Splendeurs et misères de l’aspirant écrivain, Jean-Baptiste Gendarme

Présentation de l’éditeur :

splendeurs et miseresDu désir d’écrire à la parution du premier roman, ce livre révèle et décrypte tous les us et coutumes de la chose littéraire. Témoignages d’écrivains et d’éditeurs à l’appui, ces vingt-sept chapitres sont autant de cailloux blancs pour éviter les pièges et trouver son chemin à travers le monde des lettres.
Jean-Baptiste Gendarme accompagne avec humour et impertinence l’aspirant écrivain dans le singulier marathon qui mène à la publication d’un livre.

Ce petit livre n’est pas tant un guide pratique qu’un recueil de propos censés et d’expériences éloquentes quant à l’écriture, la publication et autres petits drames de la vie littéraire. Une compilation de bon sens qui devrait figurer en annexe de tout contrat d’édition, voire de toute lettre de refus, qu’elle soit type ou (puisque cela existe) personnalisée.

Où l’on a confirmation que l’attente de la réponse, après l’envoi d’un manuscrit, est « la partie la plus sombre de son existence, ce qui empêche toute forme de vie sociale, professionnelle et littéraire » ;
Où l’on apprend que Jean-Philippe Blondel a essuyé 236 lettres de refus (en seize ans) avant de voir son premier roman publié ;
Que les grands éditeurs parisiens reçoivent entre 3 000 et 6 000 manuscrits chaque année ;
Qu’en 1992, Le Figaro littéraire a envoyé un manuscrit de Marguerite Duras à Gallimard, P.O.L. et Minuit, ses trois éditeurs, qui l’ont tous trois refusé ;
Que « ceux qui ont pratiqué un sport de combat ou un art martial seront grandement avantagés » dans la promotion d’un livre ;
Que le fameux « droit de retour » des libraires est une invention de Louis Hachette et date du XIXème siècle ;
Qu’on compte en France près de mille prix littéraires ;
Que la vie mondaine littéraire n’est ni nécessaire ni obligatoire, et que l’on peut tout à fait « restreindre à l’occupation d’écrire le métier d’écrivain » (Fernand Divoire) ;
Que la critique littéraire engendre, tôt ou tard, la complaisance ;
Que nombre d’écrivains dont la renommée n’est plus à faire ont dans leur tiroir des dizaines de manuscrits refusés ;
Que seulement 2 % des écrivains vivent de leurs livres et seulement de leurs livres ;
Et que le livre n’est pas une fin en soi.

« Cher jeune auteur, nous avons le regret de vous annoncer que la publication de votre livre ne va rien changer à votre vie. »

Un petit livre drôle et plein d’esprit, pour se sentir moins seul, ne pas se décourager et relativiser : rien n’est grave, tout ceci n’est que de la littérature. Les illusions perdues, il n’y a plus qu’à se remettre au travail.

Flammarion, 2014, 178 pages, 13 euros

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

La politesse, François Bégaudeau

Hommage de l’auteur absent de Paris, Emmanuelle Allibert

Tu seras écrivain mon fils, François Bégaudeau

Écrivain (en 10 leçons), Philippe Ségur

Petits bonheurs de l’édition, Bruno Migdal

Première ligne, Jean-Marie Laclavetine

Discrétion assurée, Marie-Odile Beauvais

Petites phrases :

« Lire c’est bien, mais bien lire c’est mieux. » (page 18)

« Ecrire est un besoin féroce, tragique, chez tous les écrivains et souvent davantage chez les mauvais que chez les bons. » (Raymond Queneau, cité page 34)

« Avant d’envoyer votre manuscrit, si vous avez quelques amis dans le milieu littéraire, on vous conseille de vous brouiller avec eux. » (page 42)

« L’activité principale d’un éditeur n’est pas de publier, mais de refuser de publier. » (page 53)

« Cher jeune auteur, nous avons le regret de vous annoncer que la publication de votre livre ne va rien changer à votre vie. » (page 62)

« Un article n’a jamais fait vendre un livre. » (page 103)

« L’écrivain est comme un nageur de 1 000 mètres dans sa ligne : il se croit seul dans la piscine alors qu’autour de lui d’autres nageurs enchaînent brasse coulée et papillon crawlé. » (page 105)

« La plupart des livres à succès ne doivent rien à la littérature. » (Jean Carrière, cité page 108)

« Les légendes ne naissent pas par enchantement ; elles se bâtissent. » (page 143)

« Publier son deuxième roman s’avère plus difficile que le premier. » (page 148)

« Ecrire est une longue patience. » (Albert Cossery, cité page 154)

« Ecrire, ça veut dire se retirer du monde, être replié dans un non-lieu où la vie n’a plus cours, avec à la clé cette croyance qu’il peut y avoir quelque chose de mieux que la vie. » (Bayon, cité pages 154-155)

« Ecrire est un travail d’artisan. » (Françoise Sagan, citée page 157)

« Je ne peux rester au travail pendant des journées complètes que quand le livre va vers sa fin, quand il m’intimide moins, quand je me sens plus proche de lui. » (Jean Echenoz, cité page 159)

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9 réflexions sur “Splendeurs et misères de l’aspirant écrivain, Jean-Baptiste Gendarme

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