Hors cadre dans Femme Actuelle jeux extra

FAJE 1Je signe une nouvelle dans le magazine Femme Actuelle jeux extra en kiosques aujourd’hui.

En voici la présentation et les premières phrases…

Pour trouver l’amour, on peut s’en remettre au hasard ou le provoquer, comme dans ces émissions de télé réalité où tout est programmé.
Ça allait tout changer dans sa vie. C’était sûr, il y aurait un avant et un après l’émission.
A 34 ans, Bénédicte Passani plaçait tous ses espoirs dans le show télévisé qui devrait lui permettre de rencontrer l’âme sœur. Un fiancé pour Béné, un concept sur mesure qui avait déjà fait ses preuves avec la présentatrice Fanny Joplin (Un mari
pour Fanny) et la journaliste Debby Brown (Un homme pour Debby Brown). Les deux femmes, la trentaine passée, belles et accomplies, avaient trouvé chaussure à leur pied par le biais de la petite lucarne. Dix prétendants au départ, uniquement des hommes au physique très agréable, ayant réussi socialement, une élimination

par semaine, le tout diffusé en première partie de soirée sur une grande chaîne nationale. Pour Debby, qui avait étrenné le concept deux ans plus tôt, cela s’était soldé par un mariage. Fanny, elle, n’était pas mariée, mais attendait un heureux événement desœuvres de Jean-Romain Baer, le célèbre concertiste.

Il n’y avait donc aucune raison pour que cela ne fonctionne pas de la même manière pour Bénédicte, grande et médiatique prêtresse de la presse féminine…

 

Pour lire la nouvelle dans son intégralité, rendez-vous en kiosques !

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Avant de quitter la rame, Gaëlle Pingault

Présentation de l’éditeur :

avantdequitterlarame-360x686Il y a Alice, qui n’aime ni Paris, ni le métro, ni les petits encarts de poésie qui y sont affichés. Qui n’a guère d’autre choix que de faire avec, cependant. Alors elle râle. Pas toujours.

Il y a Nadya, qui souvent marche sur un fil, et qui boit ces quelques vers arrachés au métro comme si sa vie en dépendait. Elle en dépend peut-être. Allez savoir…

Et entre les chassés-croisés de Nadya et d’Alice, se glissent d’autres histoires avec un soupçon de poésie, et sans métro.

A-t-on déjà sérieusement réfléchi à l’utilité, au pouvoir, ou au contraire à l’insuffisance, à la vacuité de ces Lire la suite

L’enjoliveur, Robert Goolrick

Présentation de l’éditeur :

enjoliveurRobert Goolrick a développé un lien si fort avec ses lecteurs français qu’il a décidé d’écrire une nouvelle pour eux, rien que pour eux. Comme tout ce qu’écrit Goolrick, elle nous dit quelque chose de l’enfance. Et comme tout ce qu’il écrit, elle touchera chacun de vous au cœur.

Nous l’avons trouvé si belle que nous avons décidé de lui offrir un écrin et d’en confier la couverture et les illustrations à l’artiste Jean-François Martin. La voici, grâce à lui, enjolivée.

Par ce matin givré de février, mon entrevue avec la mort fut à peine remarquée, et ses rebondissements secrets ne devaient m’apparaître que des décennies plus tard. Or j’imagine que c’est précisément ce qui nous intéresse ici, si vous êtes prêts à traverser d’abord l’hiver glacial de mon anecdote bucolique. Les rebondissements, donc. Un rebondissement, pour être précis, aussi scintillant que l’enjoliveur de la Buick 1943 de ma grand-mère. Lire la suite

Les Dames du Chemin, Maryline Martin

Présentation de l’éditeur :

dames-du-cheminCe 16 avril 1917, nous voici à nouveau dans les entrailles de l’enfer. Nous attendons le coup de sifflet pour monter à l’assaut.
J’ai conjugué le verbe attendre à tous les temps. J’ai attendu sans angoisse la lettre de mobilisation. J’attendais avec impatience les lettres et les colis, ces traits d’union avec l’arrière. Aujourd’hui, j’attends la mort, cette faux qui m’a seulement effleuré durant deux ans. Camarde, camarade…

Des recherches sur son grand-oncle tué au Chemin des Dames ont amené Maryline Martin à écrire ce recueil de nouvelles sur la Grande Guerre.

« Dès les premières pages, j’ai senti que ce que je découvrais n’était ni banal ni rebattu, et qu’au-delà des personnages embarqués dans le tumulte et les violences de cette Grande, mais épouvantable Guerre, il y avait autre chose. »
Jean-Pierre Verney

 

Dans ce recueil, il y a la mort qui rôde et des amants Lire la suite

La façon dont les choses commencent

666_667_clubIl était arrivé peu avant minuit. A l’heure où les dîneurs ont déserté les restaurants, à l’heure où les promeneurs ont réintégré le métro. Comme d’habitude.

Ils ne se voyaient pas dans la journée. Elle était occupée. Ni dans la soirée. Elle était très prise.

Deux mois que ça durait.

De son quartier, dont elle lui avait tant vanté les attraits à leur rencontre, il ne connaissait que les façades orangées par l’éclairage artificiel. Jamais vu à la lumière du jour.

Une nuit, ils s’étaient endormis après. Elle l’avait secoué vers quatre heures. Elle tenait à se réveiller seule. Elle avait son rituel du matin. Ils avaient toujours été d’accord sur ce point. Il était reparti à pied.

Peut-être ne voyait-elle personne d’autre que lui. Aussi intimement du moins. Mais tout ce qu’elle ne lui disait pas ouvrait une brèche dans laquelle s’engouffraient ses suppositions par dizaines.

Où commence l’amour ? Il avait compris qu’il était amoureux fou un soir qu’elle n’avait même pas changé les draps.

Jamais on ne l’avait caressé comme ça. Jamais on ne l’avait regardé avec ces yeux-là.

Quand elle allait à la salle de bains, il cherchait des traces qui auraient justifié sa méfiance.

Il n’en trouvait pas.

Ce qui ne signifiait pas que sa méfiance fût infondée.

Elle ne savait pas dire non. Il lui proposait un cinéma, un dîner, une sortie – elle était toujours partante. Elle annulait ensuite. Avec une excellente raison. Et il la rejoignait après. En marchant dans le faisceau des réverbères.

Ce jeudi était férié alors il avait osé émettre l’idée d’un pique-nique. Le cake au saumon finissait de cuire lorsqu’elle avait envoyé un message. J’ai un contretemps. Une amie à aller chercher à la gare. On se voit plutôt comme d’habitude. Ça m’arrange.

Il avait jeté le cake de son cinquième étage. Du saumon sauvage. Chaque annulation piétinait son estime de soi davantage. Le syndrome de Stockholm le menait malgré tout nuitamment jusqu’à l’appartement. Ou son estime retrouvait sa belle vigueur.

En partant ce soir-là, il avait lancé un regard solidaire aux morceaux de saumon échoués dans la haie du rez-de-jardin.

Il pouvait aussi la quitter mais elle l’en empêchait. Il ne parvenait à se défaire de cette conviction intime, profonde, qu’il se serait passé quelque chose de grand s’ils avaient seulement essayé.

Un début d’histoire normal. Se voir dans la journée.

La façon dont les choses commencent.

Ce dont elle ne cessait de les priver.

 

Il avait dans l’idée de repartir comme il était venu, sous l’éclairage municipal, mais tout cela avait pris plus de temps que prévu.

Lorsqu’il avait tiré la lourde porte de l’immeuble, le soleil était déjà haut, qui brillait avec insolence et faisait fuir les nuages d’un blanc pourtant serein.

C’était vrai que le quartier ne manquait pas d’allure.

La rue, du moins, était remarquable. Haussmann méritait ses distinctions.

Elle n’avait pas menti. Au moins une chose qu’il ne pouvait lui reprocher.

Il prit une profonde inspiration et remercia le ciel de tant de beauté.

Il se mit en route cependant que la danse des nuages affirmait que rien de terrible n’arriverait jamais.

D’un pas souple, il s’éloigna de la cave où reposaient les morceaux de sa dulcinée.

La lumière du jour, voilà ce qui faisait tout l’intérêt. Voilà qui révélait la générosité.

Une belle journée s’annonçait.

 

Sophie Adriansen

d’après la pochette de 666.667 Club – Noir Désir

mai 2014

texte publié en août sur Oyoboo

dans le cadre du projet musicalo-littéraire « pochettes-surprises »

auquel j’ai été invitée à participer

Parfaite !, Mercedes Deambrosis

Présentation de l’éditeur :

parfaite-couvertuElle regarde sa montre, presque midi. Elle se lève, s’étire, toujours, et ce simple geste, veut-elle croire, contribue à la souplesse du corps. Elle ne se leurre pas. La jeunesse n’est pas éternelle, mais elle se doit par respect des autres, de ceux qui la regardent, l’envient, l’admirent, d’entretenir au mieux ce que la nature lui a si généreusement offert, ce corps magnifique qui lui a toujours procuré d’immenses joies.

À plus de soixante ans, au prix d’un travail acharné sur son corps et sur elle-même, elle est parfaite. Victime des apparences et des marques, elle s’apprécie avant tout à l’aune des vêtements et accessoires de prix qu’elle arbore comme des trophées.

Mercedes Deambrosis campe une héroïne égarée dans une pension low cost quelque part en Méditerranée. Et là, dans ce milieu hostile, aux antipodes de ce dont elle rêve, son monologue ininterrompu révélera quelques fêlures, quelques mensonges et les compromissions qu’elle a dû faire pour continuer à jouer son rôle de femme parfaitement inaltérable.
Jacques Floret s’amuse des miroirs que tendent les magazines à notre héroïne et c’est non sans humour qu’il entrecoupe le récit de ses interludes publicitaires glacés et sarcastiques.

En peu de pages, et dans la langue sèche et acérée qu’on lui connaît, Mercedes Deambrosis raconte une femme que tout un chacun a déjà croisée – certains l’ont même côtoyée. Une victime de la dictature de la mode, mais une victime consentante. Qui a sacrifié sur l’autel de l’apparence et de la jeunesse éternelle (oxymore) tout le reste. Donc tout ce qui compte. Et qui tente de se persuader que les choix qu’elle a faits étaient les bons ; car si elle s’avouait le contraire, elle ne pourrait que tomber.

Du haut de ses talons, la chute risquerait d’être violente.

Les illustrations colorées de Jacques Floret, qui mettent en scène des représentations féminines sans âmes sur papier glacé, des êtres qui se laissent définir par une paire d’escarpins ou un sac à main – c’est du moins ce que l’on nous vend –, des revendications consuméristes et logotypées, font ressortir davantage encore l’extrême solitude de la narratrice dans le monde qu’elle a fait sien – un monde où tout n’est qu’apparence.

Un petit livre à lire avant de faire du tri dans sa garde-robe et ses envies de shopping, ou à offrir si les priorités ont déjà été revues.

Vu par Jacques Floret

Editions du Chemin de fer, novembre 2014, 80 pages, 14 euros

Jacques FloretLes premières pages sont à feuilleter ici 

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

Rien de bien grave

Candelaria ne viendra pas

Six façons de le dire

D’autres publications des éditions du Chemin de fer

Toute la rentrée littéraire 2014

Fragments choisis :

« Elle aime tout ce qui est nouveau. Et a tiré un trait sur le passé, banni la nostalgie. Le présent, oui. Mais vite. Elle n’a plus de temps à perdre. » (page 30)

« Mon corps m’a toujours procuré de grandes satisfactions. » (page 50)

« On n’apprécie que ce qui coûte et elle, elle est de ces personnes qui refusent de compter, car au fond, elle sait qu’elle n’a pas de prix. » (page 60)

Au début, François Bégaudeau

Présentation de l’éditeur :

au-debutAu début, il y a d’abord le ventre rond, empli de vie, gros de promesses. Promesses mais aussi appréhensions, réflexions, bonheurs, souvenirs… Et déjà une foule de sentiments contradictoires face à l’ « heureux évènement »,  car c’est souvent pour les futurs parents l’occasion de faire le point sur leur propre existence.

 

Au début est un roman de femmes écrit par un homme, qui nous entraîne dans l’infini mystère de la gestation : telle jeune femme n’y avait pas songé et puis c’est arrivé, telle autre a dû avoir recours à la fécondation in vitro, telle autre encore aurait sans doute voulu un enfant mais se voit confrontée aux réticences de son partenaire. À ce chœur féminin se mêle la voix d’un père qui recourt à une mère-porteuse.

Avec son œil sagace et son joyeux sens du verbe, François Bégaudeau transforme l’expérience humaine à la fois la plus banale et la plus essentielle en une tendre aventure pleine de suspense et d’amour. Et d’humour.

 

 

Au début, il y a l’envie d’un enfant, ou une rencontre, ou un miracle, ou un concours de circonstances. Ou encore un accident. Ou encore l’amour. Ou encore le poids des générations antérieures.

 

Au début, il y a un test de grossesse, des vomissements, du déni, des complications, des larmes, de l’espoir, du bonheur, des projets, des promesses.

 

Au début, il y a une réalité tout à fait différente de ce qu’on avait imaginé. Les choses se passent rarement comme prévu.

 

« Au début », ce sont les deux mots par lesquels s’ouvrent chacune des treize nouvelles de ce recueil jubilatoire. Des textes féroces et drôles, une écriture acérée et exigeante. Rien d’inutile. Du concentré de vie(s) autour de celles avortées ou à venir.

 

Au début, c’est un petit livre réjouissant au possible sur cet évènement incroyable, supposé heureux, le plus naturel qui soit pourtant, et extraordinaire autant que d’une banalité affligeante. Du grand art. On en redemande.

 

Alma éditeur, 2012, 216 pages, 18 euros

 

A lire aussi sur Sophielit :

Entre les murs

Tu seras écrivain, mon fils

 

Trois phrases :

 

« On peut raconter les choses sans les comprendre. Le récit c’est justement la parole d’avant la maîtrise. La zone franche entre le silence et le savoir. » (page 186)

 

« Certains fondent une famille pour racheter la leur. » (page 187)

 

« Si les gens devaient attendre d’avoir du fric pour devenir parents, il n’y aurait que des gosses de riches. » (page 190)

 

 

Nouvelles du couple, collectif

Présentation de l’éditeur :

nouvelles-du-coupleLe couple, voilà un sujet qui inspire l’humanité depuis l’Antiquité ; une histoire qui semble immuable. Un être en rencontre un autre. Pour une raison occulte, inaccessible et mystérieuse, ils se lient entre eux. Processus éternel de deux êtres qui parviennent à n’en former plus qu’un : le couple transparaît comme un être vivant qui naît, grandit et meurt. Mais aime-t-on encore lorsque tout s’arrête ? Que reste-t-il de ces amours ? Une infinité de personnalités, de rencontres, de hasards, de choix s’expriment au fil des nouvelles réunies dans ce livre. Samuel Dock, jeune auteur et psychologue, est parti à la rencontre d’écrivains d’horizons très divers avec une unique demande : donnez-moi des nouvelles du couple. Narcissique, complice, tendre, émouvant, voire érotique, parfois destructeur, des auteurs sans concession racontent avec brio le couple dans tous ses états. Dans notre société hypermoderne, prônant l’avoir au détriment de l’être, la définition de l’entité couple a-t-elle encore un sens ? A l’heure de l’individualisme et de l’hédonisme de masse, que reste-t-il de ce que nous connaissons du couple ? L’amour peut-il encore durer ?

« Aime-t-on encore l’autre pour ce qu’il est, pour son mystère et sa singularité, pour ce qui nous échappe ? Aimons-nous l’autre ou aimons-nous l’amour ? Aimons-nous l’autre ou aimons-nous l’aimer ? A quel instant finit-il par se confondre avec nous-même ? Quand devient-il la prothèse, la béquille identitaire sans laquelle Narcisse s’avère incapable de marcher ? » (page 9)

Ainsi s’interroge Samuel Dock, psychologue clinicien, dans le prologue de cet ouvrage qu’il a dirigé. A treize écrivains, il a demandé de lui/nous donner des « nouvelles du couple ». Lui-même signe un texte, La coupure, fiction sur l’amour-fusion, l’amour-possession, l’amour-absorption. « Je nous voulais, tous deux, et personne d’autre. » (page 15)

Dans ce recueil très hétérogène, visions du couple, réflexions sur l’état amoureux, histoires singulières se suivent et ne se ressemblent pas.

Avec Les romantiques, Hafid Aggoune livre le récit d’une rencontre dont la banalité fait la beauté. Le mystère, le hasard, l’inexplicabilité qui rapproche deux êtres qui ne se quitteront plus, voilà le miracle.

« Ils s’aimaient avant de s’aimer. Ils allaient l’un vers l’autre tout au long de leurs vies séparées, elle et lui, deux satellites en orbite autour d’une idée simple et belle, la leur, celle de deux vigies scrutant les ciels rouges du matin et rouges du soir, jouissant entre les deux de cette brève existence et des quelques délices que la vie offre aux vivants entre deux fins du monde. » (page 45)

Hafid Aggoune dépeint la rencontre de deux individus qui se complètent sans qu’aucun n’empiète sur l’identité de l’autre. « Elle aime cette singularité chez lui, rien d’étouffant et rien de l’ennui, la bonne distance. » Il dit aussi ce qu’il faut avoir compris et admis de soi pour pouvoir aimer l’autre librement, et donner. « On ne devient adulte qu’une fois nos peurs et nos souffrances d’avant mortes, toutes nos peurs et toutes nos souffrances mortes, acceptées. »

Frank Bertrand offre une nouvelle délicieuse, presque une pièce, du théâtre de boulevard autour du désir et de la peur de perdre l’autre qui laisse la place à tous les fantasmes. Dis-moi que je rêve est un bonheur de lecture incarné par deux personnages inoubliables, Gilles et Stella, fascinante créature de Taormina.

D’autres textes – moins réussis – tendent à l’érotisme, incontournable question lorsqu’est abordé le sujet du couple, en inventant fantasmes, mises en scène, bulles d’interdits…

Mais c’est sinon l’inégalité, du moins la diversité de ce recueil qui fait aussi son charme. Et l’ensemble nous pousse à prendre, nous aussi, des nouvelles de notre (nos) couple(s).

Sous la direction de Samuel Dock, Editions France-Empire, mars 2014, 142 pages, 15 euros

Les Aventures du concierge masqué – L’Exquise Nouvelle saison 3

EN a - CopieVingt nouvelles, soixante-et-un auteurs, un mystérieux Concierge Masqué et une bonne action. Tel est le programme de ce recueil collectif intitulé « Les Aventures du concierge masqué », qui constitue la troisième saison de l’Exquise Nouvelle.

 

Sur le principe des mix & match books, ces livres qui permettent de composer des personnages aléatoires à partir de jambes, corps et têtes très différents, chaque nouvelle a été écrite par trois auteurs sans qu’aucun ne sache avec qui il cosignerait le texte.

 

 

Parmi les soixante-et-un hommes et femmes de plume qui se sont prêtés au jeu, on retrouve des habitués du genre noir (Didier Daeninckx, Frédéric Mars, Nadine Monfils…) et d’autres qui y font leurs premiers pas, comme le journaliste François Alquier ou l’écrivain Sigolène Vinson.

La préface du recueil est signée par Maud Tabachnik.

Exquise

 

 

 

 

Pour ma part, j’ai eu la délicate mission de commencer une nouvelle… J’ai nommé ce début « Première loge ». Logique, non, pour une affaire de concierge ? Mais ce que mes acolytes ont fait des personnages que j’ai imaginés, en revanche, je l’ignore encore…

 

Pour vous donner envie de découvrir ce réjouissant projet, voici le début de mon début :

 

Quarante ans de métier. Pas rien. Surtout que ces quarante ans en sont presque soixante si on compte l’éducation, et encore plus si on ajoute les gènes et le – comment il appelle ça, déjà, le type du premier ? ah oui, le transgénérationnel.

Pas seulement uen3-4couv-hdn métier, d’ailleurs, mais un mode de vie. Observer et enregistrer. Savoir et ne rien dire. Vivre au milieu sans vraiment faire partie de.

 

 

 

 

L’Exquise édition, septembre 2013, 10 euros

 

Les droits d’auteurs du recueil sont reversés à l’association des pancréatites chroniques héréditaires.

 

Pour commander son exemplaire : c’est ici que ça se passe ! >> http://www.concierge-masque.com/en3/commandez-votre-exemplaire-multi-dedicace/

 

Toutes les infos : http://www.concierge-masque.com/en3/#home

 

Le booktrailer :

 

 

 

 

 

Les petites ironies de la vie, Thomas Hardy

Ce recueil contient neuf nouvelles de Thomas Hardy (1840-1928), romancier, poète et novelliste anglais. Certaines d’entre elles ont été publiées dans un recueil intitulé Les petites ironies de la vie et dans un autre nommé Contes du Wessex, à la demande de l’auteur.

Toutes s’attachent, ainsi que l’indique le titre du livre, à pointer l’ironie qui ne manque jamais de surgir au beau milieu des existences anonymes. Elles sont également autant de tableaux de l’Angleterre à la fin du XIXème siècle – ou un peu avant -, avec ses habitudes et ses évènements, comme la Grande Exposition de Londres de 1851 sur laquelle s’ouvre la nouvelle Ollamoor, le ménétrier.

 

Focus sur trois nouvelles qui donnent envie de lire le recueil dans son entier.

 

Le veto du fils, qui pose la passionnante question du devenir de la mère une fois que, sa tâche éducative accomplie, elle se trouve dépassée par son enfant qui en vient à avoir honte d’elle.

Sophy, jeune campagnarde de condition modeste, a épousé le pasteur dont elle était la servante après que celui-ci, veuf, a culpabilisé de ce qu’elle soit devenue infirme en chutant dans ses escaliers. Leur fils Randolph reçoit la meilleure éducation possible ; il rentrera lui aussi dans les ordres. Il devient très vite plus cultivé que sa mère, chacun d’eux étant gêné, pour des raisons différentes, de cet état de fait.

A la mort du pasteur, Sophy voit revenir Sam, un jardinier qu’elle a connu du temps où elle était encore la domestique du pasteur. Il lui propose de devenir sa femme. Sophy sait qu’en l’épousant elle épouserait aussi son mode de vie, plus simple et plus proche de ce qu’elle est vraiment et dont son premier mariage n’est parvenu, en dépit des apparences, à l’éloigner.

Mais le jeune Randolph, à qui elle expose son projet, pose son veto : pas question que sa mère renonce à cette bonne société dans laquelle elle évolue depuis ses premières noces et qui est pour Randolph le seul univers envisageable…

 

La tournée, qui interroge sur les risques qu’il y a à faire le bonheur des autres malgré eux tout en rappelant le pouvoir de la correspondance, aujourd’hui quasiment disparue.

Dans l’attente d’un procès, un avocat londonien plein d’avenir fait une excursion dans un village de campagne où est installée une fête foraine. Il se laisse aller à contempler les fraîches jeunes femmes qui montent les chevaux de bois du manège et offre un tour supplémentaire à l’une d’elles. Les deux jeunes gens font connaissance, approfondissant ce lien nouveau au cours de promenades. Lorsque l’avocat doit s’en aller, il fait promettre à la jeune Anna qu’elle lui écrira.

Mais Anna, servante de son état, est illettrée. Ne pouvant renoncer à donner suite à la correspondance engagée par le jeune homme, elle demande à sa patronne, Edith, une femme dont le cœur n’a pas battu la chamade depuis des lustres, de lui lire les lettres de Charles et d’y répondre. Edith s’exécute avec chaque fois plus d’ardeur que la précédente, bercée des espoirs qu’a fait naître sa fugitive rencontre avec Charles devant le manège où elle venait chercher Anna.

Anna est enceinte et, en dépit de sa condition, Charles consent à l’épouser : c’est qu’il est plus que charmé par ses lettres. Anna fera une formidable femme d’avocat, il est en certain. Tout est arrangé par courrier. Anna, qui s’est exercée à écrire son nom sur les conseils d’Edith, signe l’acte de mariage, au comble du bonheur. Après la cérémonie, alors qu’Edith et elle célèbrent l’évènement dans l’appartement de Charles, celui-ci demande à Anna d’écrire un mot pour sa sœur, qui n’a pu faire le déplacement, en y mettant toute la poésie et la philosophie dont elle a fait montre dans les courriers qu’elle lui a adressés…

 

Complaire à son épouse, qui traite de la jalousie et de l’envie (amoureuses comme matérielles) et de l’aveuglement où elles conduisent.

Deux jeunes amies, Emily et Joanna, assistent au retour d’un marin. Après avoir flirté avec Emily, puis avec Joanna, et avoir demandé cette dernière en mariage, le marin vient trouver Emily à la boutique qu’elle tient : Joanna lui aurait dit qu’elle n’était pas tant que cela attachée à lui. Cachée derrière un rideau, l’ambitieuse Joanna, venue précisément pour dire à Emily qu’elle lui laisserait le marin si elle le voulait, entend tout. Par fierté, elle prend alors la décision de se laisser épouser.

Joanna qui avait rêvé d’un meilleur parti épouse donc le marin dont elle a deux enfants. Ne voulant devenir la demi-veuve que sont toutes les femmes de marins, elle prend avec lui un petit commerce. Les affaires ne vont cependant pas fort.

Dans l’intervalle, Emily a épousé un excellent parti. Elle vit juste en face de la boutique de Joanna.

Rongée par la jalousie, Joanna consent à laisser repartir son mari en mer, seul territoire où il sache faire fortune. Il revient avec un trésor mais Joanna n’en a jamais assez. Elle le laisse repartir avec cette fois leurs deux grands fils et l’espoir d’être riche à leur retour…

 

Gallimard, L’imaginaire, 2001, 248 pages, 8,15 euros