Traité du débutant, Jean Prévost

Présentation de l’éditeur :

Traité du débutantDans une édition de 1929, on pouvait lire en postface aux Conseils aux jeunes littérateurs de Charles Baudelaire, un Traité du débutant signé Jean Prévost. L’auteur, pourtant jeune, a déjà une bonne connaissance du milieu des Lettres. Inspiré par les maîtres à penser que furent pour lui Montaigne et Stendhal, fort de son expérience, il conçoit ici un petit exercice de style, drôle et très moderne. Adoptant un ton délibérément ironique, il distille, comme l’a fait Baudelaire, ses conseils en de brefs avertissements. Jean Prévost a déjà beaucoup écrit, bien vécu, et il adresse ses propos illustrés d’anecdotes et de références aux amoureux de l’écriture, de la littérature, de la vie. Car si ce traité, est un guide du savoir écrire, il est aussi un guide du savoir vivre : « Pour réussir une belle œuvre, ce n’est point à l’œuvre qu’il faut se consacrer exclusivement, c’est à soi-même. »

Une friandise, voilà ce qu’est ce petit Traité. Jean Prévost y évoque la vanité des auteurs Lire la suite

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Télé Bertille : Dans la cour de mon école, Sylvain Victor

Tele Bertille 3Bertille a 5 ans. Elle va à la médiathèque. Chaque jeudi, elle présente une découverte qu’elle a aimée ; chaque samedi, on la retrouve ici.

Il n’est jamais trop tôt pour partager ses passions.

 

 

Dans la cour de mon école, de Sylvain Victor, éditions Thierry Magnier, 2009

 

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Ce que j’appelle jaune, Marie Simon

Présentation de l’éditeur :

 

JauneUn enfant à naître, omniscient et audacieux, s’adresse à sa mère. Il a décidé de sa propre conception, et compte bien modifier le cours des choses et la vie de celle qui le porte. Pour la jeune femme qu’il a élue, aux prises avec une enfance douloureuse et des déceptions récurrentes, cette grossesse provoque une onde de choc. Mais l’enfant-surprise est intrépide, et depuis le ventre qui l’abrite, il crée la mère à son image.

La détermination, la (re)naissance et l’espoir sont les motifs de ce voyage immobile  : la venue au monde du fils engendre la libération de la mère et ce sont deux êtres qui verront le jour ensemble. Ce que j’appelle jaune devient alors métaphore du processus d’écriture  : le bébé anime la mère comme le verbe donne naissance à l’écrivain.

 

 

Depuis son cocon silencieux, depuis sa quasi-immobilité aqueuse, depuis ce ventre qui est « [sa] première cabane et [son] livre d’histoires », un bébé s’adresse à celle qui le porte. Le bébé est un petit garçon. Il a attendu des années pour être « simplement envisagé par elle » ; désormais, il sait que rien ne lui sera impossible.

Dans les lumières et les couleurs qu’il perçoit, filtrées, aléatoires, il aime le jaune – ce qu’il appelle jaune. Ce jaune qui représente pour lui la beauté de la lumière du dehors.

 

La mère est un bateau fragile. L’enfant l’amarre. En même temps qu’il lui apprend la patience. Elle l’espérait mais ne l’attendait pas. Elle l’a laissé s’installer mais c’est lui qui l’a élue. Ce bébé est un trésor. Peut-être même qu’il va la sauver.

Car la femme qui porte ce bébé est d’une famille dans laquelle on ne sait pas être mère. Alors, avec l’enfant arrive la tranquillité.

 

Le lecteur assiste, fasciné, à ce voyage immobile. Dans une écriture nerveuse, parfois violente, Marie Simon relate, esquisse ou crache tout ce dont il faut se défaire pour pouvoir accoucher – donner la vie, dit-on sans bien savoir, de la mère et de l’enfant, qui la donne à qui.

C’est une grossesse racontée de l’intérieur par un être sans visage, sans voix, qui rapporte le plus grand mystère depuis la nuit des temps – qui n’est peut-être pas celui qu’on croit.

 

Et, au fil des pages, l’enfant fait naître la mère.

 

En filigrane plane Peter Handke, dont je ne résiste pas à partager à nouveau ce passage fétiche extrait de Par les villages :

Joue le jeu. Menace le travail encore plus. Ne sois pas le personnage principal. Cherche la confrontation. Mais n’aie pas d’intention. Évite les arrière-pensées. Ne tais rien. Sois doux et fort. Sois malin, interviens et méprise la victoire. N’observe pas, n’examine pas, mais reste prêt pour les signes, vigilant. Sois ébranlable. Montre tes yeux, entraîne les autres dans ce qui est profond, prends soin de l’espace et considère chacun dans son image. Ne décide qu’enthousiasmé. Échoue avec tranquillité. Surtout aie du temps et fait des détours. Laisse-toi distraire. Mets-toi pour ainsi dire en congé. Ne néglige la voix d’aucun arbre, d’aucune eau. Entre où tu as envie et accorde-toi le soleil. Oublie ta famille, donne des forces aux inconnus, penche-toi sur les détails, pars où il n’y a personne, fous-toi du drame du destin, dédaigne le malheur, apaise le conflit de ton rire. Mets-toi dans tes couleurs, sois dans ton droit, et que le bruit des feuilles deviennent doux. Passe par les villages, je te suis.

 

Éditions Léo Scheer, janvier 2016, 204 pages, 18 euros

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Échos :

 

« Je porte l’enfance ratée qu’elle a remisée pour que son corps accepte de m’accueillir. » (page 18)

 

« Une rivière, ça se remonte. » (page 20)

 

« S’entendre assez pour couvrir le brouhaha des autres. » (page 34)

 

« Une minute plus tôt elle n’était pas enceinte. » (page 49)

 

« Je suis une famille neuve. » (page 68)

 

« Nous n’avons pas besoin de renoncer à ce que nous sommes individuellement pour devenir une famille et un début de lignée. » (page 69)

 

« C’est le monde qui s’adapte à cet enfant, même s’il arrive après. » (page 87)

 

« Il y a des histoires dont on sait tout de suite qu’elles ne finiront pas bien. » (page 89)

 

« Il ne connaît pas la peur, dont il ne voit pas l’intérêt. » (page 120)

 

« La présence de l’enfant vers ce qu’elle ne veut pas voir et auquel elle rêvait d’accéder. » (page 122)

 

« L’enfant sera le message et elle le coursier. » (page 137)

 

« Ses rires sont nos secrets. » (page 145)

 

« Je défie la pluie, l’orage et ma naissance. » (page 158)

 

« Je serai la vague qui déborde et elle sera d’accord. » (page 168)

 

« Je l’ai choisie et elle m’a reconnu. » (page 196)

 

« L’aventure n’est pas d’être seul, non, l’aventure est d’être deux. » (page 197)

Télé Bertille : Adrien qui ne fait rien, Tony Ross

Tele Bertille 3Bertille a 5 ans. Elle va à la médiathèque. Chaque jeudi, elle présente une découverte qu’elle a aimée ; chaque samedi, on la retrouve ici.

Il n’est jamais trop tôt pour partager ses passions.

 

Adrien qui ne fait rien, de Tony Ross, Éditions Gallimard, 1986

 

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Télé Bertille 2 : Tandem, Séverine Vidal & Irène Bonacina

Je lis des services de presse et ça ne m’oblige à rien

sp - CopieJ’ai récemment raconté comment j’en étais venue à recevoir des ouvrages en service de presse, et évoqué le fait que cela ne me rapportait pas d’argent.
Je vais à présent parler de ma liberté de lectrice.
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Je tiens un blog depuis bientôt sept ans. Au fil du temps, j’ai donc commencé à recevoir des envois spontanés d’ouvrages en service de presse (avec une faute à mon nom une fois sur deux, mais ce n’est pas le sujet). Je me suis sentie obligée de lire les tous premiers, pour remercier, comme si je les avais demandés, puis les livres reçus sans sollicitation de ma part sont venus rejoindre ma pile à lire au même titre que ceux que j’achète.

Mon luxe, c’est désormais de pouvoir de temps en temps demander à recevoir Lire la suite

Je lis des services de presse et ça ne me rapporte pas d’argent

spIl y a quelques temps, j’ai parlé ici de ma liberté de lectrice dans un billet intitulé Je ne lis pas d’auto édition qui a fait couler beaucoup d’encre, déclenché nombre de réactions, de commentaires, de billets sur d’autres blogs (je ne parle pas du pic de visites sur le mien) et même incité un auteur auto édité à établir une « liste noire » de blogs et sites « qui font preuve de sectarisme intellectuel, en se cantonnant aux œuvres traditionnellement éditées » (liste hautement critiquée sur la toile, pour des raisons de fond comme de procédé).

 

Parmi les idées reçues autour des blogs littéraires, il y a celle selon laquelle les bloggueurs gagneraient des sommes folles en faisant commerce des livres qu’ils reçoivent de la part des maisons d’édition (voire directement des auteurs) qui espèrent une lecture et un article Lire la suite

Télé Bertille : Tandem, Séverine Vidal & Irène Bonacina

Tele Bertille 3Bertille a 5 ans. Elle va à la médiathèque. Chaque jeudi, elle présente une découverte qu’elle a aimée ; chaque samedi, on la retrouve ici.

Il n’est jamais trop tôt pour partager ses passions.

 

Tandem, de Séverine Vidal & Irène Bonacina, Éditions La joie de lire, 2015

 

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Télé Bertille 1 : Crin-Blanc, Albert Lamorisse

La vacation, Martin Winckler

Présentation de l’éditeur :

La vacation«Tout en surveillant les mouvements du rideau, tu rabats les feuillets et tu poses le dossier derrière toi sur la paillasse.
Tu attends, les bras croisés, le bassin calé contre le plan carrelé, et parfois avec un peu d’impatience, que la femme se soit dévêtue et qu’elle apparaisse enfin en longue chemise de nuit ou en robe légère.
– Venez, Madame.
Tu lui souris, tu fais deux pas dans sa direction ; tu l’invites à s’approcher.»

Bruno Sachs, médecin généraliste, pratique des avortements lors de vacations hebdomadaires dans un hôpital.

Le premier roman de Martin Winckler.

 

Avec l’aveuglement de sa jeunesse, les hésitations de sa petite expérience, les maladresses du manque de distance, ce jeune médecin raconte. A l’hôpital où il fait ses vacations, on est priés de déposer ses armes ses larmes à l’entrée Lire la suite

Pourquoi écrivez-vous, Géraldine Barbe ?

Barbe

Née à Montréal, Géraldine Barbe vit à Paris. Après avoir été comédienne, elle est désormais écrivain pour la jeunesse et les adultes, ainsi que traductrice. Elle a publié plusieurs romans pour adultes aux éditions Léo Scheer (dont Ne pleure pas, on se reverra) ainsi que des documents aux éditions Plein Jour. Elle publie désormais au Rouergue, à la fois en jeunesse et dans la brune.

Son dernier roman, Au feu, Gilda ! est paru en février 2016.

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© Philippe Matsas / Opale.

 

Pourquoi écrivez-vous ? Lire la suite