Lithium, Aurélien Gougaud

Présentation de l’éditeur :

lithiumElle, vingt-trois ans, enfant de la consommation et des réseaux sociaux, noie ses craintes dans l’alcool, le sexe et la fête, sans se préoccuper du lendemain, un principe de vie. Il vient de terminer ses études et travaille sans passion dans une société où l’argent est roi. Pour eux, ni passé ni avenir. Perdus et désenchantés, deux jeunes d’aujourd’hui qui cherchent à se réinventer.

Dans un texte crépusculaire, Aurélien Gougaud entremêle leurs voix, leurs errances, leur soif de vivre, touchant au plus près la vérité d’une génération en quête de repères. Un premier roman d’une surprenante maturité, qui révèle le talent d’un jeune auteur de vingt-cinq ans.

 

Elle joue les larbins dans une station de radio, lui arnaque des vieux pour Lire la suite

[Prix du Style 2013] Au revoir là-haut, Pierre Lemaitre

Sacha Lenormand pour le Prix du Style www.sachalenormand.comComme l’année dernière, j’ai le plaisir de lire la sélection du Prix du Style, qui sera remis le 19 novembre prochain au Palais de Tokyo. Six titres figurent sur la deuxième liste et seront ici présentés. Les voici par ordre alphabétique d’auteurs :

 

Trois grands fauves – Hugo Boris (Belfond)

Petites scènes capitales – Sylvie Germain (Albin Michel)

La première pierre – Pierre Jourde (Gallimard)

Au revoir là-haut – Pierre Lemaître (Albin Michel)

Faillir être flingué – Céline Minard (Rivages)

Une année qui commence bien – Dominique Noguez (Flammarion)

 

Présentation de l’éditeur :

« Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d’avantages, même après. »

Sur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu’amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts…

Fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l’après-guerre de 14, de l’illusion de l’armistice, de l’État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l’abomination érigée en vertu.

Dans l’atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.

 

 

Sacha Lenormand pour le Prix du Style  www.sachalenormand.comFin de la Grande guerre, la der des der qu’ils disaient, carnage au bilan effroyable (des morts par millions, 60 millions d’obus tombés sur Verdun). Albert Maillard et Edouard Péricourt ont survécu. Maillard a été enterré vivant dans un trou d’obus, et Péricourt, fils de grande famille bourgeoise, plutôt du genre à avoir de la chance, l’a sauvé d’une mort certaine. Ce même jour, à la veille de l’Armistice, Péricourt a reçu un éclat d’obus qui lui a arraché toute la partie inférieure du visage.

 

A l’origine de cela, le lieutenant Henri d’Aulnay-Pradelle, un homme bien décidé à renouer avec la gloire qu’ont connu ses ancêtres, quitte à tuer ses propres soldats – tous les moyens sont bons pour devenir un héros décoré.

 

Dans cet après-guerre, l’on célèbre tellement les morts que l’on en oublie presque les vivants. L’Etat à décidé de faire bâtir dans chaque village un monument aux morts. Abîmés dehors comme dedans, les deux rescapés montent une escroquerie : ils proposeront aux maires un catalogue de différents modèles de monuments et empocheront l’acompte avant de disparaître.

 

Pendant ce temps, Aulnay-Pradelle, qui a épousé la fortunée sœur d’Edouard, se spécialise dans le rapatriement des corps enterrés sur les champs de batailles vers de grandes nécropoles, dignes sépultures sur lesquelles les familles pourront se recueillir. Moyennant le graissage de pattes de fonctionnaires et autres décideurs politiques, il s’autorisera les combinaisons inscriptions/contenus des cercueils les plus aléatoires et les économies en tous genres.

 

« Le pays tout entier était saisi d’une fureur commémorative en faveur des morts, proportionnelle à sa répulsion vis-à-vis des survivants. »

 

Pierre Lemaitre vient du polar ; à en juger par le nombre des récompenses qu’il a obtenues, il excelle dans le genre. En se basant sur le scandale des exhumations révélé en 1922, il fait une entrée fracassante en littérature blanche : Au revoir là-haut, roman fascinant, efficace, très accessible – populaire, dit-on –  et plein de rebondissements, a été couronné ce lundi par le prix Goncourt 2013.

 

« A la guerre, on veut des morts franches, héroïques et définitives, c’est pour cette raison que les blessés, on les supporte, mais qu’au fond, on ne les aime pas. »

 

Albin Michel, août 2013, 576 pages, 22,50 euros

 

 

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

L’édition 2012 du Prix du Style

Le Prix du Style 2010

Toute la rentrée littéraire 2013

 

 

 

[Prix du Style 2013] Petites scènes capitales, Sylvie Germain

seconde-selection-2013Comme l’année dernière, j’ai le plaisir de lire la sélection du Prix du Style, qui sera remis le 19 novembre prochain au Palais de Tokyo. Six titres figurent sur la deuxième liste et seront ici présentés. Les voici par ordre alphabétique d’auteurs :

 

Trois grands fauves – Hugo Boris (Belfond)

Petites scènes capitales – Sylvie Germain (Albin Michel)

La première pierre – Pierre Jourde (Gallimard)

Au revoir là-haut – Pierre Lemaître (Albin Michel)

Faillir être flingué – Céline Minard (Rivages)

Une année qui commence bien – Dominique Noguez (Flammarion)

 

Présentation de l’éditeur :

 

Sacha Lenormand pour le Prix du Style www.sachalenormand.com

« L’amour, ce mot ne finit pas de bégayer en elle, violent et incertain. Sa profondeur, sa vérité ne cessent de lui échapper, depuis l’enfance, depuis toujours, reculant chaque fois qu’elle croit l’approcher au plus près, au plus brûlant. L’amour, un mot hagard. »

Tout en évocations lumineuses, habité par la grâce et la magie d’une écriture à la musicalité parfaite, Petites scènes capitales s’attache au parcours de Lili, née dans l’après-guerre, qui ne sait comment affronter les béances d’une enfance sans mère et les mystères de la disparition. Et si l’énigme de son existence ne cesse de s’approfondir, c’est en scènes aussi fugitives qu’essentielles qu’elle en recrée la trame, en instantanés où la conscience et l’émotion captent l’essence des choses, effroi et éblouissement mêlés.

 

 

 

 

Parfois, la scène paraît tout en insignifiance. Ainsi la troisième, qui débute par « Un bestiaire sonore enchante sa petite enfance. »et se termine par « Voix de sa solitude avec son père. ». Entre ces deux phrases, presque rien d’autre que des bruits d’oiseaux. Dispensable, dirait le lecteur qui a abandonné depuis trop longtemps l’enfant en lui, ou celui qui n’a jamais connu le silence des taiseux.

 

Et puis parfois, un monde se déroule en quelques lignes. Un micro événement qui marquera éternellement celle qui le vit. La découverte de son véritable prénom, la rencontre avec un exhibitionniste. « La scène est très brève et se joue à la muette, mais elle l’affecte durablement. » Les petits instants touchent, troublent, frappent souvent plus que les grands. La mort qui s’invite, à plusieurs reprises. Les grands drames aussi forgent l’identité.

 

 

Au fil de ces 49 scènes, l’histoire familiale de Lili-Barbara se déroule, nourrie de tragédies domestiques et de grandes dates d’une époque en ébullition. L’écriture lumineuse de Sylvie Germain dessine les ombres et les lumières d’un effondrement qui a commencé très tôt dans l’enfance – et dont il faudra bien tenter de se relever.

Son style éblouit aussi bien dans la construction du livre, cette sélection apparemment aléatoire dans laquelle, cependant, rien n’est laissé au hasard, que dans la prose presque musicale ; le titre déjà en était une figure.

 

Un roman tout en fragilité et en fausse candeur.

 

 

Banniere Px styleAlbin Michel, août 2013, 256 pages, 19 euros

 

 

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

L’édition 2012 du Prix du Style

Le Prix du Style 2010

Toute la rentrée littéraire 2013

 

Quatre phrases :

 

petites-scènes-capitales-germain

« Le jour où son père lui annonce la mort de cette inconnue qui lui est d’une intimité lancinante et dont elle attend le retour avec une patience inébranlable, elle ne dit rien, ne demande rien, elle court faire de la balançoire à en perdre le souffle. » (page 15)

 

« Elle est un petit animal humain surpris par un goût fade et visqueux, saisi par une pensée bien trop vaste pour lui. » (page 18)

 

« Deux élans inverses se disputent en elle : celui d’un tenace désir de vivre, celui d’un violent attrait de la mort. » (page 46)

 

« Elle mange sans faim, le silence qui sature la chambre de sa grand-mère se transforme lentement en nœud dans sa gorge ; mais elle mange en abondance, pour lutter contre ce nœud, précisément. » (page 49)

 

 

www.prixdustyle.com

Liaison romaine, Jacques-Pierre Amette

 

Le narrateur, journaliste, est envoyé à Rome pour écrire un article sur l’ambiance de fin de règne : le Pape est sur le point de mourir. Constance, sa compagne, le rejoint ; mais celle-ci semble plus distante qu’à son habitude. Impuissant, le narrateur assiste au délitement de ce lien dans le décor de cette ville que les deux protagonistes aiment tant.

« Je désirais la voir heureuse et c’était une faiblesse que d’avoir la conviction intime qu’elle ne l’était plus. » (page 70)

 

La distance que la jeune femme s’efforce de masquer pousse le narrateur à s’interroger sur tout ce qu’il ignore d’elle – et aux raisons qui font qu’il l’ignore. Avec nostalgie, déjà, il reconsidère leur passé commun avec l’acuité permise par le lieu neutre, et connu cependant, dans lequel ils se trouvent. Lire la suite

Mufle, Eric Neuhoff

Présentation de l’éditeur :

Lui : deux fois divorcé, de grands enfants. A cinquante ans, il croyait avoir enfin trouvé la femme de sa vie.

Elle, c’est Charlotte. Elle se sera bien foutue de lui.

Mufle se livre à l’autopsie d’un mensonge. L’amour est toujours une fiction.

 

Que devient le terme mufle au féminin ? A un rythme saccadé, dans une écriture semblable à une pulsion, Eric Neuhoff décrit l’étrange phénomène par lequel la conscience de l’adultère change le regard sur l’être aimé.

 

« Il fut faible. Il fut lâche. Il fit semblant de pardonner. Il se flattait d’être magnanime. C’était une blague. Il avait encore envie de la baiser, oui. Charlotte était sa prison. Lire la suite

Les Témoins de la mariée, Didier van Cauwelaert

A quelques jours de Noël, Marc, photographe de renom, coureur de jupons, annonce à ses quatre meilleurs amis qu’il va se marier dans moins d’une semaine. Il a trouvé en la personne de Yun-Xiang, une jeune Chinoise, la femme de sa vie. Celle-ci atterrira à Paris très bientôt. Les quatre amis tirent au sort : deux seront les témoins de Marc, les deux autres ceux de son élue, selon le désir du photographe.

Dans la nuit qui suit, Marc se tue en voiture.

 

Les quatre amis se retrouvent afin d’aller accueillir Yun-Xiang à l’aéroport et, par fidélité pour leur ami, ils décident de ne pas lui annoncer tout de suite qu’elle est veuve avant même d’être mariée.

 

Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est qu’ils ne seraient pas les seuls à tirer les ficelles… Lire la suite