Joséphine Baker – Des trottoirs de Saint-Louis aux marches du Panthéon, Marie-Florence Ehret

Présentation de l’éditeur :

bakerQui est Joséphine Baker ?

On se souvient de ces images qui ont fait le tour du monde : la danseuse nue à la ceinture de bananes, la diva moulée dans des robes de strass et couverte de plumes, la résistante en uniforme de sous-officier de l’armée française, la mamma un peu épaisse pleurant

misère à la télévision pour ses douze enfants – sa « tribu arc-en-ciel » –, que des créanciers impitoyables menaçaient d’expulser du château des Milandes.

À quel prix la petite négresse du Missouri, petite-fille d’esclave comme il y en avait tant au début du XXe siècle aux États-Unis, est-elle devenue la vedette internationale, amie des rois, des princes et des présidents du monde entier ?

Marie-Florence Ehret décrypte les images de la star, raconte l’histoire du personnage exceptionnel qu’elle a été, l’époque qui l’a vu naître et la femme d’une vitalité étonnante et d’un caractère hors du commun qui lui ont permis d’accomplir son destin.

 

baker3 Quelle drôle de femme ! Un oiseau des îles à la voix de cloche fêlée qui danse étrangement. Incarnation du Charleston, Joséphine Baker, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, devient danseuse de music-hall. De ce qui l’amuse, elle fait son métier – elle est désormais obligée de s’amuser en public par contrat.

« Sauterelle à tête d’œuf » trop claire là où l’on veut des danseurs noirs, évidemment trop sombre là où l’on n’embauche que des blancs, Joséphine Baker n’a d’autre choix que de devenir elle-même en imposant sa singularité. Elle deviendra la première danseuse de la Revue nègre et cultivera l’exagération à tous niveaux pour mieux incarner une négritude que l’époque méprise autant qu’elle l’applaudit, fascinbaker4ée.

L’époque est au racisme joyeux. Et Joséphine Baker, qui danse tant et si bien qu’elle devient l’artiste la plus populaire de Paris, attire les foules et les amants comme les jalousies et les haines en tous genres. Ses mémoires sont publiées à 20 ans. L’extravagance est son mot d’ordre.

Joséphine Baker est une femme aussi libre qu’un homme, ce qui n’est pas peu dire pour l’époque. Engagée dans la Résistance, sous-lieutenant, elle chantera pour les forces françaises.

baker6Ardente combattante de la ségrégation, elle impose dans les années 50 la mixité de son public à Miami ou Dallas où elle est en tournée et devient une égérie de l’antiracisme.

Elle est tout autant altruiste que mégalo (la piscine de sa maison en Dordogne est en forme de J !) mais sa générosité va la perdre… Criblée de dettes et incapable de gérer son argent, Joséphine refuse de baisser les bras.

A l’aube de la cinquantaine, elle entreprend de fonder sa famille, sa fameuse « tribu arc-en-ciel » composée au Japon où elle adopte deux petits Coréens, à Helsinki, en Colombie, en France… baker5Joséphine voulait cinq enfants, un de chaque couleur, mais excessive comme toujours, elle ne s’arrête pas. Elle aura ainsi douze enfants. Sa famille est l’incarnation de son combat pour l’égalité des races, elle veut leur consacrer tout son temps. Joséphine quitte la scène en 1956.

 

Il y a de la gouaille dans le verbe de Marie-Florence Ehret. Et c’est la parfaite bande-son du parcours de l’étonnant personnage qu’a été l’artiste, qui finira par être décorée de la Légion d’honneur, après une carrière longue de 50 ans de mbaker2usic-hall. Plaisir de lecture pour qui aime aller à l’essentiel sans ignorer les détails, le tout sur un rythme enlevé.

Un « livre court et vif à lire « cul sec » », indique l’auteur. Et c’est exactement ça : cette brève biographie fait l’effet d’un tourbillon, à l’image de ce qu’aura été la vie de Joséphine Baker.

Lirbaker7e un extrait

Éditions de La Différence, novembre 2016, 160 pages, 13 euros

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3 réflexions sur “Joséphine Baker – Des trottoirs de Saint-Louis aux marches du Panthéon, Marie-Florence Ehret

  1. J’ai très envie de lire cet ouvrage, cette femme m’impressionne. Je garde un excellent souvenir de ma visite au château des Milandes.
    http://lamaisondececile.canalblog.com/archives/2015/03/03/31634681.html
    Quel dommage qu’elle ait fini abandonnée de tous…ou presque! La princesse Grace l’a accueillie avec sa « tribu arc en ciel » après la vente forcée de son château…elle est d’ailleurs inhumée à Monaco.
    Merci pour cette référence que je note précieusement!

    Aimé par 1 personne

      • J’ignorais l’existence de cette biographie, moi qui suis « fan » de Grace de Monaco (je crois que mes parents n’ont pas échappé un seul été à la visite du palais, je collectionnais tous les articles de journaux…j’avais dix ans quand elle a eu son accident, je me souviens encore de l’annonce à la radio ce matin-là…) je file donc le commander!

        Aimé par 1 personne

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