Les brutes, Philippe Jaenada

Présentation de l’éditeur :

philippe-jaenada-les-brutesLes brutes sont partout. Nous subissons leur loi, que ce soit à l’école, au catéchisme, à l’armée ou en amour. Un homme pourtant s’est rebellé : Philippe Jaenada a su dire non à la cantinière, refuser Dieu et défier l’armée. Convoqué pour ses trois jours de servie militaire en octobre 1984, il se retrouve encerclé par les brutes, mais rira bien qui rira le dernier…

 

Ce petit opus aurait pu s’appeler « Comment je n’ai pas fait mon service militaire », « Comment je me suis fait réformer », ou encore « P4 ». Si sont dispensables les illustrations (pourtant réussies, signées de Dupuy & Berbérian, mais il semble que les mots de Philippe Jaenada n’aient besoin de rien d’autre que de l’imagination de son lecteur), le texte, lui, est à se tordre. Car Philippe Jaenada va tout mettre en œuvre pour se faire exempter de service militaire, et tant pis si son ego en prend pour son grade. Grandeur et décadence d’un futur ex appelé…

Ce qui est terrible avec le mariage, avec le couple et l’amour, c’est que plus ça dure, plus c’est difficile (contrairement à la menuiserie, à la conduite automobile ou au jonglage, par exemple, où l’expérience est utile et l’habitude bénéfique). (page 23)

Digressions et parenthèses à l’appui selon son habitude, Jaenada nous fait rencontrer ces brutes auxquelles il cherche à échapper. Lui qui aime à  embrasser son sujet dans les grandes largeurs offre avec ce texte court une friandise qui ravira plus particulièrement adeptes de la non violence, partisans de la démilitarisation, pleutres et peureux de toutes espèces.

On en est, bien entendu.

Le service militaire est si présent partout, grossièrement déguisé, les casernes si nombreuses et les bataillons si bien alignés, que réussir à ne pas se faire enrôler, contraindre, enchaîner, à passer plus ou moins à côté, ou au travers, en slalomant, à ne faire à peu près que ce qu’on aime et presque quand on veut, est déjà une sorte de prouesse. (page 85)

A moins que tout cela ne soit (aussi) une gigantesque métaphore ?

Points Seuil, 2009 (et Scali Graphic, 2006), 90 pages, 5 euros

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