Pourquoi écrivez-vous, Virginia Bart ?

Virginia Bart

Virginia Bart est née et vit à Sète. Elle travaille dans la presse et l’édition. Elle est l’auteur de deux romans : L’homme qui m’a donné la vie (2010) et Le meilleur du monde, publiés aux éditions chez Buchet/Chastel.

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 Photo (c) Laetitia Prieur

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Pourquoi écrivez-vous ?

J’écris parce que le réel ne suffit pas ou du moins ne ME suffit pas. La littérature, le roman c’est la possibilité de recréer de la vie, de raconter autrement ce qui a été, d’en faire plus qu’une histoire, une légende. Ecrire pour moi c’est dépasser la trivialité de l’existence, donner de la transcendance, du merveilleux à ce qui n’en a pas forcément.

 

BartJ’écris surtout pour explorer le rapport entre la norme et la marge, pour dire qu’on n’a pas forcément besoin de se conformer aux diktats familiaux et sociaux pour se sentir bien. J’aime mettre en scène dans mes romans des personnages sacrifiés, écrasés, déphasés, figures volontairement ou non exilées de l’échiquier social traditionnel mais très solaires et pleinement vivantes, des personnages qui nous proposent une autre façon de vivre et de penser comme le fait Daniel avec sa fille Valérie dans « L’homme qui m’a donné la vie » (Buchet Chastel 2010) ou Christophe avec Jeanne dans « Le meilleur du monde ».

 

J’ai toujours écrit. Des journaux, des nouvelles quand j’étais adolescente. Puis après mes études je suis devenue journaliste au Progrès de Lyon, puis à Marianne notamment. Là, je me suis vraiment décomplexée face à l’écriture qui est devenue quelque chose de quotidien et de familier. Mais il m’a fallu encore quelques années pour oser franchir le pas du livre et de la fiction. Si l’écriture journalistique est une technique que l’on peut apprendre, l’écriture romanesque, elle, reste une invention personnelle.

 

Si je n’écrivais pas, je ferais probablement partie d’un groupe de rock car la musique est l’autre passion de ma vie depuis que dans ma jeunesse j’ai découvert le Velvet Underground, les Stooges, les Doors, Hendrix, le punk, puis l’indie rock des années 90, les Pixies, Sonic Youth, Dinosaur Jr, etc. La musique et surtout le rock sait faire passer de manière très directe des émotions simples et fortes. Mais c’est l’écriture qui est devenue mon moyen d’expression privilégié. Et aujourd’hui, je sais que j’écrirai toujours : des livres mais aussi des articles car j’aime toujours autant la presse malgré la crise qu’elle traverse.

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Lire, lire et lire. Je suis convaincue qu’il est impossible de devenir auteur sans se confronter aux écrivains qui nous ont précédés. Puis les oublier, essayer de développer son style, de trouver sa propre voix, oser aussi s’approprier les sujets universels. Si j’ai attendu d’avoir presque quarante ans pour signer mon premier roman c’est en partie parce que j’étais gênée de marcher dans les traces de Flaubert, Maupassant ou Camus. Je me disais : « Ils ont écrit tant de choses lumineuses, brillantes, bouleversantes, magnifiques à quoi bon dire le monde et les sentiments après eux ? ». Il faut donc s’autoriser à faire entendre ses mots et à les partager.

 

 

 

Précédent rendez-vous : Claire Berest

Prochain rendez-vous : Emmanuelle Allibert

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