Pour qui écrivez-vous, Jean-Philippe Blondel ?

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Jean-Philippe Blondel est né en 1964. Marié, deux enfants, il enseigne l’anglais en lycée et vit près de Troyes, en Champagne-Ardennes. Il publie en littérature générale et en littérature jeunesse depuis 2003.

 

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Vous qui avez d’abord publié en littérature générale, comment êtes-vous arrivé à la littérature jeunesse ?

C’est une très jolie histoire. Je n’avais jamais envisagé d’écrire spécifiquement pour les ados. Je publiais en littérature générale depuis déjà quatre ans. J’avais publié cinq romans. Et puis, il y a eu cette classe que, par le miracle des options, j’avais eu trois ans d’affilée au lycée, ce qui est rare. Nous avions beaucoup vécu ensemble, nous étions partis en voyage scolaire, je les avais vus grandir, s’aimer, se détester, bref, tout ce qui fait que le lycée est un lieu de vie.

Je n’avais jamais envisagé d’écrire spécifiquement pour les ados.

A la fin de l’année de Terminales, en 2007, ils m’ont offert des cadeaux et je me suis trouvé bien embarrassé, parce que je voulais moi aussi leur offrir quelque chose en retour, mais qu’est-ce qu’on offre à 30 élèves ? Une histoire, peut-être. C’est ce que je me suis dit. Partout à la radio, il était question de liquider 68, du laxisme, du retour à la_colocl’ordre. Alors, j’ai écrit cette minuscule histoire, d’un lycéen et de sa caméra, une histoire de révolte tranquille mais déterminée. Je l’ai appelée « Un Endroit Pour Vivre » et je leur ai lu, la toute dernière heure de cours que nous avons eu ensemble. Quand j’ai relevé les yeux et que j’ai vu leurs visages, j’ai su qu’en fait, je continuerai à écrire pour mes élèves. Ils sont ma raison d’être en littérature ado.

Qu’est-ce qu’on offre à 30 élèves ? Une histoire, peut-être.

 

Littérature générale et littérature jeunesse ; pour qui écrivez-vous ?

Je n’écris pas pour les enfants – j’en suis incapable. Je n’écris que pour les ados, dans cette tranche d’âge que les anglo-saxons appellent « young adults ». Du coup, le style ne change pas. Les thèmes non plus. Je ne vois aucune différence fondamentale entre les deux « écritures ». Mais il se trouve que le narrateur est un adolescent (un garçon, j’aime cette idée de m’adresser aussi aux garçons, tout en écrivant sur les sentiments et sur l’intime, et puis je ne veux pas pour l’instant de filles comme héroïnes, parce que j’ai deux adolescentes à la maison et qu’il est hors de question de mélanger leurs vies réelles et les fictions que j’écris), et que les personnages principaux sont des adolescents (même si, souvent, les adultes sont présents aussi, parce que ce qui m’intéresse avant tout, c’est de construire des ponts entre les ados et les adultes), donc, dans l’édition en France aujourd’hui, cela amène automatiquement le manuscrit vers les maisons d’éditions « jeunesse ». On peut le regretter ou pas. Personnellement, je m’en moque.

Je ne vois aucune différence fondamentale entre les deux « écritures ».

Je sais que j’ai besoin d’entrer dans un thème par un livre « jeunesse », pour le développer dans la littérature générale (« Blog » par exemple préfigure « Et Rester Vivant« ) et pour ensuite le quitter dans un autre roman ado (« La Coloc » est pour moi une suite naturelle de « Mariages de Saison« ). J’ai besoin maintenant de ce va-et-vient entre les deux mariages-de-saison« types » de littérature et les résonances seraient évidentes pour les lecteurs s’ils lisaient à la fois mes romans jeunesse et mes romans en littérature générale, ce qu’ils ne font pas, la plupart du temps.

J’ai besoin maintenant de ce va-et-vient entre les deux « types » de littérature.

Je ne sais pas encore combien de temps j’écrirai de romans pour les ados. Je n’ai aucune contrainte, aucun plan, aucune carrière. Tout part de l’envie de raconter quelque chose à mes élèves. Tant que ce sera le cas, je publierai des romans ados. Mais un jour peut-être, l’âge venant, ce ne sera plus le cas. Ce qui est sûr, c’est que je n’accepte aucun texte de commande, ni aucune suggestion de thème. Je regarde mes élèves. Je les observe. Ils me font sourire. Ils m’énervent. Ils m’émeuvent. Tous mes textes jeunesse viennent de là.

 

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Pourquoi écrivez-vous, Jean-Philippe Blondel ?

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