Trois fois le loyer, Julien Capron

Présentation de l’éditeur :

Trois fois le loyerIl s’agit d’une quête. Peut-être pas la plus arthurienne des quêtes, mais pas forcément la moins épique : trouver, de nos jours, un logement à Paris. Et les moyens de se l’offrir.
C’est l’histoire d’un couple qui a commis une erreur : croire qu’il faut faire ce qu’on aime dans la vie. Cyril est photographe de presse, Pauline cuisinière free-lance. Ils naviguent entre Montmartre et les jolis cafés des bords de l’Ourcq. En clair, ce sont des bobos. Mais des bobos sans complexe de supériorité et qui défendent courageusement leurs rêves.
Célibataires, ils se débrouillaient avec des miettes de revenus. Ils se sont rencontrés, ils sont tombés amoureux, ils ont décidé de s’installer ensemble. Le deux-pièces où ils devaient emménager leur échappe. Ils n’ont que quelques jours pour trouver un toit.
Les agents immobiliers les éconduisent à une cadence de métronome. Bientôt, c’est la plongée dans l’envers de Paris, celui des trafics et des misères. Pauline et Cyril n’ont plus qu’un moyen de s’en sortir : le poker.
Il va falloir apprendre à jouer. Il va falloir faire équipe au-delà des bonnes intentions et des jolis sentiments.

Ne parvenant à trouver un appartement par leurs propres moyens, y compris avec de faux bulletins de salaire, et ne voulant retourner vivre chez leurs parents, Pauline et Cyril s’installent dans un hôtel miteux qu’ils paient à la semaine. Cyril tente de renflouer les caisses en jouant en ligne au poker. Malgré cela, leurs économies fondent comme neige au soleil…
Jusqu’à ce que se présente ce qui apparaît comme une aubaine : un tournoi de poker avec à la clé un superbe appartement dans les beaux quartiers de la capitale. Sauf qu’il faut impérativement y participer en couple. Cyril entreprend donc d’enseigner à Pauline les règles de ce jeu qui prend cinq minutes à apprendre et toute une vie à maîtriser.
Le poker est ce jeu qui se pratique avec 52 cartes, et dans lequel il existe 1 326 combinaisons de deux cartes avec lesquelles on peut se retrouver au départ. Voici Cyril et Pauline engagés dans le tournoi.
Et si, pour se sortir de l’enfer, ils venaient de plonger dans un autre ?

Étant donné le titre – c’est lui qui m’a attirée -, j’aurais aimé que davantage d’importance soit accordée aux recherches immobilières, qui ne servent finalement que de prétexte à la suite. A défaut, j’ai découvert le déroulement d’un tournoi de poker et, même si j’ai sauté bien des pages en expliquant les règles, je me suis laissé prendre par le suspense qui rythme la compétition – et donne au roman des airs de thriller psychologique.
D’autant que Julien Capron parsème régulièrement sa prose de phrases bien senties qui disent tout son talent de fin observateur des êtres faibles que nous sommes et du ridicule de nos existences, le plus souvent.
Bien qu’il n’ait pas ressemblé à ce que j’imaginais, un très bon moment de lecture.

Flammarion, 2012, 384 pages, 20 euros

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Breaks :

« La chance ne donne jamais. Elle prête. » (proverbe suédois page 11)

« Etre adulte, c’est se rendre compte que les revenus, ce n’est pas de l’argent, c’est la définition stricte de ce qu’on pourra et de ce qu’on ne pourra pas vivre. » (page 42)

« De toute évidence, il est difficile de faire admettre à un propriétaire qu’il existe de nos jours toute une économie qui ne fonctionne pas à la paie fixe et à l’échelon hiérarchique. » (page 51)

« Le management, c’est récompenser, mais c’est aussi tenir ses employés sous pression. » (page 54)

« Sa vie est un appareil démonté qu’elle ne sait comment réparer. » (pages 136-137)

« Paris est un piège qui ne veut pas de ses habitants. » (page141)

« Selon Gore Vidal, au poker, il ne suffit pas de gagner. Il faut que les autres perdent. » (page 159)

« Pourquoi faut-il vaincre pour gagner ? » (page 175)

« D’après Walter Matthau, le poker représente le capitalisme dans ce qu’il a de pire. Et donc le meilleur des États-Unis. » (page 214)

« Ça coûte de plus en plus cher d’être pauvre. » (page 239)

« Parfois, aimer quelqu’un, ça consiste à ne pas relever ses injustices. » (page 245)

« Ainsi le grand silence se ride de nos murmures. » (page 269)

« Un couple est une religion, qui construit sans relâche son ciel et sa terre. » (pager 316)

« Pour les Américains, le poker est l’activité la plus violente qu’on puisse pratiquer assis. » (page 324)

« Ils ne jouent pas leur vie mais leur ego. » (page 326)

« Si, au bout d’une demi-heure, t’as pas repéré qui est le pigeon de la table, c’est que le pigeon, c’est toi. » (page 331)

« Comment se fait-il que nos désirs puissent être si forts et que ça ne fasse aucune différence pour la réalité ? » (page 353)

« Les finances peuvent s’effondrer, la rue peut les reprendre, tant que Cyril sera là, son monde tiendra d’un seul morceau. » (page 365)

Que nos vies aient l’air d’un film parfait, Carole Fives

Présentation de l’éditeur :

1erecouv-que-nos-vies-aient-lair-dun-film-parfaitCertains pensent que le divorce, ça ne sépare que les adultes. Années 80. Déferlante rose sur la France. Première grosse vague de divorces aussi. à la télé, Gainsbourg, Benny Hill et le Top 50. Un frère et une sœur sont éloignés. Vacances, calendriers, zone A, zone B. La séparation est vécue différemment par chacun. Chacun son film, sa version, le père, la mère, la sœur. Chacun sa chanson. Un seul se tait, le cadet. Lui, ne parle pas, il attend. Huit ans, neuf ans, dix ans…Dans les familles, les drames se jouent mais ne se disent pas. Huit ans, vingt ans trente ans… Que nos vies aient l’air d’un film parfait est un livre sur l’amour fraternel, celui qui seul permet de traverser ces années sauvages, ces plages d’enfance.

Fanny et Tom sont des enfants divorcés ; pas seulement des enfants de divorcés. Coupés en deux, chacun. Car Fanny, la grande sœur, cède, avec l’inconséquence de ses douze ans, à la requête de sa mère : faire écrire à Tom la lettre qui lui fera en obtenir la garde. Restée seule avec son père qui les élevait jusqu’alors, ainsi qu’en avait décidé le juge, elle prend conscience de son erreur. Il est évidemment trop tard pour la réparer – ce à quoi elle s’emploiera cependant sa vie durant.

Dans ce premier roman, Carole Fives (déjà auteur entre autres d’un recueil de nouvelles, Quand nous serons heureux, et d’un ouvrage écrit à quatre mains avec Amandine Dhée, Ca nous apprendra à naître dans le Nord) fait s’entremêler les voix et les points de vue. La sœur, le père, la mère s’expriment à tour de rôle. Seul le frère, qui est au cœur des préoccupations de chacun, reste muet. Que restera-t-il de cette enfance coupée en deux et de leur lien fraternel lorsque le frère et la sœur seront devenus grands ?

Cette construction forme un puzzle d’où émerge la culpabilité de Fanny, attachante héroïne. En toile de fond, ces années 80 où le divorce, avec son lot de mensonges, de violences psychologiques et de lésions invisibles, se banalise doucement mais sûrement.

Que nos vies aient l’air d’un film parfait se lit d’une traite et résonne d’une mélodie acidulée et entêtante comme la chanson dont les paroles donnent son titre au livre. Derrière l’apparente légèreté, la tristesse est infinie, les regrets sont éternels. Le divorce est une blessure irrémédiable, et c’est l’issue d’un mariage sur deux.

Un premier roman polyphonique tout en sobriété et d’une grande justesse.

Editions Le Passage, août 2012, 124 pages, 14 euros

Morceaux choisis :

« Tu es désormais son seul lien avec le père, à ton retour le dimanche soir elle te cuisine, te soutire des informations que tu finis malgré toi par lâcher, comme ces suspects qui finissent par balancer un nom chez les flics. De guerre lasse, pour avoir la paix tout simplement. Lorsque tu revois ton père le samedi, tu te sens coupable de haute trahison, fautif d’avoir entendu ces insultes sans avoir seulement réagi. Tu es un traître, un agent double qui devant chaque parent se recompose un visage différent. » (pages 22-23)

« Il paraît qu’il y a pire petit frère, il paraît qu’il y a des familles où l’on ne divorce pas alors qu’il vaudrait mieux. […] Mais tu doutes petit frère, tu doutes qu’il y ait pire que ça, pire que les gens qui s’aiment et se séparent. » (page 45)

 

« Certains pensent que le divorce, ça ne sépare que les adultes. » (page 61)

« J’avais douze ans et je les aurai toute ma vie […] Je suis restée coincée dans cette chambre petit frère, et toute ma vie sera ce jour de juillet où j’ai bradé notre enfance. » (pages 65-66)

« Dans les familles, les drames se jouent mais ne se disent pas. » (page 66)

« Un père, c’est bien s’il est là, mais ce n’est pas indispensable non plus. » (page 68)

« Tu n’es pas mort Tom, il y a juste mille kilomètres entre nous. Tu n’es pas mort Tom, mais tu as emmené une partie de moi avec toi, là-bas. » (page 73)

« Il paraît qu’il n’y a que les victimes qui se sentent coupables. » (page 77)

« Les grands n’ont rien compris. Les grands ont oublié qu’ils avaient eu un frère, une sœur, ou simplement un ami, un alter ego. En vieillissant, ils taisent cet amour-là, ils le changent en autre chose, de plus commun, de moins magique, ils oublient qu’avec l’eau à la fraise, un jour, ils ont fait de la framboise, ils oublient qu’ils ont transformé le plomb en or, le sable en château, la chambre en piste de danse, ils oublient les ragondins, les pestacles et les prunes qui roulent sur la colline. » (page 84)

« Est-ce qu’on peut avoir des enfants quand on est soi-même restée enfant ? Je veux dire, au niveau psychologique ? » (page 87)

Magari, Eric Valmir

MagariPrésentation de l’éditeur :

Quand Lorenzo sort de chez lui ce matin-là, flottent sur Rome toutes les promesses de l’été. Nous sommes le 19 juin 2001. Silvio Berlusconi est redevenu quelques jours plus tôt chef du gouvernement. Pour la plus grande joie de ses tifosi, l’AS Roma vient de remporter le troisième scudetto de son histoire. Et Lorenzo est heureux : certainement pas à cause du retour aux affaires du Cavaliere – la politique, il en a soupé. Peut-être même pas grâce à la victoire de son équipe, et Dieu sait pourtant s’il a rêvé de revivre une telle liesse… Non, Lorenzo est heureux parce que Francesca l’aime. Parce que, dans quelques mois, naîtra leur premier enfant, une fille, il en est certain. Parce que, à l’abord de la trentaine, l’ombre du petit garçon naïf et malhabile, celle de l’adolescent irrésolu ballotté par tous les vents contraires, n’est plus si lourde à porter. Aujourd’hui, sa vie a un axe, un socle, une direction. Alors, il traverse la rue sans faire attention. Et ne voit pas la voiture qui surgit au même moment…

Étendu sur le bitume, Lorenzo remonte le fil de sa vie. Celle d’un jeune Romain qui a grandi écartelé entre l’intransigeance d’un père communiste ultra militant, les migraines d’une mère rongée par un drame familial et l’amour d’un grand-père cachant tant bien que mal son passé mussolinien. Un parcours chaotique marqué par ce sentiment d’incertitude, de désirs, de rêves enfouis et aussi de résignation qu’exprime le mot « magari » (« si seulement… »), comme un état d’âme qui se décline à l’infini.

 

Ce roman, le deuxième d’Eric Valmir, commence par une explication du mot « magari », Inch’Allah italien intraduisible en français :

« Magari est une richesse de la langue italienne qui ne peut se traduire par un seul mot.

C’est un sentiment d’incertitude, de désirs, de rêves cachés, mais qui peut aussi porter en lui la négation et la résignation. Le célèbre dictionnaire franco-italien de Raoul Boch en propose plusieurs définitions: si seulement, j’aimerais bien, qu’il plaise à Dieu, quand bien même, ça ne viendra pas mais attendons quand même, sans doute, probablement, peut-être pas…

Magari, c’est un état d’âme qui se décline à l’infini. » (page 11)

 

 

Éric Valmir a été correspondant de Radio France à Rome pendant cinq ans. Ce séjour prolongé lui a fourni la matière de Magari, grande fresque de l’histoire récente de l’Italie portée par la voix de Lorenzo, né au début des années 70, passionné de football que son père, un communiste très militant, tente désespérément d’intéresser à la politique. Lorenzo grandit pendant les années de plomb, s’habituant comme il peut aux fusillades et aux attentats.

Son père et sa mère s’affrontent à propos du passé mussolinien du grand-père : pour le père, c’est une raison pour que Lorenzo n’aille plus chez son papi adoré en Ombrie ; pour la mère, son propre père est avant tout un bon grand-père dont elle ne veut pas priver son fils – et réciproquement.

Tandis que tout est politique, que tout est combat pour les parents de Lorenzo, les rapports de l’enfant à son grand-père sont basés sur des choses simples – les légumes, les oiseaux, la nature.

C’est malgré ce tiraillement que Lorenzo tente de se construire.

 

Magari commence au début des années 2000. Lorenzo vient de se faire renverser par une voiture. Allongé au sol, il déroule le fil de ses souvenirs. Son modèle, son référent, c’est Pinocchio, qui s’en sort toujours. Comme lui ?

 

Avec talent, Eric Valmir raconte l’histoire d’un pays, sur une période donnée – trois décennies environ – par le prisme des souvenirs d’une seule famille. Long de près de 400 pages, son ouvrage est un livre plein d’images et une plongée en profondeur dans la société italienne de la fin du XXème siècle. C’est enfin le roman d’apprentissage d’un héros attachant et inoubliable.

 

Mention spéciale au récit (véridique), impossible à lâcher, des dernières très longues heures d’Alfredo Rampi, ce petit garçon tombé dans un puits près de Rome en 1981, et qui n’a pas été sans m’évoquer l’agonie d’Omayra Sanchez, cette Colombienne de treize ans prisonnière de la boue après l’éruption du volcan Nevado del Ruiz en 1985, et qui est morte elle aussi « en direct » sur les écrans du monde entier.

 

Editions Robert Laffont, août 2012, 384 pages, 20 euros

 

 

Quelques citations :

 

« Les gens sont toujours en train d’imaginer le pire devant un corps étendu au sol. Ce raisonnement ne tient pas debout. A ras de terre, les perspectives ne sont pas aussi mauvaises qu’on le pense. » (page 17)

 

« Toi aussi, tu devrais avoir des pensées fortes auxquelles t’accrocher quand les autres essaient de faire du mal. Un personnage, un poète, un dieu. Tu dois bien avoir quelque chose en tête qui te fasse tenir ?

Bien sûr. Pinocchio, qui s’en sort toujours à la fin. Mais ça, je ne pouvais pas l’avouer à Youness. » (pages 58-59)

 

« Les rivières sont comme les hommes. Elles subissent le temps, ses accidents, ses épreuves et ses erreurs de parcours. » (page 62)

 

« La famille, c’est sacré, paraît-il. En regardant celles qui vivent dans le quartier, à Rome, je me dis que ça doit être vrai. Il y a des cris, des embrassades, des rires, de la musique.

Chez nous, on ne s’embrassait pas, ça gueulait politique et j’étais toujours tenu à l’écart. » (page 71)

 

« Un but de la Roma est toujours une revanche sur le quotidien qui nous écrase. » (page 132)

 

« J’ai demandé à Youness ce qu’était un communiste. Il m’a expliqué que c’étaient les types qui se battaient contre les fascistes. Alors, j’ai pensé que mon père devait effectivement être communiste même si je ne comprenais pas vraiment ce que cela signifiait. » (page 138)

La fille à la vodka, Delphine de Malherbe

Présentation de l’éditeur

Alice est belle. A Paris, le monde lui sourit. Mais soudain, pour une raison mystérieuse, elle abandonne sa vie et part s’installer à Avignon. Dans la capitale du théâtre, elle tombe le masque devant un homme étrange qui l’attire. Face à lui, elle défaille et se révèle victime d’un mal tabou chez un nombre croissant de jeunes femmes : l’alcool. La passion amoureuse va-t-elle la guérir de la dépendance à la vodka ? Pas à pas, telle une équilibriste fragile sur un fil tendu, elle avance avec hésitation entre la sagesse et le gouffre, entre l’ivresse de vivre et le vertige de l’amour.

La force de Delphine de Malherbe est de transformer le tabou de l’alcoolisme féminin en un roman fort et beau, dédié à Romy Schneider et Amy Winehouse en particulier… et aux femmes en général. Lire la suite

Remise du Prix du Style 2012

Au cours des dernières semaines, j’ai lu et présenté les 9 titres en lice pour le Prix du Style 2012.

Celui-ci a été décerné hier soir, au Palais du Luxembourg, et il a couronné le formidable roman

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Les pays

de Marie-Hélène Lafon

(Buchet/Chastel)

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Elle y a cette phrase :

« Lire écrire c’était comme respirer, inspirer expirer, de tout le corps. »

 

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Voir la présentation du roman sur mon blog.

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Voir la sélection complète.

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Quelques images de la soirée : Lire la suite

Gaspard-Marie Janvier, Quel trésor !

Sophie lit… la sélection du Prix du Style 2012 9/9

voir la sélection complète ici

 

Présentation de l’éditeur

À l’acheteur hésitant

Si le vent des hélices, le claquement des voiles

Les îles perdues et les trésors cachés

Si les chansons des marins sous les étoiles

Les pintes qu’on trinque à l’amitié

Et tous les récits d’aventure simplement racontés

Ont encore le pouvoir de plaire

Comme ils l’ont fait dans le passé

Aux hommes et femmes de caractère

Eh bien ami, passez monnaie ! Sinon

Si la jeunesse gavée n’a plus faim d’équipée

Si elle oublie les Flint, les Mermoz, les Robinson

L’envoûtement des cartes à la veillée

Les créatures de l’Écosse enchantée

Ainsi soit-il ! Et puissé-je avec tous mes forbans

M’endormir sous la dalle gravée

Où gisent les trésors des romans. Lire la suite

L’Averse, Fabienne Jacob

Sophie lit… la sélection du Prix du Style 2012 8/9

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Présentation de l’éditeur

« L’attraction, les femmes l’attrapent au creux de leurs flancs dès qu’elles passent à ma hauteur. Chaque foulée me rapproche de mon instinct d’origine, chaque pas m’éloigne de mon être de surface. L’appel du corps, un appel d’intérieur à intérieur, des chiens qui se sentent. Elles aussi, les petites, elles bichent. Le côté voyou dont je ne réussis pas à me défaire les aimante. J’ai tout fait pour paraître français, le plus français possible.

J’ai failli réussir. »

Toute sa vie Tahar a aimé ce qui coule, les fleuves, les pluies, les femmes… Quand vient sa dernière heure, montent en lui les visions de l’Algérie qu’il a quittée. L’enfance dans l’incandescence du djebel et la lumière coupante comme un crime en plein midi. Et aussi la guerre qui ne dit pas son nom, mais contraint les hommes à des choix. Lire la suite

Avant la chute, Fabrice Humbert

Sophie lit… la sélection du Prix du Style 2012 7/9

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Présentation de l’éditeur

En Colombie, la famille Mastillo tente de survivre sur son lopin de terre dans la jungle. Au Mexique, le sénateur Fernando Urribal, à l’abri de son grand domaine, partage son temps entre la capitale et l’état de Chihuahua. En France, dans une cité, le petit Naadir vit paisiblement au milieu des siens en tâchant de ne pas voir l’irruption des dangers.

Progressivement, ceux-ci vont pourtant voir leur existence basculer. Emanuel Mastillo est tué et ses deux filles, Norma et Sonia, deviennent des migrantes, remontant toute l’Amérique centrale pour rejoindre les Etats-Unis. Le sénateur Urribal voit sa position menacée de toutes parts, entre les soupçons politiques et les menaces des cartels de la drogue. Quant à Naadir, la mort d’un jeune du quartier et la blessure de son propre frère en font le témoin contrarié et pourtant visionnaire de la chute. Lire la suite

Les chagrins de l’Arsenal, Patrice Delbourg

Sophie lit… la sélection du Prix du Style 2012 6/9

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Présentation de l’éditeur

Un livre saccagé vogue au fil de la Seine. Un autre, déchiqueté en petits morceaux, gît au fond d’une corbeille de jardin public. Un troisième, calciné, attend sur un banc à l’arrêt d’un autobus.

Une inquiétante et cruelle épidémie contamine le quartier de l’Arsenal. On murmure qu’un forcené s’adonne, nuitamment, à un étrange ballet de livricide. Un petit Fahrenheit de poche. Un autodafé intime.

Faire disparaître d’une bibliothèque tous les ouvrages qui ont pourri vos jeunes années…

Froide détermination ? Insupportable solitude ? Folie douce ?

Timothée Flandrin a une conception toute personnelle de la loi du talion.

 

Une déclaration d’amour fou à la littérature. Lire la suite

La recherche de la couleur, Jean-Marc Parisis

Sophie lit… la sélection du Prix du Style 2012 5/9

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Présentation de l’éditeur

« C’est chez Dayen que j’avais ressenti les premiers signes d’une déprise, d’un départ — j’ignorais alors qu’il serait précédé de beaucoup d’autres. Un accablement, une aversion soudaine pour le décor, le décor humain j’entends, car il y avait un piano. Qu’est-ce que mon corps — autrement dit ce qu’il me restait de ma vie — faisait là ? »

Qui est François Novel ? Un homme qui vit d’écrire, un homme libre, qui entend bien le rester. Un événement dramatique va amplifier son sentiment d’exil, sa distance face au « décor humain ». Et quel décor ! Un faux ami, une chanteuse toxique, des figurants grotesques ou malfaisants. Tout un théâtre de cruautés et de vanités transcendé par l’irruption de personnages bouleversants. Car pour qui cherche la couleur dans un monde transparent, l’aventure se rencontre au coin de la rue. Lire la suite