pas grand-chose. Comme beaucoup d’écrivains outsiders, il y a toujours quelque part au coin de la tête l’idée que c’est enfin « le grand soir », le roman qui va permettre de franchir un cap de notoriété, élargir le cercle des lecteurs et faire reconnaître la valeur de ce qu’on fait. Mais au fil du temps, cette idée devient de plus en plus abstraite et se déconnecte complètement, de toute façon, de la qualité du travail qu’on propose.

Alors on se reporte vers des… pensées plus réalistes : faire en sorte que le livre soit lu le plus possible en participant activement à la promo d’une part et d’autre part, que celles et ceux qui l’auront acheté et lu, en aient retiré un petit quelque chose. Avec Internet, les blogs, facebook, etc., les lecteurs n’hésitent pas à donner leurs impressions et ils sont de plus en plus nombreux à me mettre un petit mot en disant : « j’ai bien aimé votre bouquin », etc. Ça se faisait moins quand j’ai commencé en 2000. Il y avait un ou deux types qui faisaient une lettre qu’on recevait via l’éditeur et c’était tout. J’aime bien ces sortes de retour. Ça permet d’affronter le caractère ingrat du retour au boulot : s’isoler, écrire la nuit, ne penser qu’à ça.

La rentrée littéraire, c’est souvent un moment d’espoir qui ne dure pas longtemps mais surtout un moment de satisfaction. Et là particulièrement, avec le livre en main, je suis assez content de moi ! C’est déjà ça…

 

Vous intéressez-vous à la rentrée littéraire en tant que lecteur ?

nuage radioactifJe « couvre » la rentrée littéraire pour Premiere/ Fluctuat, un site auquel je collabore depuis 1998. Du coup, je reçois pas mal de livres en service de presse. Cette année étrangement, je n’ai pas reçu les blockbusters et je suis donc en retard sur les livres agaçants et dont on parle partout : Reinhardt (que je n’aime pas beaucoup), Beigbeder (itou), ces machins là. Il n’y a qu’Olivier Adam que je lis encore avec plaisir dans les grosses cylindrées. Par habitude et par fidélité. J’ai reçu d’excellentes BD (Serpents et Echelles de Moore chez Ça et Là, par exemple, un titre qui date de 2001), des romans comme Deux Comédiens de Don Carpenter, chez Cambourakis, un essai romanesque, Debout/Payé de Gauz au Nouvel Attila. Je suis en train de relire Palahniuk qui sort en VF le premier volet d’un diptyque assez drôle sur une adolescente américaine qui meurt et vit en Enfer. Mon coup de cœur pour le moment, ce serait Chambre 507 de JC Hutchins et Jordan Weisman. Un roman à découvrir. Et puis j’attends la sortie du nouveau Martin Amis, en anglais, que Gallimard a refusé de publier, et aussi le David Peace qui sort avec ses 800 pages sur l’entraîneur de Liverpool. Un beau programme donc. Je suis un lecteur compulsif et ça tombe bien.

 

A lire aussi sur Sophielit :

Toute la rentrée littéraire 2014

La rentrée littéraire 2013

La rentrée littéraire 2012

La rentrée littéraire 2011

La rentrée littéraire 2010

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s