Génération X, Douglas Coupland

Generation XPrésentation de l’éditeur :

Ce roman est aux années 90 ce que fut L’attrape-cœurs aux années 50 et La conjuration des imbéciles aux années 80 : un livre culte, où la jeune Amérique a perçu l’écho de ses inquiétudes et de ses aspirations.

Ce n’est pas le livre d’une « génération perdue », moins encore « sacrifiée ». La jeunesse que décrit Douglas Coupland n’est obsédée ni d’argent ni de révolution. Devant l’avenir, elle fait le dos rond : courageuse mais non téméraire, elle avance masquée, refusant l’Histoire, élevant le rempart de l’humour et de la lucidité devant les débâcles du siècle.

Ainsi Andy. Ainsi Claire. Ainsi Dag. Trois antihéros suréduqués, sous-employés, livrés à eux-mêmes. Ensablés dans le désert de Californie, ils passent leur temps à s’inventer des fables d’amour et de haine au beau milieu des instituts de chirurgie esthétique et des bars à cocktail de Palm Springs. Leur bungalow est garni de meubles suédois semi-jetables, leur tête de déchets atomiques, de brides de pub, de flashes télévisés. De quoi rire – mais pas de quoi rêver. Le rêve, pour eux, ce serait une vie de tendresse, une vie qui ne fasse de mal à personne, ni aux autres ni à soi. Des sentiments simples, en somme. Lesquels constituent pourtant le cœur battant de ce livre singulier, déroutant, rare, émouvant. Et peut-être sont-ils la clé de son immense succès.

 

Andy, le narrateur, Claire et Dag sont des shin jin rui, des nouveaux êtres, de la génération X. Idéalistes, donc fatalement inadaptés à leur environnement – social, urbain, familial -, ils vivent leur vie au rythme des contes dont Génération X est le recueil.

 

Il y a du génie dans la très grande lucidité que Douglas Coupland prête à ses personnages qui ne se reconnaissent ni ne se retrouvent dans rien de ce que le monde leur propose. Face à un tel aveu de faiblesse, l’attachement, sinon l’identification, est immédiat. La succession des différents récits, inégaux si ce n’est dans leur caractère percutant, fait de ce roman un opus rythmé et facile à lire.

 

Mais il dresse surtout le portrait d’une génération qui ne me semble pas franchement différente de celle qui la suit, la fameuse « génération Y » dont on parle tant comme d’un phénomène inédit. Rien de nouveau sous le soleil, alors ? En tout cas, on passe quelques heures heureuses sous celui de Californie où nous entraîne Coupland dans ce roman, son premier, qui fit son succès.

 

 

traduit de l’anglais par Léon Mercadet

Editions Robert Laffont, 1993, 240 pages

 

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Flashs :

 

« Serait-ce que nous ne croyons plus au lieu ? ou peut-être nous avait-on promis le paradis dans nos vies antérieures et, en comparaison, le monde où nous sommes tombés ne tient pas la route. » (page 16)

 

« Il n’est pas sain de vivre la vie comme une succession de petits moments cool isolés. « Soit nous faisons de notre vie un roman, soit on ne s’en sortira jamais. » C’est pour ça, nous le savons, que nous avons tout plaqué pour venir dans le désert – pour nous raconter des histoires et faire de nos vies des romans qui tiennent la route. » (pages17-18)

 

« On emploie sa jeunesse à s’enrichir et sa richesse à rajeunir. » (page 20)

 

« Nous vivons des petites vies périphériques. Nous sommes marginalisés et il y a beaucoup de choses auxquelles nous avons choisi de ne pas collaborer. Nous voulions du silence et nous avons le silence. » (pages 21-22)

 

« Je ne vous comprends pas, vous les jeunes. Y a pas un boulot qui vous plaise. Vous déprimez, vous râlez que les boulots ne sont pas créatifs, qu’ils ne mènent à rien, et quand finalement on vous donne un bon poste vous fichez le camp pour aller faire les vendanges au Queensland ou Dieu sait quelle ineptie. » (page 33)

 

« Terrorisme consensuel : processus qui régit les comportements à l’intérieur de l’entreprise. » (page 35)

 

« Passer aux pertes et profits le naufrage psychique dû au boulot, avant que ça n’empire. » (page 40)

 

« J’étais un imposteur, et ma position finit par devenir intenable au point de déclencher ma Crise des vingt-cinq ans : tout devient pharmaceutique, vous touchez le fond, et les voix rassurantes commencent à s’éteindre. » (page 42)

 

« Assoiffé de tendresse, terrifié par la solitude, j’en arrivais à me demander si le sexe n’était pas au fond qu’un prétexte pour plonger son regard dans les yeux d’un autre être humain. » (page 44)

 

« Il m’est impossible de te dire combien de gens que je connais m’ont affirmé avoir fait leur crise de mi-vie très tôt dans leur vie. Le moment vient, inévitable, où la jeunesse te lâche ; où le lycée te lâche ; où Papa et Maman te lâchent. » (page 45)

 

« Ne pas parler avec des gens rend fou. Vraiment fou. » (page 100)

 

« Lâche à tes parents la moindre confidence et ils s’en serviront comme d’une pince pour te faire sauter les verrous et te réorganiser une vie sans aucune perspective. » (page 114)

 

« J’avais la nostalgie de l’événement au moment même où il arrivait. » (page 126)

 

« Il n’y a rien de bizarre à ne rien désirer. » (page 142)

 

« Ferme les yeux et pense bien à ce que tu as gaspillé. Sens l’odeur du futur. » (page 158)

 

« Et comme tous les vrais riches et/ou beaux et/ou célèbres, elle ne savait jamais si les gens s’intéressaient à elle, la minuscule lumière piégée dans sa capsule de chair, ou au gros lot qu’elle avait tiré à la naissance. » (page 160)

 

« Quoi qu’on fasse, pour les parents on n’a jamais plus de douze ans. » (page 177)

 

« Toutes les flammes se valent. » (page 181)

 

« Quand tu es classe moyenne, il faut s’habituer à ce que l’histoire t’ignore. » (pages 189-190)

 

« L’aventure sans risques, c’est à Disneyland. » (page 195)

 

Le soleil n'est pas ton ennemi Dans le nouvel ordre mondial La nostalgie est une arme Moins est une possibilité Pas de vrai changement possible Crise 25 ans Ketchup emotionnel Hyperplongee Souffrir et bosser 10 conseil-isme Erotiser l'intell ultra nostalgie blocage electoral minimalismes ton ego n'est pas toi paralysie reproduction folamour controler dime sur la personnalite

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