Les frangines, Denis Soula

Présentation de l’éditeur :

franginesLes frangines, l’histoire de deux sœurs que tout semble opposer mais qui s’aiment de façon inconditionnelle. La première joue aux cartes dans des casinos ou des clubs, elle vit la nuit et mène une existence en marge. La seconde est une mère de famille célibataire qui travaille d’arrache-pied pour subvenir aux besoins de ses enfants.

Longtemps séparées par la vie et les hommes qui passent, elles se retrouvent un jour et partagent enfin les difficultés, la fuite du temps et les bonheurs liés au sentiment que chaque événement doit se vivre comme un moment unique. Mais quelque chose d’imprévu va chambouler leur vie à jamais.

Ce court roman de Denis Soula est à la fois rigoureux et inventif. L’écriture, sans apprêt, est soutenue par une émotion palpable, au plus près de ses personnages.

Il y a Pascale, qui vit la nuit, pour qui « la nuit est pleine de billets », un moyen de fuir son ombre aussi. Malgré ses tentatives pour se guérir de la nuit, la nuit la rattrape toujours. Car l’avantage de la nuit, c’est qu’elle permet d’oublier que la vie existe.

Il y a Françoise, mère célibataire de deux enfants, dont l’usine est délocalisée à l’est. Elle part. Sa sœur reste chez elle avec ses enfants, prenant sa place et devenant une mère de substitution. Mais une ombre plane…

Jeunes, ensemble, elles ont été invincibles. Mais l’invincibilité résiste difficilement au temps et à la vie. Ce sont ces petites choses impalpables, le temps qui passe, la vie qui fuit, le fossé qui se creuse, que fait apparaître sans les décrire Denis Soula dans ce bref roman, qui est aussi un certain hommage à ces individus, hommes ou femmes, qui aux jours préfèrent les nuits.

Editions Joëlle Losfeld, mai 2015, 120 pages, 14,50 €

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Fragments :

« La nuit est pleine de billets. » (page 27)

« Les cartes sont égoïstes, trahir rapporte plus que coopérer. » (page 54)

« La nuit est un leurre. » (page 57)

« Ils pensent qu’ils sont à égalité parce qu’ils disposent tous du même nombre de jetons. » (page 57)

« A son âge, tout est ouvert. Puis viennent les règles et le monde se rétrécit. » (page 67)

« C’est tellement improbable et compliqué de trouver l’homme de sa vie. » (page 80)

« J’ai laissé les nuits continuer sans moi. » (page 87)

« Le jeu est une course de fond, il faut pouvoir avaler les heures sans dormir comme des kilomètres au milieu de la forêt. «  (page 87)

« A un haut niveau de mise, les cartes sont un jeu pour déséquilibrés. » (page 98)

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