« Comment papa est devenu danseuse étoile » : le roman d’un premier roman

Gavin s Clemente RuizComment papa est devenu danseuse étoile, le premier roman de Gavin’s Clemente Ruiz, est paru début 2016 aux éditions Mazarine (Fayard).

Son auteur nous raconte la naissance de ce premier roman plein d’humour – mais pas que.

 

Crédit photo : Vincent Bousserez

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Quelle est l’histoire de Comment papa est devenu danseuse étoile ?

J’écris de façon brève et synthétique depuis plus de 17 ans pour le Routard, j’ai aussi commis des petits « livres de curiosité » et l’envie de travailler autour de la fiction, sans référence extérieure « académique » me titillait depuis quelques temps. Un ami éditeur m’a incité à sauter le pas. « Vas-y ! Écris ! T’as rien à perdre ! Lance toi ! » Je l’ai pris au mot. Tout a commencé par le titre qui m’a fait rire, je me suis dit que c’était bon signe. J’avais aussi adoré assister aux ateliers d’écriture de Marie-Christine Guillon, qui nous lançait des paris qu’on s’amusait plus ou moins à relever chaque semaine. J’ai considéré ça comme un jeu d’écriture et je ne savais pas du tout où aller…

J’avais le titre déjà en tête, j’ai vu l’image. J’avais les deux éléments qu’il fallait que je fasse coïncider.

J’écris tôt le matin. Je me vois, un jour, pendant que toute la maison dort, face à mon écran, avec une image d’un homme qui danse en tutu. J’avais le titre déjà en tête, j’ai vu l’image. Pourquoi un homme ? PourquoiComment papa le tutu ? Voilà. J’avais les deux éléments qu’il fallait que je fasse coïncider. Après, je me suis dit qu’il fallait que je fasse évoluer ma famille un peu brindezingue dans le cadre où je vis la plupart de mon temps, Paris, et plus spécifiquement où je travaille, le 13e arrondissement. Pour la grand-mère russe, par contre, Stalingrad s’imposait. J’ai ensuite pioché dans mes carnets ou sur mon smartphone où j’ai plein de débuts d’idées, souvent pas abouties, mais que je note « au cas où ». La grand-mère qui met du Tchaïkovski pour repousser les types en bas de chez elle, le père qui regarde des rediffusions de téléréalité la nuit, le danseur Noureev qui passe à l’ouest au Bourget, le narrateur qui note tout sur un cahier et qui compte constamment…

J’ai dû écrire le premier jet en un mois. J’avoue, je n’ai pas trop compté. J’aime bien écrire le matin, les idées ne sont pas encore coordonnées, c’est parfait pour débrider l’imagination et aller à l’encontre du sens commun. Avouez, un type en tutu, c’est pas courant. J’adore cet état d’esprit.

J’ai laissé la première version « reposer » pendant trois ans. Je ne savais pas comment finir le texte.

J’ai laissé cette première version « reposer » pendant trois ans. Je ne savais pas comment finir le texte en fait. Il doit y avoir un tiers de cette première version dans le roman final. Début 2015, j’ai eu une fracture à la jambe : je me suis retrouvé scotché au fond de mon lit, le pied dans le plâtre. Je me suis dit que c’était le moment de finir ce manuscrit. J’ai terminé en une semaine et je l’ai soumis à plusieurs éditeurs. J’avais une réponse une semaine plus tard de Fayard. Là a commencé le gros du travail : plus d’un an à compléter, réduire, augmenter, reprendre toute l’organisation du texte, faire un arbre généalogique et répondre à la question fatale de ma chère éditrice, Alexandrine Duhin : « Mais qu’est-ce que tu veux transmettre comme message ? » Ah oui, bonne question. J’ai pris le manuscrit à bras le corps. J’ai tout séquencé avec des post-it au mur. Si je bougeais quelque chose, il fallait que ça continue de coller. C’est fastidieux mais hyper efficace pour avancer. Il y a toujours la trame de fond, mais les conseils de mon éditrice, pour façonner, rendre le texte plus efficace, faire entendre la voix de chaque personnage, ont été cruciaux. Un éditeur est irremplaçable. Ce travail a été laborieux : il ne fallait pas perdre de vue le ton, le phrasé, et surtout rester concentré sur la généaloComment papa - Copiegie des personnages, ne pas se disperser. Là encore mon éditrice a été d’une aide précieuse.

J’ai pu, durant l’écriture et la finalisation du manuscrit, assister à la masterclass de John Truby à Paris, l’auteur de L’anatomie du scénario, script doctor aux États-Unis. Son canevas et ses étapes essentielles à une histoire efficace et dynamique m’ont complètement débloqué, j’ai modifié quelques scènes en faisant bouger mes post-it au mur, interverti des séquences et ajouté des « touches » narratives qui ont rythmées davantage le texte, comme le gimmick « On ne pleure pas chez les Minchielli » : plusieurs lecteurs m’en ont parlé ensuite. J’étais content de terminer le texte, il était dynamique, il y avait tout ce que je souhaitais dire et le message me plaisait vraiment.

J’ai fait lire la première version à ma femme : elle n’a pas du tout aimé… et elle avait raison ! La dernière version très remaniée lui a davantage plu. Elle a pu apprécier les modifications (et que je ne me levais pas pour rien au petit matin 😉 ).

La couverture est un choix de l’éditeur. Plusieurs couvertures ont été proposées, et celle retenue était vraiment la meilleure. Je l’adore ! Très pop, très anglo-saxonne, exactement ce que j’aime.  C’est surtout l’illustration parfaite du propos du roman.

 A la sortie du roman, on se sent un peu orphelin.

A la sortie du roman, on se sent un peu orphelin. Et en même temps prêt pour défendre le bébé. J’ai eu de la chance, Olivia de Lamberterie de ELLE l’a glissé immédiatement dans son « Buzzolettres » : « Tuche pas à mon tutu », « Plus belle la vie de la famille Minchielli » ! D’autres articles de journaux et de blogs m’ont relayé. Gros coup de cœur à ce propos pour Les chroniques du Roi Carotte. J’ai bien aimé défendre le roman en librairie ou dans des salons, c’est hyper jouissif.

Un nouveau challenge complètement fou s’annonce…

C’est Carole Saudejaud, responsable des cessions de droits chez Fayard, qui m’a appelé pour m’annoncer la bonne nouvelle que TF1 Studio avait aimé le manuscrit. L’univers du roman leur rappelait « La Famille Bélier », « Little Miss Sunshine » ou encore « Billy Elliot ». Comment dire… j’étais ravi de ces retours et comparaisons. Le contrat est signé. C’est assez surréaliste et un nouveau challenge complètement fou s’annonce. J’ai hâte… Comment le roman sera t-il réorchestré à travers un scénario ? qui jouera tel rôle ? etc.

J’ai attaqué la rédaction d’un deuxième roman. Riche des enseignements du premier. Mais toujours dans le doute. Tant mieux. On verra… je n’en suis qu’aux rodages. Il va falloir mettre le turbo pourtant.

 

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