Vacances-surprises, Marc Bernard

Présentation de l’éditeur :

vacances-surprisesUn immeuble dans un quartier populaire, à Paris, dans les années 50. Voilà le décor. La concierge, Madame Hortense, connaît son monde : la dactylo du deuxième, le plombier du troisième, et sous les toits un écrivain, Marc Bernard, sa femme et ses canaris. C’est Paris, c’est animé, ça râle, ça court, ça bavarde. L’écrivain observe, amusé, et raconte. Parfois, il boucle ses valises, et c’est l’Espagne, l’Angleterre, le Portugal :

« C’est d’une façon innocente, sans mesurer l’impor­tance de mes paroles, que j’avais dit à Else : “ L’amusant dans le voyage devrait être la surprise, de partir, mais sans savoir où l’on va. Une affiche aperçue au coin d’une rue, un nom de ville aux sonorités étranges décideraient du prochain but. On pourrait faire ainsi le tour du monde. ” J’étais loin d’imaginer ce qu’il pouvait y avoir d’imprudent dans un tel vœu. Le voici réalisé, au-delà de tout espoir. »

Des « surprises » savoureuses et pleines de fraîcheur. C’est drôle, c’est enlevé, c’est beau comme du Henri Calet.

 

Ces « surprises », en voyage ou à Paris, sont des récits – qui se lisent comme des nouvelles. Des chroniques de quatre pages, à quelques lignes près, comme autant de bonbons acidulés un peu irréguliers mais constants dans leur saveur. Car Marc Bernard met de la poésie et de l’esprit dans le quotidien. Avec lui, le moindre petit événement, la perte d’un passeport, la mise en vente de l’immeuble qu’il habite, comme le moindre non-événement, le rapport à sa concierge, les nuits d’insomnie, fait l’objet d’une chronique douce-amère, tout en fraîcheur. C’est du Tati, c’est du Sempé. Car l’œil de ce grand observateur que fut Marc Bernard n’est pas non plus dénué d’humour.

 

Peinture d’une époque, photographie des invisibles de la société, invitation au voyage comme à la contemplation, ce petit livre est un délice de fausse candeur et d’esprit d’ouverture dans lequel il convient de picorer les textes pour mieux les savourer.

Marc Bernard a obtenu le prix Goncourt en 1942 pour Pareils à des enfants… Il a proposé ce recueil de chroniques en 1963 à Gaston Gallimard – qui n’en a pas voulu. Finitude a eu la très bonne idée de le publier en 2016.

Éditions Finitude, 2016, 160 pages, 15,50 euros

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Trois phrases :

 

« Depuis qu’on ne porte plus de chapeau, on ne sait plus très bien comment témoigner son respect, surtout en plein air. » (page 22)

 

« Il nous arrive de nous demander avec inquiétude qui de nous ou des prix est sacrifié. » (page 111)

 

« Nul ne parle la même langue que son voisin, mais la joie permet de tout comprendre. » (page 131)

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2 réflexions sur “Vacances-surprises, Marc Bernard

  1. Oh! J’aime cette idée d’un manuscrit qui « dormait » et attendait son heure depuis si longtemps! De plus, l’ambiance m’a l’air fort agréable, je me laisserais bien tenter!

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