L’écrivain national, Serge Joncour

Présentation de l’éditeur :

l-ecrivain-nationalParti rencontrer ses lecteurs dans une ville du centre de la France, Serge se retrouve impliqué dans un fait divers local. Un certain Commodore, vieux maraîcher à la retraite que tous disent richissime, a disparu. Les soupçons se portent sur deux jeunes marginaux, Aurélik et Dora. Cet « écrivain national », comme l’appelle malicieusement M. le Maire, va enquêter à sa manière, celle d’un auteur qui recueille des confidences et échafaude des romans, dans l’espoir de se rapprocher de la magnétique Dora.

Dans une atmosphère très chabrolienne, Serge Joncour déroule une histoire à haute tension.

Un écrivain prénommé Serge est accueilli pour quatre semaines en résidence à Donzières, bourgade où rien ne se passe jamais. Sauf en ce moment : en sus de la présence de « l’écrivain national » s’ajoute une mystérieuse disparition et un projet d’usine pour le moins controversé… Des sujets qui ne manquent pas de piquer la curiosité du romancier, qui se retrouve vite embarqué dans un tourbillon dont il est le centre et dans lequel il ne maîtrise plus rien…

serge-joncour-ecrivain-national-autour-de-son-livre-a-la-gra_2266327Amusante mise en abyme que celle que propose Joncour avec ce roman dont le héros est un écrivain prénommé Serge – mais dont on ne sait ni le patronyme, ni les noms des livres. Et qu’il est drôle d’être à ses côtés chaque fois que celui-ci rencontre un échantillon de son lectorat, plus prompt à lui raconter des histoires qu’à réellement lire les siennes ! On se croirait dans une autofiction…

Mais voilà que le narrateur se promène et promène son lecteur pour mieux brouiller les pistes. Pas de doute, on est dans le roman, le vrai, celui qui se nourrit de la vraie vie et fait feu de tout bois…

L’écrivain national est un roman drôle et trépidant, la peinture sylvestre d’un territoire ancré dans ses habitudes et d’une époque paradoxale, qui dit aussi nos désespoirs et nos solitudes, nous qui épions plutôt que d’entrer en contact, et rappelle avec force et justesse le pouvoir et les limites de la littérature.

Prix des Deux Magots 2015

Éditions J’ai lu, 2015 (et Flammarion 2014), 384 pages, 8 euros

A lire aussi sur Sophielit :

Repose-toi sur moi

L’amour sans le faire

L’homme qui ne savait pas dire non

L’idole

La rentrée littéraire de Serge Joncour

5 questions à Serge Joncour

Rumeurs :

 

« Se présenter aux autres en tant qu’écrivain, c’est prendre le risque d’être perçu comme un réceptacle, soudain chacun se valorise de l’universelle conviction d’avoir quelque chose à raconter. Bien sûr, tout destin est exceptionnel, mais une vie ne suffit pas à faire un livre, un livre c’est bien plus que ça, et bien moins en même temps. » (page 41)

 

« Dans la vie c’est rare de faire demi-tour, c’est une idée qu’on garde en tête pour se rassurer, tout en sachant qu’au fond ça ne se peut jamais. » (page 77)

 

« Il n’y a pas de droits d’auteur sur la vie des gens. » (page 86)

 

« Lire, c’est voir le monde par mille regards, c’est toucher l’autre dans son essentiel secret, c’est la réponse providentielle à ce grand défaut que l’on a tous de n’être que soi. » (page 102)

 

« Pour se battre il faut se croire légitime. » (page 114)

 

« On n’est jamais le parfait héros qu’on attend de soi. » (page 117)

 

« Le problème avec le passé, c’est de s’y voir plus beau qu’on ne l’a vraiment été. » (page 125)

 

« Écrire, c’est se dénoncer. » (page 226)

 

« Pourtant je le savais, depuis toujours je le savais, qu’il y a des êtres pires que des pièges, des êtres toxiques, les rencontrer c’est courir à sa perte. » (page 251)

 

« Le tragique vient de ne pas anticiper l’inéluctable. » (page 269)

 

« Écrire sur les autres, c’est se couper d’eux. » (page 279)

 

« On ne débarque pas impunément dans la sphère des autres. » (page 309)

 

« Écrire suppose de ne pas savoir vraiment, car quand on sait vraiment, on n’ose pas dire, on a trop peur d’être cru, ou pire, de ne pas l’être, la vérité ça prend des années avant de pouvoir se poser sur le papier. » (page 377)

 

« L’amour ment souvent. » (page 379)

 

« Par chance un roman n’a pas à dire la vérité, il peut bien plus que cela. » (page 380)

 

« Un amour même impossible c’est déjà de l’amour. » (page 381)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s