Histoire de l’art d’un nouveau genre, Anne Larue & Magali Nachtergael

??????????????????????Présentation de l’éditeur :

L’art a-t-il un genre ?

Il y a eu le genre masculin pendant bien longtemps. Mais aujourd’hui, on sait que ce n’était pas un homme seul, le génial « peintre des cavernes », qui réalisait les décorations des grottes préhistoriques, mais des groupes, de surcroît majoritairement féminins. On sait qu’un soi-disant « grand maître » n’était jamais qu’un patron d’atelier, que les épouses et les élèves étaient en réalité de vraies artistes, masquées par l’hypocrisie de leur temps. La Renaissance et toutes les autres époques regorgaient de pictoresses extraordinaires ! Le temps est venu de chasser beaucoup d’idées reçues sur l’histoire de l’art.

 

Dans l’art comme dans bon nombre d’autres domaines, ceux que l’on appelle les « grands hommes » ont rarement travaillé seuls. Œuvraient à leurs côtés, sous leurs ordres, dans leur ombre, des petites mains, celles d’exécutants, d’apprentis, de mécènes, d’inspirateurs… qui étaient aussi bien hommes que femmes. Quant à l’artiste en personne, on le croit, avec le recul, plus souvent homme que femme – était-ce véritablement le cas ? (sans compter qu’il peut être né homme comme femme sans nier qu’il n’est pas seulement cela ; ainsi Marcel Duchamp laisse-t-il éclater sa féminité en Rrose Sélavy, le personnage qu’il devient en se travestissant.)

 

Anne Larue et Magali Nachtergael, qui toutes deux enseignent la littérature et les arts à l’université, proposent une chronologie de l’histoire de l’art éclairée par la question du genre. D’exemples précis à des panoramas plus généraux, s’intéressant aux œuvres comme aux artistes et à toutes les formes de discriminations subies, elles brossent un portrait original des mille façons dont le féminin s’est inscrit dans l’histoire de l’art, du néolithique à aujourd’hui.

 

Car si « génie » est masculin dans le dictionnaire, si c’est généralement le cas aussi dans la mémoire collective, la réalité du terme est loin d’être aussi catégorique et ce bel objet richement illustré redonne sa juste place au féminin dans l’histoire de l’art.

 

Un ouvrage accessible (ce qui, en ce qui concerne les beaux livres, est assez rare pour être souligné), original et passionnant, dont les courts chapitres permettent une lecture fractionnée, et dont le propos, sociologique plutôt que féministe, invite avant tout à penser autrement une histoire de l’art dont on a jusqu’à présent tenu la masculinité pour acquise.

 

S’il était avéré que c’étaient les femmes préhistoriques qui ont peint les cavernes, si l’idée était admise depuis longtemps par nos sociétés, quel serait l’état du monde aujourd’hui ?

 

Éditions Max Milo, octobre 2014, 179 pages, 29 euros

 

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