Bellevue, Claire Berest

Présentation de l’éditeur :

BellevueAlma se réveille à quatre heures du matin. Dans un hôpital psychiatrique.

Deux jours plus tôt, elle fêtait ses trente ans. Écrivain prometteur, Alma est une jeune Parisienne ambitieuse qui vit avec Paul depuis plusieurs années ; tout lui sourit. Et, d’un coup, tout bascule. Son angoisse va l’emporter dans une errance aussi violente qu’incontrôlable et la soumettre à d’imprévisibles pulsions destructrices.

Que s’est-il passé pendant ces quarante-huit heures ?

 

Il y a la rencontre entre Alma, jeune femme malheureuse dans un couple dont elle n’arrive pas à sortir, qui se raccroche à sa mythologie – ce n’est pas suffisant – et l’écrivain Thomas B., animal « nourri malgré lui par sa notoriété ». Il y a l’alcool pour horizon, et Alma qui n’est plus Lire la suite

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Naître et grandir en musique

couv avec trancheNaître et grandir en musique – De la conception de l’enfant à son éveil musical paraît aujourd’hui dans toutes les bonnes librairies. C’est ma première collaboration avec Jean-Marie Leau, compositeur-interprète, auteur de nombreux génériques pour la télévision et le cinéma, qui a fondé l’ensemble vocal « Les voisins du dessus » et coécrit plusieurs contes musicaux, dont Sol en Cirque.

Jean-Marie, qui a enregistré avec Zazie, Alain Souchon, Francis Cabrel, Christophe ou Claude Nougaro, propose chaque mois dans le Magazine de la Santé une chronique sur la musique.

La musique est le plus fabuleux des médicaments.
C’est particulièrement vrai pour le bien-être des bébés et des enfants.
Savez-vous que l’on peut stimuler auditivement le fœtus dès le sixième mois de grossesse ? Que le chant permet de traverser la douleur des contractions lors de l’accouchement ? Qu’un bébé pleure dans sa langue maternelle ? Qu’un morceau choisi peut l’endormir à coup sûr ? Que la musique est la première fenêtre sur l’art pour un enfant ?
Assorti de témoignages de chanteuses, de musiciens, de médecins et de professionnels de l’accompagnement de la naissance, cet ouvrage est une mine de révélations et de conseils pratiques pour découvrir le pouvoir étonnant de la musique avant, pendant et après la naissance.

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Au nom d’Alexandre, Olivier Auroy

Présentation de l’éditeur :

Au-nom-dAlexandre_couverture1Alexandre exerce un métier qui n’a pas de nom : il crée des noms.
Dans sa vie, il a baptisé des parfums, des pâtisseries, des voitures, des missiles, et même le chien d’une milliardaire… On raconte aussi qu’il fut le conseiller particulier du pape dans sa quête d’identité.
Mais Alexandre est malade, et sent que sa fin est proche. L’apprenant, un éditeur intrigué par son étrange vocation demande une journaliste, de se rendre à son chevet pour qu’il lui dicte ses mémoires. Au fil de ce récit, la jeune femme découvre l’odyssée de cet amoureux des lettres, de ce génie des mots qui a tout nommé. Ou presque. En effet, elle repère quelques zones d’ombre dans ce parcours hors du commun. Intriguée autant que fascinée par Alexandre, elle est peu à peu taraudée par une question : est-il possible qu’Alexandre ait oublié de nommer l’essentiel ?

 

Ce roman est un voyage. Un voyage au pays Lire la suite

Venus d’ailleurs, Paola Pigani

Présentation de l’éditeur :

Wet Eye GlassesIls sont arrivés à Lyon au printemps 2001. Ils ont un peu plus de vingt ans et leur voyage ressemble à celui de milliers d’autres Kosovars qui fuient la guerre: le passage clandestin des frontières, les mois d’attente poisseux dans un centre de transit avant d’obtenir le statut de réfugié… Mirko et sa sœur Simona partagent la même histoire et pourtant leur désir de France n’est pas tout à fait le même. Son intégration, Simona veut l’arracher au culot et à la volonté. Alors elle s’obstine à apprivoiser les lois du labyrinthe administratif et les raffinements de la langue. Mirko est plus sauvage. Pour lui, le français reste à distance. Il travaille sur des chantiers avant de regagner la solitude d’un foyer anonyme. Souvent, il pousse jusqu’aux lisières de la ville où il laisse sur les murs des graffs rageurs. C’est dans ces marges qu’il rencontre Agathe et tisse le début d’un amour fragile.
Dans de brefs chapitres, Paola Pigani dépeint avec délicatesse chaque nuance de l’exil. En filigrane, la beauté de la ville, le hasard des rencontres, le goût amer de la nostalgie.

Mirko et Simona ont voulu la France. « Moi et Simona, c’est toujours la France dans notre vouloir », dit Mirko. Les voilà à Lyon, cette ville qui, « avec deux fleuves et deux gares, pouvait bien ressembler à un port. » Mirko travaille sur un chantier, autre lieu de transit, Simona défait les cartons et met en rayon dans un magasin de vêtements dégriffés.

« Moi, je me regarde dans le miroir de la France et je me trouve jolie. Les autres voient pas que je suis kosovare. Mon pays, il se tait. Là. »

Mais la vie est rude pour Lire la suite

Je ne lis pas d’auto édition

bodEnfin, le plus souvent.
Bien sûr, je l’ai déjà fait. Et plusieurs fois avec bonheur, dans des genres différents.
Mais les bons textes auto édités sont des aiguilles dans la botte de foin de la production globale. Et puis mon œil, qui souffre déjà trop des coquilles subsistant dans les textes relus et corrigés (combien de « grands » éditeurs sont passés de deux à un seul correcteur, ces dernières années ?), a du mal à supporter une relecture non professionnelle.
Par ailleurs, je sais quel rôle peut jouer Lire la suite

Le chœur des femmes, Martin Winckler

Quatrième de couverture :

Le choeur des femmes folioJe m’appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m’oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de « Médecine de la Femme », dirigée par un barbu mal dégrossi qui n’est même pas gynécologue, mais généraliste ! S’il s’imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu’est-ce qu’il croit ? Qu’il va m’enseigner mon métier ? J’ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas – et je ne veux pas – perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur cœur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu’elles pourraient m’apprendre.

 

Jean, la trentaine effrontée, débarque auprès d’un médecin vénéré de ses patientes. Mais là où elle pense « comme un homme », lui réagit « comme une femme » ; à moins que ce ne soit absolument pas une question de genre ?

Au travers du rapport entre ces deux personnages hauts en couleurs et inoubliables, Martin Winckler signe un grand roman des Lire la suite

Mariages de saison, Jean-Philippe Blondel

Présentation de l’éditeur :

Mariages de saisonJuillet 2013 en province. Comme chaque été, Corentin retrouve, au côté de son parrain, Yvan, son emploi saisonnier de vidéaste de mariage. Chargé d’accompagner les couples des premières heures de la journée la plus importante de leur vie jusqu’au matin suivant, il recueille leurs espoirs et leurs désillusions, leurs joies et leurs détresses, parfois. Mais à vingt-sept ans, il est temps de faire des choix, amoureux tout autant que professionnels. Corentin a devant lui cinq mariages et aucun enterrement pour trouver sa voie.

Analyse des sentiments, amertume et plaisir, empathie pour les personnages… On retrouve dans Mariages de saison tout ce qui fait le charme des romans de Jean-Philippe Blondel.

 

 

Prisonnier volontaire d’un job provisoire qui s’éternise, Corentin, chaque week-end en saison, filme des mariages. Des mariages qui sont des revanches, des cérémonies où s’étalent les rancœurs, des buffets chargés de jalousies, des tenues gansées d’hypocrisies. Corentin fait des films dans lesquels il remplace la réalité par une fiction acceptable, il est payé pour cela.

 

Son job fait naître dans son couple une faille que chaque absence élargit. Avec celle-là comme avec les autres. Car personne, au fond, n’a envie de vivre avec quelqu’un qui travaille le samedi et le dimanche.

Mais si Corentin a choisi la position d’observateur, n’est-ce pas pour mieux retarder Lire la suite

Eldorado, Laurent Gaudé

Présentation de l’éditeur :

EldoradoGardien de la citadelle Europe, le commandant Piracci navigue depuis vingt ans au large des côtes italiennes, afin d’intercepter les embarcations des émigrants clandestins. Mais plusieurs événements viennent ébranler sa foi en sa mission.
Dans le même temps, au Soudan, deux frères (bientôt séparés par le destin) s’apprêtent à entreprendre le dangereux voyage vers le continent de leurs rêves, l’Eldorado européen…
Parce qu’il n’y a pas de frontière que l’espérance ne puisse franchir, Laurent Gaudé fait résonner la voix de ceux qui, au prix de leurs illusions, leur identité et parfois leur vie, osent se mettre en chemin pour s’inventer une terre promise.

 

 

Il y a Piracci, commandant à qui la fonction confère sur la vie des hommes un pouvoir dont il ne veut plus, et qui rêve que brille dans ses yeux l’éclat de la volonté qu’il a si souvent lu dans les yeux des migrants. Au même moment, il y a deux frères partis du Soudan, Jamal, malade, et Soleiman, qui porte des espoirs doublés.

Mais que l’on soit migrant ou commandant, quitter sa vie n’est pas si simple, et il peut s’écouler un temps infini avant que celui qu’on a été nous paraisse étranger – si tant est que cela se produise jamais…

 

Gaudé parle des émigrants et nous fait nous demander quand on leur a enlevé leur préfixe. Il raconte l’enclave de Ceuta et les gestes que l’on fait pour se sauver soi plus que pour sauver l’autre, pour pouvoir se supporter en tant qu’homme pour la suite de sa vie, après la sauvagerie qui entoure les grilles. Et ce qu’on laisse de soi et de son âme en passant de l’autre côté…

Il convoque Massambalo, dieu fantasmé des émigrants, pour que les hommes aient quelque chose à quoi se raccrocher.

Il dit, aussi, ce qu’il advient quand l’esprit abdique, quand la vie se retire et qu’on ne vit plus pour rien. Ce qu’il advient quand on choisit l’évanouissement au monde. Ce qu’on fait pour tenter d’encore appartenir à l’humanité.

 

Un grand roman, à l’écriture qui coule avec précision, découpé en courts chapitres dans un rythme très cinématographique, auquel il reste à ajouter des images qui, hélas, appartiennent à notre réalité.

 

Actes Sud, 2006, 240 pages, 19 €

 

En chemin :

 

« Nous n’osons plus. Nous espérons. » (page 61)

 

« Les hommes, sur le dos bombé de la mer, ne sont rien. » (page 71)

 

« Je veux savoir qu’un d’entre nous a échappé à la laideur de ces vies gâchées. » (page 93)

 

« Aucune frontière ne vous laisse passer sereinement. Elles blessent toutes. » (page 99)

 

« Il était vide et plein de silence. » (page 119)

 

« Je suis parti il y a sept ans. Chaque kilomètre parcouru durant ces sept années m’empêche à jamais de rebrousser chemin. » (page 133)

 

« Les passeurs, en me prenant tout ce que j’avais, me condamnent au voyage. » (page 133)

 

« Ils ne peuvent plus rien atteindre en moi. » (page 138)

 

« On ne fait pas ce métier si c’est pour essayer de sauver ceux qu’on arrête. » (page 138)

 

« Quitter sa vie demande beaucoup d’obstination. » (page 140)

 

« Les hommes ne sont décidément beaux que des décisions qu’ils prennent. » (page 141)

 

« Dans combien de vies peut-on être soi-même ? Dans combien d’existences qui n’ont rien à voir les unes avec les autres et sont peut-être même parfaitement antinomiques ? » (page 143)

 

« Nous sommes des hommes fatigués qui ne peuvent plus dormir. » (page 153)

 

« Le voyage impose ses épreuves et nous vieillissons à chacune d’elles. » (page 159)

 

« Une fois passés, nous ne pouvons plus être renvoyés. » (page 189)

 

« Il suffit d’un pied posé sur la terre derrière les barbelés, un petit pied pour connaître la liberté. » (page 189)

 

« Nous nous en remettons à Dieu parce que nous savons que nous ne pouvons pas compter sur nous. » (page 193)

 

« Je n’ai réussi que parce que d’autres ont échoué. » (page 223)

 

« Nous ne laissons rien derrière nous, qu’un manteau lourd de pauvreté. » (page 225)

 

« Il avait quasiment disparu de lui-même. » (page 230)

 

« Les hommes allaient peut-être continuer à mourir en mer, mais cela ne dépendait plus de lui. » (page 232)

 

« Il n’est pas de mer que l’homme ne puisse traverser. » (page 237)