L’enfant sans étoile, Raphaël Delpard

Présentation de l’éditeur :

L enfant sans etoileMai 1943. Louise Leblanc, habitante de Parigné-l’Évêque, village de la Sarthe, accepte d’héberger un orphelin de six ans, rescapé du camp de Gurs. L’enfant, qui semble traumatisé, ne se rappelle rien, pas même son prénom.
Néanmoins, Louise l’élève comme son propre fils, et le garçon, prénommé Jean, parvient à se faire peu à peu accepter par la communauté. Tant est si bien que, s’acclimatant à son nouvel environnement, il commence à retrouver progressivement quelques fragments de sa mémoire…
Pourtant, quelque temps après, Louise apprend qu’on l’a dénoncée auprès de la gendarmerie. Le village se divise alors entre ceux qui choisissent d’être solidaires, et ceux qui dissimulent leur complicité… Mais c’est surtout pour Louise et Jean le début d’une course contre la montre

 

Ce que signifie grandir en tant qu’enfant caché, Raphaël Delpard le sait : lui-même était enfant lorsque ses parents, résistants, ont été enlevés par la Gestapo. Il a été recueilli par une seconde famille qui l’a élevé.

Dans la Sarthe, où se déroule l’action de L’enfant sans étoile, ce sont plus de 700 enfants, répartis dans 17 communes et 22 hameaux, qui ont vécu dans la clandestinité pendant quatre ans.

Ce roman est le récit de l’intégration de l’un d’eux, à qui l’on attribue ne nom de Jean Leblanc, dans le petit village de Parigné-l’Évêque où la curiosité des mauvaises langues et des potentiels délateurs n’a d’égal que la détermination des membres du réseau de la Résistance à protéger ces enfants qui n’ont rien demandé.

On est embarqué dans les tribulations de Jean, on partage ses angoisses et ses espoirs. Le récit est trépidant, l’écriture rythmée. Cette histoire d’enfant est bel et bien destinée aux adultes, qui connaissent les risques et les enjeux, et qui sont sensibles aux questions que se pose le jeune héros sans être en capacité de les formuler : comment grandir, lorsqu’on est un enfant du vide ? Comment se construire une identité, quand on n’a aucune idée de ses origines ?

Une très agréable lecture, pour un roman historiquement passionnant.

Archipoche, mars 2015 (et Calmann-Lévy, 2010), 288 pages, 7,65 euros

 

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Cinq extraits :

« Comment répondre à un nom qui n’est pas le sien ? Comment habiter une identité étrangère ? C’est mettre un costume trop large ou trop étroit, porter un chapeau de travers. Tout le monde voit bien que cela ne vous va pas. Un nom, c’est en apparence peu de chose, mais cette addition de lettre forme une musique unique. Il est faux de croire qu’on peut en changer facilement, que n’importe quelle suite de lettres peut faire l’affaire. Un nom est un signe dans le ciel, un rendez-vous permanent avec soi-même, un miroir tendu qui ne vous quitte pas, une balise par temps de brouillard. » (page 124)

« Que reste-t-il de l’enfance quand on devient adulte ? » (page 148)

« On ne choisit pas toujours le moyen qui vous fait revenir à la vie. » (page 205)

« Elle était devenue adulte sans cesser pour autant d’être une enfant, une adulte en permanence sur le qui-vive, une enfant en quête d’affection. » (page 225)

« Il y a une différence entre comprendre la nécessité du départ et le vivre. » (page 250)

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