Le facteur émotif, Denis Thériault

Présentation de l’éditeur :

 

ob_2d6dd1_facteur-emotifBilodo a vingt-sept ans, il est facteur et mène une existence tranquille. À l’ère des mails et des téléphones portables, il n’a plus souvent l’occasion d’acheminer une lettre personnelle. Alors, quand il en trouve une dans le flot de courriers administratifs et de publicités, il lui fait faire un petit détour et, le soir venu, ouvre l’enveloppe à la vapeur pour en découvrir le contenu. Sagement, le lendemain, il la remet à son destinataire.

Son petit vice va le conduire à faire la rencontre épistolaire de Ségolène, qui écrit régulièrement de beaux haïkus à un certain Gaston Grandpré. Tandis que son amour pour la belle grandit à l’abri du réel, un étrange coup du sort va lui offrir une opportunité providentielle. Mais le destin ne favorise que les audacieux. Bilodo va devoir devenir poète et abandonner tout espoir de tranquillité, en laissant entrer dans sa vie l’intrigue et le sentiment.

 

 

Bilodo est un facteur indiscret. Déçu par les lettres qu’il s’est adressé à lui-même, il a commencé à lire celles des autres et à vivre par procuration. Découvrant la correspondance entre Grandpré, un de ses voisins de quartier, et Ségolène, qui vit à la Guadeloupe, il se passionne pour le haïku, cette forme poétique qui « vise la juxtaposition de l’immuable et de l’éphémère »qui nourrit leurs échanges.

 

« Etre une grenouille

et respirer par la peau

meilleur des deux mondes » 

 

Grandpré disparu, Bilodo va se glisser dans sa vie, dans son kimono, dans sa peau… Passant du haïku au tanka, il poursuit la correspondance avec Ségolène. Mais se faire passer pour un autre est un jeu dangereux…

 

Si l’écriture est le reflet de l’âme, que dit-elle de ce facteur qui s’est imprégné de la personnalité d’un autre ? Ce court roman captivant est une fable, un conte qui, en écho à la poésie japonaise, mêle le contemporain et l’éternel amoureux, le quotidien et le mythe. Une délicieuse découverte, une friandise truffée d’haïkus, qui met le fantasme né de l’épistolaire à l’épreuve de la réalité.

Et si tout n’était qu’un éternel recommencement ?

 

 

Editions Anne Carrière, avril 2015, 176 pages, 16 euros

 

 

Bribes :

 

« Un simple facteur pouvait-il s’improviser poète ? Attendait-on d’une autruche qu’elle se mette à jouer du banjo ? Un escargot faisait-il de la bicyclette ? » (page 32)

 

« La poésie n’était-elle au fond qu’une affaire d’estomac ? » (page 78)

 

« On ne saurait planer à jamais. » (page 147)

 

« Existe-t-il réellement une possibilité de vie après la mort ou, mieux encore, avant ? » (page 162)

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3 réflexions sur “Le facteur émotif, Denis Thériault

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