Le goût des mères

Présentation de l’éditeur

le gout des meresQue seraient le roman, la poésie, le conte sans la toute-puissance de la figure maternelle? Sainte ou marâtre, tendre, envahissante, adorée, détestée, inconnue, recherchée, morte et pleurée, rivale ou figure unique de la féminité, courageuse ou soumise, la mère inspire et traverse la littérature dans tous ses états. Et que dire de la mère symbolique, mère Patrie ? Et de la mère Nature ou de la déesse Terre-mère des religions précolombiennes que les Amérindiens du sud nomment Pachamama ?

Qui cherche à illustrer le goût de la mère doit tracer son chemin à travers la forêt dense des figures maternelles qui, de Pétrarque à Morris et Goscinny en passant par Racine, Colette, Albert Cohen, Jules Renard, Albert Camus, Elias Canetti, Claude Simon, Roland Barthes, Annie Ernaux, Marguerite Duras, Jean Rouaud, J.M. Coetzee, JMG Le Clézio, Jean Noël Pancrazi et bien d’autres, hantent leur imaginaire d’écrivains.

 

Après Le goût de la Toscane et Le goût de l’été, j’ai découvert Le goût des mères, une anthologie de textes choisis et présentés par l’écrivain et éditrice Michèle Gazier.

Je me disais qu’on n’écrit que pour sa mère, que l’écriture et la mère ont partie liée, qu’un écrivain dédie ses pages non pas à celle qui a vieilli quand il est lui-même en âge d’écrire et de publier, mais à la jeune femme qui l’a mis au monde, à celle dont on l’a séparé le jour de sa naissance.

François Weyergans, Trois jours chez ma mère

Mères aimées et admirées, mères détestées et détestables, les figures maternelles sont des personnages qui ne laissent jamais indifférent. On leur reprochera aussi bien leur absence que leur présence, ou bien on les aimera pour ces mêmes raisons. Femmes fortes et bien en vie, femmes malades ou plus de ce monde, elles ne cesseront d’inspirer leurs enfants.

Une jolie anthologie dont les textes proposés sont autant d’éclairages sur ce lien à nul autre pareil.

Sache que pour elle tu as d’abord été un poids et une fatigue, puis une souffrance, la plus aiguë de toutes. Ensuite, une peine constante, une inquiétude qui la faisait trembler. Souviens-toi de son ventre, et des seins qui t’ont nourri ; combien de fois tu as interrompu de tes pleurs son sommeil, son repas ou ses moments de loisir, et combien de fois la peur ou la douleur causée par la mort de leurs fils, et parfois la joie même de les savoirs vivants, ont conduit à la mort de malheureuses mères ?

Pétrarque, Contre la bonne et la mauvaise fortune

 

Mercure de France, collection Le petit Mercure, 2012, 128 pages, 7,80 euros

A lire aussi sur Sophielit

Le goût de la Toscane, le goût de l’été

 

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