Le roi du plaquage, Marc Moritz

Présentation de l’éditeur :

110 kilos de muscles peuvent-ils résister à 1m60 de finesse ?

Romain Mevasta est un joueur de rugby comme on n’en fait plus. Et il le sait. C’est aussi un homme comme on n’en fait plus, mais il n’en a pas vraiment conscience. Il n’est pas de ces minets qui posent pour les calendriers. Il court les jupons c’est vrai, un peu, mais pas les soirées de presse. Très peu pour lui. A 35 ans il est en fin de carrière et se trouve à un tournant de sa vie. Il s’est taillé une réputation de cogneur dans sa folle jeunesse, mais en fait ses coéquipier le surnomment le philosophe parce qu’il lit. C’est un bourru au cœur tendre finalement. Et sa rencontre avec Margot va le bouleverser. Margot est photographe, elle est là pour tirer le portrait des joueurs et faire la photo annuelle. Certains joueurs, dont l’ennemi juré de Romain, se montrent un peu agressifs avec elle et Romain fait alors un peu trop honneur à sa réputation. C’est le début des ennuis pour lui et d’une belle histoire entre lui et Margot à qui il devra prouver qu’il est capable de donner sa confiance.

Je me suis souvent demandé ce qui se cachait sous les couvertures de ces romans labellisés « émotions ». Je savais qu’ils avaient du succès, un lectorat tout acquis, mais j’ignorais ce qu’on y trouvait.

Pas question de généraliser à partir d’une unique expérience, néanmoins il me semble que les ingrédients d’une romance doivent se trouver réunis – un homme beau mais pas que, une demoiselle belle mais pas que, une relation possible mais pas évidente, un ou plusieurs obstacles à surmonter. Le b.a.-ba.

Une troisième mi-temps qui croustille.

Ici, nous avons donc Romain, rugbyman dont la carrière est derrière lui mais qui hésite à raccrocher ses crampons faute de perspective enthousiasmante pour la suite, et qui refuse d’admettre que depuis l’arrivée de joueurs jeunes et rompus à l’exercice de la promo, on le jugerait presque hors jeu. Et face à lui Margot, photographe frêle mais capable de saisir la finesse des gros bras avec son objectif. Margot, proie idéale pour les mâles de l’équipe toujours avides de chair féminine fraîche, à croquer à plusieurs de préférence – le rugby, n’est-ce pas, est un sport collectif.

Sauf que Margot n’est pas celle que l’on pense. Et Romain, qui narre cette romance, va tout mettre en œuvre pour vérifier de près que ce qu’il a perçu d’elle existe bien…

Sans plan de jeu bien défini, on finit toujours par laisser l’adversaire prendre l’ascendant.

On ignore si Marc Moritz est un écrivain-voyageur, en tout cas il semble qu’il ait roulé sa bosse – au moins des stades de rugby aux bistrots de quartier, en passant par les tables de poker et les murs Facebook. Avec ce premier roman paru d’abord en numérique (couverture ci-contre), il offre une intrigue tendre qui fait découvrir au lecteur les coulisses d’un club de rubgy. Cela doit être ça, la recette du genre : réserver des surprises tout en permettant au lecteur de ne pas bouder son plaisir même lorsque les événements sont attendus.

Aux ingrédients de la romance susmentionnés (parmi lesquels j’ai omis l’évidente certitude que tout cela finira bien) s’ajoutent quelques scènes érotiques qui permettent d’épicer le tout.

« On a toutes en nous une héroïne de romance kitsch qui sommeille », écrit l’auteur page 132. Ce premier essai en terrain rugbylistique (un adjectif existe-t-il ?) est réussi. On souhaite à Marc Moritz, champion du monde de belote d’après une notice biographique que l’on n’ose mettre en doute, de le transformer.

Milady Romance, janvier 2017, 216 pages, 6,90 euros

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