Nos vies désaccordées, Gaëlle Josse

nos-vies-d-saccord-es_9782746731448Présentation de l’éditeur :

« Avec Sophie, j’ai tout reçu, et tout perdu. Je me suis cru invincible. Je nous ai crus invincibles. Jamais je n’ai été aussi désarmé qu’aujourd’hui, ni plus serein peut-être. »
François Vallier, jeune pianiste célèbre, découvre un jour que Sophie, qu’il a aimée passionnément puis abandonnée dans des circonstances dramatiques, est internée depuis plusieurs années. Il quitte tout pour la retrouver.
Confronté à un univers inconnu, il va devoir se dépouiller de son personnage, se regarder en face. Dans ce temps suspendu, il va revivre son histoire avec Sophie, une artiste fragile et imprévisible, jusqu’au basculement.
La musique de nos vies parfois nous échappe. Comment la retrouver ?

J’attendais (j’espérais ?) un coup de cœur, il n’est pas venu. Preuve qu’on ne décide pas de l’effet que les livres ont sur soi.

De cette lecture me reste surtout une collection de jolies phrases – on a fait pire souvenir.

« Sait-on réellement ce que l’on donne ? » (page 8)

« Il faut savoir apprécier cette minuscule et intense satisfaction de situer un amer dans un espace inconnu, de croire un instant que l’on a toujours vécu là, simplement parce qu’en deux jours on est entré trois fois dans le même café. » (page 34)

« On croit la passion intacte, mais qu’en est-il lorsqu’elle se déplie sur trois ou quatre années d’agenda, entre des aéroports, des chambres d’hôtel, des cocktails, des valises et des taxis, des studios d’enregistrement, des loges et des salles de concert ? » (page 35)

« Donner un récital, c’est aller chercher chacun, sur chaque note, au fond de son fauteuil. » (page 35)

« Le talent est une chose, la chance en est une autre, et leur rencontre aléatoire. » (page 36)

« L’ennui réside dans une absence d’attente, de tension, de désir. » (page 50)

« Je crois appartenir à la confrérie de ceux qui regardent par-dessus leur épaule lorsqu’on s’avance dans leur direction avec un bouquet de fleurs. » (page 66)

« Elle m’a enfin regardé. Le moment qui a suivi appartient à mes heures éblouies. » (page 68)

« J’étais jaloux. […] Le moindre geste envers autrui me dépossédait d’une présence dont je n’étais jamais rassasié. J’aurais voulu la soustraire aux yeux du monde. » (page 72)

« Par la musique, je remplissais ses jours et ses heures, chaque note comme un infime maillon d’une chaîne dont je ne savais si elle l’aidait à vivre ou l’en empêchait. » (page 98)

« On m’a trouvé la grâce, la puissance, l’intériorité. Je ne sais pas comment je joue. Je joue, c’est tout. Je suis heureux que cela touche d’autres cœurs. » (page 112)

« Ensemble ils apprennent qu’il y a des larmes sans partage possible, et que rien n’est juste. » (page 113)

Editions Autrement, mars 2012, 13 euros

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