Conseils au jeune écrivain, André Gide

Gide conseilsLes Conseils au jeune écrivain furent retrouvés après la mort de Gide, et publiés dans la N.R.F. La conférence qui traite De l’influence en littérature fut prononcée à Bruxelles le 29 mars 1900.

 

J’ai déniché ce petit opus à la bibliothèque après l’avoir découvert dans la bibliographie de Splendeurs et misères de l’aspirant écrivain. En très peu de pages, André Gide assène des conseils bien sentis, raconte quelques anecdotes, encourage dans la bonne direction. Les phrases les plus fortes – il s’en trouve un certain nombre – figurent plus bas.

Gide commence son propos en citant La Bruyère : « C’est un métier que de faire un livre » (« … comme de faire une pendule », ajoute celui qui veut reproduire la maxime complète). L’entièreté de ces pages repose sur cette idée de sérieux qui fait du petit livre un recueil précieux pour qui ne prend à la légère ni la littérature ni le fait d’écrire ; un recueil qui donne aussi l’occasion de réfléchir à l’art en général, aux raisons de la ferveur qui peut animer l’artiste, et à ce que les œuvres d’art, leur processus d’élaboration, leur réalisation, renvoient aux artistes eux-mêmes et leur disent de leur rapport à eux, aux autres, au monde. Un recueil qui prône ces bonnes conseillères que sont l’exigence et l’humilité.

 

Les Conseils au jeune écrivain sont suivis du texte De l’influence en littérature. « On ne donne de conseils, et de conseils précis et nuancés comme ici, que si l’on espère trouver quelque continuateur », écrit Dominique Noguez dans la préface de l’ouvrage, et faisant ainsi le lien entre les deux volets de celui-ci.

Il s’agit donc de l’influence des grands hommes, ici en littérature. Et cette influence est à sens multiples. « Un bon écrivain n’a pas seulement son propre esprit, mais aussi l’esprit de ses amis », affirmait Nietzsche dans Humain, trop humain.

Gide dresse le tableau des différentes vertus de l’influence, du partage, de l’imitation et invite à se laisser influencer – dans certaines mesures. Et de conclure que si l’influence est nécessaire en tant que source d’inspiration, les influencés aussi sont indispensables aux grands hommes !

 

Préface de Dominique Noguez

Éditions Proverbe, 1993, 63 pages

 

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

Splendeurs et misères de l’aspirant écrivain

Tu seras écrivain mon fils, François Bégaudeau

Écrivain (en 10 leçons), Philippe Ségur

Première ligne, Jean-Marie Laclavetine

Citations :

 

Conseils au jeune écrivain

 

« Le classicisme est un romantisme dompté. » (Dominique Noguez, page 10)

 

« C’est un métier que de faire un livre, comme de faire une pendule. » (Jean de La Bruyère, cité page 17)

 

« En art tout ce qui n’est pas utile nuit. » (page 17)

 

« Laisse ton œuvre se défendre et passe outre. Si elle ne tient pas le coup, tout ce que tu t’ingénierais à dire pour la sauver n’empêcherait pas sa ruine ; occupe-toi plutôt d’en faire une autre qui résiste mieux. » (page 19)

 

« Ce n’est pas ton métier qu’il sied de perfectionner ; c’est toi-même. » (page 20)

 

« Choisis tes ennemis ; mais laisse les amis te choisir. » (page 22)

 

« Écris le moins possible.

N’écris rien que d’indispensable. » (page 23)

 

« Chaque œuvre d’art est un problème résolu. » (page 25)

 

« L’unité de ton livre, c’est l’unité de ta ferveur. » (page 25)

 

« Où le faible exagère, le fort se retient. » (page 27)

 

De l’influence en littérature

 

« Une influence n’est pas bonne ou mauvaise d’une manière absolue, mais simplement par rapport à qui la subit. » (page 35)

 

« Combien de sommeillantes princesses nous portons en nous, ignorées, attendant qu’un contact, qu’un accord, qu’un mot les réveille ! » (pages 42-43)

 

« L’avare met ses pièces d’or dans un coffre ; mais, sitôt le coffre fermé, c’est comme si le coffre était vide. » (page 43)

 

« S’éduquer, s’épanouir dans le monde, il semble vraiment que ce soit se retrouver des parents. » (page 44)

 

« Souvent une grande idée n’a pas assez d’un seul grand homme pour l’exprimer. » (page 56)

 

« Les grands artistes n’ont jamais craint d’imiter. » (page 59)

 

« L’influence ne crée rien : elle éveille. » (page 61)

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