Méfiez-vous des écrivains, Lionel Duroy

Présentation de l’éditeur :

duroy« Le livre doit continuer, coûte que coûte. Il n’y a que dans la vie réelle qu’on parvient à étouffer les scandales, à diluer le drame dans le potage quotidien en conjuguant nos lâchetés. Les livres sont le seul espace où chacun est prié d’aller au bout de son destin. À moins que l’écrivain lui-même ne jette l’éponge. »

Luc Esline, écrivain, décide d’écrire un roman dont les personnages seraient les habitants de son immeuble. C’est pourquoi il les épie, note tous leurs faits et gestes, s’introduit même dans leurs vies. Mais à trop fouiner dans la vie d’autrui, on risque de découvrir de lourds secrets et de s’exposer à de graves rancœurs…

Une fable acide sur le métier de romancier et sur les rapports troubles entre fiction et réalité.

 

Un écrivain emménage dans un petit immeuble. Le vide de son quotidien lui laisse le temps de s’intéresser à ses quelques voisins et aux liens qui existent entre eux. Lui vient l’idée d’en faire les personnages de son roman…

Ce roman fait s’alterner les pages du carnet dans lequel l’écrivain prend des notes au sujet de ses voisins et les chapitres de son roman. Mais la réalité pourrait bien dépasser la fiction…

 

Comme à son habitude, Lionel Duroy interroge le rapport à l’écriture, son influence sur la vie (et réciproquement), lui qui définit le travail de l’écrivain comme « cette tentative invraisemblable, herculéenne, de donner un sens à ce qui n’en a pas, d’empêcher que les destins se délitent au gré des lâchetés, ou des hasards ». Ce faisant, il campe des personnages qui nous sont proches, et installe un suspens grandissant.

Une fois de plus, c’est un régal.

Éditions J’ai lu, 2011 (et Julliard, 2002), 224 pages, 6,70 euros

A lire aussi sur Sophielit :

Echapper

Vertiges

Ecrire

Bruits :

 

« Oui, ils me font un mal invraisemblable ces deux-là, et cependant ils ne devinent pas combien je tiens à eux : les savoir si proches m’entretient dans un état d’exaltation permanent. » (page 32)

 

« Les gens gagnent rarement à être connus, en dépit de l’insatiable curiosité qui me pousse vers eux. Ils donnent le meilleur d’eux-mêmes durant les trois ou quatre premières rencontres, puis on découvre leur peu d’ambition, pour ne pas dire leur veulerie, leur impuissance à trancher, à tout balancer pour l’unique chose en laquelle ils prétendent croire, et alors on se noie avec eux dans un marais tiédasse où tout se dilue. » (page 34)

 

« Je ne crois pas au sacrifice. Il se dissimule toujours derrière d’autres convoitises, d’autres appétits. » (page 59)

 

« Ainsi la réalité fait-elle écho au livre. » (page 72)

 

« Personnellement, je n’ai aucune résistance au chagrin. » (page 96)

 

« Les livres sont le seul espace où chacun est prié d’aller au bout de son destin. » (page 101)

 

« Au début, on est incapable d’être présent dans les deux vies à la fois. » (page 127)

 

« Je ne distingue plus clairement la réalité de la fiction. » (page 134)

 

« Si elle m’ouvrait si facilement c’est qu’il n’y avait probablement rien à découvrir. » (page 137)

 

« Trop souvent, le meilleur moment est celui où l’on se balance d’un pied sur l’autre devant la porte close, ivre d’espoir, avant de sonner. » (page 137)

 

« Derrière la compassion se cache une forme de tendresse. » (page 144)

 

« La compassion est un sentiment parasite qui fait perdre beaucoup de temps dans une carrière, quand il ne la condamne pas. » (page 144)

 

« Tous les hommes sont également solubles dans le chagrin. » (page 145)

 

« Il est plus facile d’être le fils d’un homme vulnérable que de la statue du commandeur. » (page 146)

 

« Il avait traversé l’enfance sans jamais se retourner. » (page 152)

 

« Certains événements de la vie méritent la lenteur. » (page 160)

 

« L’imagination n’a jamais tué quiconque. » (page 172)

 

« Généralement, les gens sont plus denses dans les livres que dans la réalité, plus complexes, plus intéressants. » (page 179)

 

« Le besoin d’absolu est plus fort dans la littérature que dans la vie. » (page 185)

 

« Rien ne dissout l’amour. » (page 186)

 

« L’impudeur est le prix à payer pour accéder à l’âme. » (page 187)

 

« Aucun être humain ne supporte le miroir grossissant des mots. » (page 191)

 

« Il faut avoir été le personnage d’un livre pour se rendre compte de la violence que cela représente. » (page 189)

 

« Ce que tu écris nous détruit. » (page 207)

 

« La vengeance est un mal nécessaire. » (page 214)

 

« Il faut écrire les choses avant de les vivre, alors la sensualité nous porte. Si nous les vivons d’abord, nous n’avons plus envie de les écrire, en tout cas moi c’est comme ça. » (page 215)

 

« Mon cœur m’a semblé soudain un peu à l’étroit. » (page 216)

Publicités

2 réflexions sur “Méfiez-vous des écrivains, Lionel Duroy

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s