La gaieté, Justine Lévy

La gaietéPrésentation de l’éditeur :

« C’est le paradis, c’est mon paradis, je ne sais plus rien de la politique, des livres qui paraissent, des films, des projets de Pablo, de l’autre vie, la leur, c’est comme un jeûne, une ascèse puéricultrice, c’est comme si j’avais été opérée de ma vie d’avant, je ne sais pas si ça reviendra, je ne sais même pas si je le souhaite, j’adore cette nouvelle vie de mère de famille un peu débile mais résignée, les jours cousus les uns aux autres par l’habitude et la routine, je me voue tout entière à mes enfants, je les tiens fort dans mes bras, je les tiens fort par la main, et bien sûr qu’eux aussi me tiennent et qu’ils m’empêchent de tomber, de vriller, bien sûr qu’eux aussi me rassurent, me comblent, me protègent et me procurent cette joie bizarre, assez proche de la tristesse peut-être, parce que je vois bien que ce n’est plus seulement de l’amour, ça, au fond, c’est de l’anéantissement. »

 

 

« On ne vient pas sur terre vierge et pur et vide, avec tout à apprendre et tout à faire. On n’est pas une page blanche. On porte la mémoire de sa famille, on trimballe ses paquets de problèmes et de névroses. En naissant, bien sûr, on a tout oublié. Mais tout est là, en nous. »

Louise aimerait n’être pas hantée par ses démons, ceux de son enfance en particulier. Depuis qu’elle est mère, deux fois mère, elle ne veut plus de cet état. Pas question d’être une maman malheureuse, puisque « une maman malheureuse vous refile toujours un bout de son malheur ». Louise décide de rompre la chaîne de la tristesse, de bloquer la transmission, d’appeler la gaieté, de s’y réfugier et d’en faire l’environnement de ses enfants.

 

Mais ce n’est pas si simple. Le chagrin ne disparaît pas quand il s’en va. La tristesse est pour Louise comme un point de côté permanent.

 

Avec des mots simples, des images fortes et des phrases longues, produit d’un emballement de l’esprit que le lecteur voudrait ne jamais arrêter tant il est délicieux à lire, Justine Lévy raconte les efforts, la volonté et la détermination, que côtoient la sensation récurrente, sinon constante, d’être à côté de soi-même, et les ombres du passé. Elle raconte les digues qui cèdent et « les éclats de mémoire qui explosent comme des vieilles grenades, soixante-dix ans après, sur les plages de Normandie. »

 

Dans ce roman de la maturité, Justine Lévy démontre fort joliment qu’on a toujours la possibilité de cesser d’exhumer le passé, de cesser de raviver les douleurs, et de choisir la vie.

 

 

Editions Stock, janvier 2015, 216 pages, 18 euros

 

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Eclats de gaieté :

 

« C’est quand je suis tombée enceinte que j’ai décidé d’arrêter d’être triste, définitivement, et par tous les moyens. » (page 7)

 

« La vie est urgente. » (page 11)

 

« Pour aimer être libre il faut du désir, de l’ambition, le goût des actes et du risque. » (page 13)

 

« Avec un enfant on ne peut plus se permettre d’être triste, un point c’est tout. » (page 20)

 

« Papamaman, mamanpapa, voilà comment on rate sa vie, à vouloir toujours ménager papamaman. » (page 30)

 

« Comment voit-on le monde avec des yeux si clairs ? Est-ce que tout est plus beau ? plus bleu ? » (page 38)

 

« La nostalgie est l’arme des faibles. » (page 40)

 

« C’est pour ça qu’on élève des enfants, pour qu’ils puissent un jour se passer de vous. » (page 41)

 

« Il y a des gens qui pensent que ça fait mûrir, d’avoir des enfants, moi je trouve que ça vous met surtout face à votre propre enfance, tiens prends ça dans la gueule. » (page 45)

 

« Je voudrais les couvrir de joie mais je ne sais les couvrir que de jouets. » (page 46)

 

« Il n’y a que les très belles femmes qui peuvent se passer de sourire. » (page 52)

 

« Pablo me dit que je suis forte, je n’ai pas encore bien repéré ce qui lui fait dire ça. » (page 75)

 

« Le chagrin ne disparaît pas quand il s’en va. » (page 82)

 

« On ne vient pas sur terre vierge et pur et vide, avec tout à apprendre et tout à faire. On n’est pas une page blanche. On porte la mémoire de sa famille, on trimballe ses paquets de problèmes et de névroses. En naissant, bien sûr, on a tout oublié. Mais tout est là, en nous. » (page 115)

 

« les éclats de mémoire qui explosent comme des vieilles grenades, soixante-dix ans après, sur les plages de Normandie. » (page 116)

 

« J’ai toujours tout fait pour cadenasser les portes de la tristesse. » (page 119)

 

« Je veux pour eux toutes les joies que je n’ai pas eues. » (page 127)

 

« Le chagrin est patient. » (page 170)

 

« Comment ne transmettre que le bon, pas le mauvais, faire le tri ? » (page 173)

 

« Quand on peut rire de soi on est sauvé. » (page 213)

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