Pourquoi écrivez-vous, Géraldine Barbe ?

Barbe

Née à Montréal, Géraldine Barbe vit à Paris. Après avoir été comédienne, elle est désormais écrivain pour la jeunesse et les adultes, ainsi que traductrice. Elle a publié plusieurs romans pour adultes aux éditions Léo Scheer (dont Ne pleure pas, on se reverra) ainsi que des documents aux éditions Plein Jour. Elle publie désormais au Rouergue, à la fois en jeunesse et dans la brune.

Son dernier roman, Au feu, Gilda ! est paru en février 2016.

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© Philippe Matsas / Opale.

 

Pourquoi écrivez-vous ?

J’écris parce que j’aime ça, presque tous les matins, avant de faire autre chose lorsque je sens que je n’arrive plus à rien. Quand je me laisse entraver d’abord par autre chose, c’est souvent foutu pour la journée, sauf exception.

G BarbeJe trouve qu’il y a un lien fort entre l’acte d’écrire et ce que je faisais avant : j’étais actrice. Pour l’acteur et l’écrivain, il y a cette chose qui est d’apparaître et de disparaître en même temps qui me rassure beaucoup comme façon d’exister. Ça me rassure parce que cela m’amuse, ça me donne un sentiment de liberté, le sentiment de maîtriser quelque chose dans la vie qui est un grand mystère. C’est aussi une façon pour moi de rentabiliser mon fort penchant pour la contemplation. J’écris vraiment pour moi au départ, pas du tout pour faire plaisir à quelqu’un ni en pensant à un quelconque lecteur. Savoir que des inconnus me lisent est un sentiment délicieux mais qui ne me guide pas du tout dans l’écriture, de même que celui d’être lue par des proches qui ont un rapport particulier forcément à ce que j’écris parce que mes livres partent de situations souvent très proches du vécu.

Je n’ai aucun message à délivrer. J’ai toujours aimé les jeux d’écriture, j’ai passé des soirées à faire des cadavres exquis avec des amis mais je n’ai jamais été vraiment au bout de quoi que ce soit de construit avant mon premier livre . Vers 25 ans, je me suis retrouvée sans télé et j’ai commencé à écrire des scènes dialoguées sur mon ordinateur (l’ordinateur jouait le rôle de la télé, j’inventais ce qui pouvait se passer dedans), encore une fois sans aller vraiment au bout, sans être vraiment contente (sur le moment je trouvais ça génial et quand je relisais c’était la cata).

Mon premier livre, Rater mieux, je l’ai vraiment écrit en étant certaine que j’allais être publiée, sans du tout imaginer que c’était quelque chose de difficile. Ma naïveté m’a portée. Le sujet du livre était entre autre la perte totale de la confiance en soi, l’écrire me donnait une grande confiance.

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Alors comme conseils à quelqu’un qui veut écrire je dis : Vas-y écris. Ne pas essayer de faire joli, ni surtout de faire gentil. Ne pas craindre de passer pour quelqu’un de pas très fréquentable, désagréable ou quoi que ce soit de négatif. c’est encore quelque chose que l’on dit aux acteurs : « Ne pas chercher à être le journaliste de ton rôle. » Bref, écrire sans se censurer, puis laisser reposer (comme la pâte à pain) et ensuite saquer au maximum, sans concession. Quand on écrit il faut aussi savoir arrêter d’écrire pour reprendre, c’est-à-dire là, réellement travailler.

Et puis aussi :

Lire beaucoup, classique, contemporain : se nourrir de tout.

 

 

Précédent rendez-vous : Alain Wagneur

Prochain rendez-vous : Marie Simon.

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Au feu, Gilda !

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Une réflexion sur “Pourquoi écrivez-vous, Géraldine Barbe ?

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