Jupe et pantalon, Julie Moulin

Présentation de l’éditeur :

Jupe et pantalonOù va-t-on ? Telle est la grande question que se posent Marguerite et Mirabelle. Voici trente ans que ces deux jambes portent A., jeune cadre pressée d’en faire toujours plus. Mais plus de quoi ? Travail, enfants, amour ? Marguerite et Mirabelle débattent de leur grande affaire – le destin d’A. – en compagnie des autres parties du corps : Camille le cerveau, Babette la paire de fesses, Boris et Brice les bras. A. chute dans un aéroport, le mari s’en va, la cacophonie guette. Au bord de la crise de nerfs, la jeune femme découvre que son corps en sait plus qu’elle et décide de l’écouter.

Inspirée par le cinéma d’Almodóvar autant que par l’œuvre de Boulgakov, Julie Moulin compose avec brio la saga d’une jeune femme dont la vie mécanique se dérègle joyeusement.

 

Que se passe-t-il dans la tête des jambes ? En une succession de chapitres courts et à un rythme trépidant, Julie Moulin propose d’abord d’adopter le point de vue des guiboles sur l’être auquel elles appartiennent – une dénommée Agathe -, et sur le monde qui les entoure. C’est drôle, rafraichissant et inédit, si l’on parvient à dépasser la surprise de cette position hors du commun.

Mais ça n’est pas que cela. Dans ce premier roman, Julie Moulin pose la question de la féminité, du regard des hommes sur ses attributs – parmi lesquels les jambes se trouvent en bonne place -, des diktats imposés par la mode, la société, l’environnement professionnel et la maternité.

Agathe est une femme qui concilie famille et poste à responsabilités dans un monde d’hommes. Mais à quel prix peut-on tout mener de front ? Pour ses premiers pas en littérature, Julie Moulin interroge la condition féminine à l’épreuve de la vie moderne.

La plume est alerte et fait appel à toutes ces expressions du langage courant qui mentionnent les parties du corps – jamais par hasard (tellement tentant qu’on y cède aussi ici). Prenant son sujet à bras le corps, Julie Moulin l’explore dans le détail pour mieux servir son propos. Le corps parle pour son héroïne, et quand le corps parle, l’on sait qu’il vaut mieux chaussette-haute-raye-multicolorel’écouter…

Une découverte aussi intéressante et enthousiasmante que l’envie de suivre l’auteur d’une telle idée est forte.

 

Alma éditeur, février 2016, 304 pages, 18 €

 

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Dans le dressing :

 

« Marcher : le rêve de toute jambe ! » (page 33)

 

« La douleur n’est pas toujours visible. » (page 52)

 

« Un tas de feuilles est subversif sans agrafes pour le contenir. » (page 65)

 

« La fatigue est un handicap plus lourd que des talons hauts. » (page 96)

 

« Quand s’arrête le besoin ? Quand commence le désir ? » (page 104)

 

« L’avenir était devant nous. C’était avant le grand carrefour. Avant que l’amant devienne mari, avant que la femme soit mère, avant que l’envie de mue en rancœur et que l’insomnie détruise les rêves. » (page 135)

 

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5 réflexions sur “Jupe et pantalon, Julie Moulin

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