Du soleil sur la joue, Marilyn Sachs

Du soleilPrésentation de l’éditeur :

Comment grandit une petite fille entre enfance et adolescence, entre huit et treize ans… en temps de guerre. L’histoire de Nicole est une histoire vraie.

Nicole vit une enfance joyeuse entre sa petite sœur et ses parents, dans la ville d’Aix-les-Bains. En 1939, Nicole n’a pas encore onze ans quand elle voit son père partir à la guerre. Tout commence à changer autour d’elle… Comment Nicole fera-t-elle face aux dangers qui les menacent, elle et les siens ?

 

 

Au seuil de l’adolescence, il s’est trouvé une période où, en dehors des lectures scolaires obligatoires, je ne lisais que des livres se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale. Parmi eux, Du soleil sur la joue est celui qui m’a le plus marquée.

Le relire vingt ans plus tard, après avoir rencontré des survivants de la guerre et écrit Max et les poissons, est une expérience étonnante, mélange d’inédit et d’immense familiarité.

 

Il y a vingt ans, j’ai été bouleversée par le drame, celui qui termine le roman, rebondissement qui agit comme une justification de la tension qui sous-tend tout le livre. Dans mon souvenir, ce drame était central. Vingt ans plus tard, je (re)découvre que plus qu’un roman du drame, Du soleil sur la joue est un roman d’avant le drame. C’est un roman de la vie heureuse, joyeuse, rieuse en temps de guerre, malgré les privations et les pénuries de nourriture ou de laine. Un roman de la découvert de sa judaïté par les autres – la famille de Nicole Nieman n’est pas pratiquante. Un roman qui dit le quotidien, l’école, les amitiés et les haines fondées sur les points communs ou les différences, la fraternité, les questionnements adolescents, un roman qui raconte la famille qui accueille Nicole et sa petite sœur quand ses parents doivent courir les marchés de la région pour vendre leur marchandise.

 

L’émotion est intacte. Les images n’ont pas changé.

En termes d’orthotypographie cependant, j’ai noté qu’en 1980, on écrivait le substantif juif sans majuscule ; en 2015 – j’ai assez abordé ce point avec les correcteurs de Max et les poissons – l’on met une majuscule lorsque ce même substantif est employé relativement à la Shoah.

 

Ce roman est toujours aussi fort, le langage très daté ajoute à la dimension de témoignage historique, et Nicole reste ce personnage inoubliable qui vit depuis longtemps dans mon souvenir. Sauf que depuis j’ai appris mille choses sur ce qu’elle traverse, j’ai aussi vu Drancy, Auschwitz et Birkenau, le bout de la route, et mon regard à moi a changé, grandi.

Je n’avais pas retenu, cependant, qu’il s’agissait d’une histoire vraie. Cela rend d’autant plus intéressante cette nouvelle lecture.

 

« Tant que les humains peuvent se raccrocher à un espoir,

ils peuvent survivre au pire. » 

 

A partir de 9 ans

Traduit de l’américain par Rose-Marie Vassallo

Castor Poche Flammarion, 1980, 224 pages

 

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

Max et les poissons

Tous les romans jeunesse

.

Publicités

Une réflexion sur “Du soleil sur la joue, Marilyn Sachs

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s