Lève-toi et charme, Clément Bénech

Présentation de l’éditeur :

Leve-toi-et-charme-de-Clement-Benech-Flammarion_reference2Trop distrait par sa vie parisienne et sa petite amie Annabelle, un étudiant s’exile à Berlin pour finir sa thèse. Très vite, il se montre réceptif à tout ce qui peut différer le moment de s’adonner à la tâche. S’en remettant au hasard et au désir, notre jeune héros prend la vie comme elle vient, persuadé qu’il finit toujours par se passer quelque chose. Et, effectivement, grâce à son chat et à une laverie automatique, il va rencontrer Dora. « Pour se déplacer en ville, elle utilisait la marche. Pour tout le reste, Dora était invivable. » Il cherchera à aller plus loin que ce déroutant constat, quitte à troubler sa relation avec Annabelle.

Clément Bénech, avec ce deuxième livre, a écrit un singulier roman d’apprentissage, où les atermoiements amoureux et les déboires de la vie adulte ne sont pas des rites de passage mais plutôt des expériences parmi d’autres. Ce qui compte, c’est de rester curieux et de toujours se dire « Lève-toi et charme ». Et le charme opère.

Étudiant en géographie, peinant à avancer sur sa thèse, le narrateur, sur les conseils de son directeur, s’envole pour Berlin, une ville « où l’on croise l’histoire à chaque coin de rue ». Là, il fait la connaissance de Dora, jeune demoiselle invivable mais attachante, qui invente sa vie et s’immisce, doucement mais sûrement, dans la sienne. Ensemble, ils passent des moments hors du temps, improbables, mais qui font pourtant bien partie de la vie terrestre.

On retrouve dans ce deuxième roman de Clément Bénech le flegme et la désinvolture qui faisaient déjà le charme de son premier, L’été slovène. L’auteur a le bon goût, par rapport au précédent livre, d’économiser les jeux de mots et de saupoudrer ses lignes de davantage de sensibilité. Se glissent parfois, entre les paragraphes, des photographies, des schémas, des tentatives de dessins, qui ajoutent à la grâce (une forme de) qui enveloppe le texte.

Cette émotion et cette fantaisie concourent au charme et à la fraîcheur de l’ensemble, qui respire la jeunesse et la légèreté, dans un Berlin verdoyant. On s’en délecte – et on attend le prochain opus.

Flammarion, mars 2015, 176 pages, 16 euros

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L’été slovène

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Extraits :

« Il arrive ainsi que quelques mots de notre lecture du soir parviennent à traverser la nuit, pour revenir émerger sur nos lèvres le lendemain matin. » (page 41)

« Nadine aurait été capable de revendiquer son groupe sanguin. » (page 46)

« Habiter dans la même ville que Dora, c’est renoncer à faire des plans pour la journée. » (page 82)

« On oublie trop souvent que tout glisse sur le corps humain. » (page 96)

« L’amour est la seule denrée qui ne se négocie qu’une fois épuisée. » (page 116)

« Le problème de la nostalgie, c’est qu’elle est intransmissible. » (page 161)

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