« Treize » : le roman d’un premier roman

Begue

Aurore Bègue a 37 ans et vit à Paris. Treize, paru en avril aux éditions Rue Fromentin, est son premier roman.

Elle nous en raconte l’origine.

 

.

.

Comment est né Treize ?

Au tout début Treize était une nouvelle : il y avait le même décor et les mêmes personnages mais évidemment version courte et avec une fin moins dramatique. Et puis je me suis rendu compte que je m’étais attachée aux personnages, surtout à Alice, et que cette histoire avait peut-être le potentiel pour être creusée afin de devenir un roman. J’ai voulu raconter un été qui change toute la vie de l’héroïne, j’aime lire et écrire sur l’adolescence, et aussi sur ces moments où la vie « bascule » en un instant.
Ce n’était pas le premier roman que j’écrivais, loin de là – j’en ai écrit plusieurs, entre 13 et 28 ans, tous refusés, comme quoi il faut persévérer – mais cela faisait quelques années que je n’écrivais plus tellement car parfois la vraie vie prend le dessus.
J’ai commencé la version roman il y a environ 4 ans, mais je n’ écrivais pas très régulièrement. C’est un an et demi plus tard seulement – j’étais enceinte de mon deuxième enfant et je ne travaillais plus – que je me suis mise à écrire beaucoup plus sérieusement et que j’ai enfin terminé « Treize ».
J’ai fini par oublier d’y croire, et de l’envoyer ailleurs.

Pour une raison de praticité (et de budget aussi) j’ai envoyé Treize seulement à quelques maisons d’édition acceptant les manuscrits par mail. Je dois avouer que je n’y croyais plus trop, j’étais un peu blasée des refus types reçus des années auparavant, et puis mon fils est né – et un bébé ça occupe pas mal les journées et les nuits – donc j’ai fini par oublier d’y croire, et de l’envoyer ailleurs.
C’est cinq mois plus tard, alors que je n’y pensais presque plus que j’ai reçu un mail des éditions Rue Fromentin disant vouloir me parler de mon roman. Euphorique, mais n’osant pas trop y croire en même temps j’ai donc appelé celui qui allait être mon éditeur : Il m’a dit beaucoup de choses gentilles sur Treize qu’il avait beaucoup aimé mais qui « n’était pas publiable tel quel » : trop de répétitions, certaines scènes inutiles, bref, il fallait réécrire un peu et supprimer surtout pour resserrer l’intrigue. Il ne m’a pas promis une publication mais ces critiques me semblaient justes et fondées et j’avais repris espoir, je me suis donc attelée à la tâche. Cela a pris plus de temps que je n’aurais voulu mais j’ai de nouveau soumis mon manuscrit à Rue Fromentin quelques semaines plus tard et les corrections avaient visiblement porté leurs fruits puisque, rapidement, l’éditeur m’a proposé une publication pour Treize.

Avant d’être enfin éditée je ne me rendais pas compte de tout ce travail de réécriture, de peaufinage nécessaire.

Bien sûr il y a encore eu des corrections à effectuer de mon côté dans un premier temps, et ensuite selon quelques indications de mes éditeurs : je crois qu’avant d’être enfin éditée je ne me rendais pas compte de tout ce travail de réécriture, de peaufinage nécessaire, que cela soit avant de proposer son roman aux éditeurs ou après au niveau du travail éditorial.
Cela n’a toutefois pas été de gros changements : au final par rapport à la version initiale la structure et les scènes sont restées sensiblement les mêmes, se déroulent dans le même ordre etc. mais il y a quand même eu pas mal de boulot pour que j’aie cette sensation que je ne pouvais plus faire « mieux » (ce qui en vrai, lorsqu’on est un tant soit peu perfectionniste n’arrive pas vraiment, c’est presque impossible de se dire « Ça y est, il est parfait comme cela, n’y touchons plus »).
TreizePour la couverture j’étais très impatiente d’avoir les propositions de mes éditeurs : ils m’ont donné le choix entre cinq couvertures, j’en avais deux préférées, j’ai demandé leur avis à quelques personnes – qui évidemment avaient toutes des avis différents – et au final mes éditeurs et moi avions la même préférée : celle qui a été choisie. J’en suis donc plus que satisfaite.
Ensuite il a fallu attendre la sortie (il faut beaucoup attendre dans ce milieu, ça peut être utile de le savoir avant) et quand cela a été le cas j’ai eu la sensation de ne pas vraiment réaliser : il a fallu qu’il se passe quelques semaines, le temps de voir mon roman dans des librairies, et surtout d’avoir les premiers retours de connaissances, d’inconnus ou de blogueuses, ce qui est la chose la plus fabuleuse, quand on écrit : avoir des gens qui aiment, et ont été touchés par votre roman, et qui disent de jolis mots dessus. Le plus frustrant, par contre, c’est de ne pas savoir réellement comment se vend votre livre : on n’en a qu’une vague idée mais pas de chiffre précis, surtout les premiers mois…

Il faut beaucoup attendre dans ce milieu, ça peut être utile de le savoir avant.
Évidemment on a envie que notre roman soit lu par le plus de gens possible – c’est un peu pour ça que l’on écrit, même si ce n’est pas la raison première, au final j’écris depuis mes douze ans et j’aurais mis 26 ans à voir publié un de mes romans – mais il faut se rappeler qu’un premier roman d’un auteur inconnu se vend en moyenne très peu : il y a énormément de romans qui sortent chaque année et difficile donc de « sortir du lot ».
Maintenant que Treize est sorti, j’essaye d’écrire encore plus régulièrement qu’avant : j’ai terminé un roman « pour ados » toujours dans le genre réaliste et j’attends les retours des éditeurs à qui je l’ai proposé. Je suis également en pleine écriture d’un autre roman, encore adapté d’une nouvelle écrite il y a quelques années, et j’espère évidemment que ces deux romans sortiront un jour dans les librairies. C’est mon but maintenant que ce rêve d’enfant, être éditée, s’est produit : ne pas me reposer sur mes lauriers, écrire le plus possible et avoir plusieurs romans édités à mon actif slightsmile emoticon
 .

Précédent rendez-vous : Stéphanie Pélerin

Prochain rendez-vous : Florent Oiseau

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

Treize

Tous les romans des premiers romans

Publicités

Une réflexion sur “« Treize » : le roman d’un premier roman

  1. Joli témoignage sur l’édition et le travail de réécriture que l’on a souvent du mal à évaluer ou alors, peut être comme moi, avec angoisse (jusqu’où serai-je capable de perfectionner un texte ? et tant d’inquiétude jalonne mon écriture..). Merci à Sophie Adriansen pour le partage et bonne continuation à l’auteur dans ses projets.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s