Comme frère et sœur, Clémence Guinot

Présentation de l’éditeur :

comme-frere-et-soeurCléo et Marin ont l’un et l’autre traversé des tempêtes, quand le père de Cléo tombe amoureux de la mère de Marin. Lorsque le couple décide de s’installer sous le même toit, leurs cinq enfants se retrouvent embarqués dans l’aventure. Mais vivre dans une famille recomposée n’est pas toujours évident. Les premiers temps sont électriques entre les deux aînés de quinze et seize ans, qui n’ont absolument pas envie de ces changements.

Cléo passe tout son temps avec ses deux amis de toujours, Nayla et Thibault. Elle a surtout un rêve : jouer Antigone dans la pièce du collège. Quant à Marin, il peint et dessine en secret. Pour réussir à passer l’audition, Cléo doit se résoudre à demander de l’aide à Marin, alors qu’ils sont comme deux étrangers sous le même toit. C’est ainsi que tout commence. Peu à peu, ces deux cœurs fragiles apprennent à se connaître, à partager leurs passions, leurs amis, à découvrir leur nouvelle « fraternité ». Un peu comme dans la tragédie grecque, quand le destin s’en mêle !

 

Alternant les voix de Lire la suite

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Très vite ou jamais, Rita Falk

Présentation de l’éditeur :

tres vite ou jamaisJan et Nils ont vingt et un ans et sont amis depuis toujours. Ils sont entourés, heureux, et l’avenir leur sourit. Jusqu’à ce jour de février, où Nils rate un virage à moto et sombre dans un coma profond. Son pronostic vital est engagé.

Chaque jour, pendant un an, Jan rend visite à son ami, guettant le moindre signe d’amélioration. Entre ses visites, il lui écrit des lettres dans lesquelles il lui confie ses espoirs, ses angoisses, tout ce qu’il vit sans lui. Ces lettres, il a l’intention de les remettre à Nils lorsque celui-ci sortira de l’hôpital, afin qu’il lui reste une trace de tout de temps qu’il aura passé à dormir. Mais l’état de Nils ne s’améliore pas. Pour ses parents, ses amis, son amoureuse, le voir végéter devient de plus en plus insupportable. Peu à peu, tous espacent leurs visites, obligés de prendre leurs distances pour continuer à vivre. Seul Jan continue à y croire.

 

Nils est dans le coma, Jan vient le voir quotidiennement, espérant son réveil, et on comprend dès les premières pages la signification du titre Lire la suite

La veillée, Virginie Carton

Présentation de l’éditeur :

La veillée« C’était si étrange, si inattendu, de se retrouver soudain tous les deux seuls après des années d’éloignement, sans conjoints, sans enfants. Juste une maison vide et un mort à veiller. »

La mort d’un père qui n’a pas livré tous ses secrets.
Deux amis d’enfance pour le veiller.
Marie et Sébastien ont une nuit pour découvrir la vérité.
Et peut-être, enfin, se la dire. Entre rires et larmes, un roman plein de tendresse et d’aveux.
Un roman d’amitié.

 

En cinq actes, Virginie Carton met en scène les retrouvailles de Lire la suite

Les mijaurées, Elsa Flageul

Présentation de l’éditeur :

Les mijauréesEn 1992, Lucile et Clara entrent en quatrième dans le même collège parisien. Parce qu’elles se sentent différentes des autres, elles vont se rapprocher, jusqu’à devenir inséparables. Les années 1990 s’achèvent, un nouveau siècle voit le jour, et Lucile et Clara cherchent à se faire une place dans ce monde qui ne les attend pas et que la crise et l’arrivée du sida fragilisent. Leur duo, aussi incandescent, aussi amoureux que le sont les amitiés adolescentes, est une armure pour se jeter dans ce siècle tout neuf, pour découvrir l’amour et s’inventer une vie qu’elles imaginent ensemble, toujours. En 2001, les tours jumelles s’effondrent, la vie est là, avec ses échardes, avec ses blessures, avec la maladie, la passion, la mort, avec aussi parfois des rêves qui se réalisent… Lucile et Clara, ensemble, oui, mais jusqu’à quand et, surtout, comment ?

 

A treize ans, Clara tombe en amitié pour Lucile. La petite brune et la grande blonde deviennent inséparables. Chaque été les vacances en Suède, dans la famille de Lucile, amènent une apaisante distance à un quotidien où l’émotion l’emporte souvent. L’adolescence est un âge qui se porte Lire la suite

Ta façon d’être au monde, Camille Anseaume

Présentation de l’éditeur :

COUV_CA_TA_FACON_HD« C’est l’heure du départ, la fin de l’été. Il faut rentrer. Dans la chambre, je reste transie, incapable de bouger. C’est l’angoisse et les regrets qui me paralysent. Je comprends que je n’ai pas pris le temps de défaire mes valises, ni même de regarder à la fenêtre. Maintenant que je réalise qu’on y voit la mer, il est temps de m’y arracher. Le séjour est passé sans moi. J’étais là, et je ne le savais pas. J’en conçois une tristesse et une culpabilité infinies, sans commune mesure avec les faits. Tu connais ce rêve étrange que je t’ai souvent décrit.
Il m’a hantée chaque nuit pendant des années. Et puis un jour je ne l’ai plus fait.
Ce jour-là, j’ai compris que l’été avait duré vingt-six ans. »

Elles sont amies d’enfance. L’une est inquiète, rêveuse, introvertie ; l’autre est souriante, joyeuse, lumineuse. Ensemble, elles grandissent, découvrent la vie, l’amour. Jusqu’à ce qu’un drame bouleverse le monde qu’elles se sont bâti… Un roman poignant sur l’amitié, le deuil, et sur ce point de bascule irréversible qui sonne la fin de l’insouciance.

 

J’avais été séduite par le premier roman de Camille Anseaume, Un tout petit rien. Je me réjouissais de retrouver la plume et la sensibilité de l’auteur. Il m’aura fallu attendre la deuxième partie de ce deuxième roman pour l’apprécier à nouveau. La première partie, chronique de deux enfances puis de deux adolescences croisées, m’a ennuyée par son propos, agacée par sa forme (l’une des protagonistes est « elle », l’autre est « tu » – intéressant en théorie, perturbant à la lecture – inutilement, m’a-t-il semblé). Les choses n’y sont qu’effleurées, quand il y aurait eu à dire sur cette somme de passages initiatiques qu’est l’enfance, cet âge où l’on n’espère rien tant que s’attirer des ennuis qu’est l’’adolescence.

 

Survient le drame par lequel le roman commence enfin. Là se révèlent la justesse et la lucidité de Camille Anseaume, qui parvient à saisir ce qui se trouve bouleversé par la conscience que plus rien ne sera parfait, désormais ; que plus rien ne sera pareil, du moins.

Il n’y a pas de bon âge pour prendre conscience de sa mortalité. Entre la narratrice et Justine, sa meilleure amie, sa presque sœur, les choses réputées acquises se trouvent bouleversées par le deuil. Camille Anseaume raconte les attentes et les absences qui sont parfois plus douces que les présences et comment, avec la conscience nouvelle d’appartenir aux vivants, se retrouve peu à peu le goût de vivre.

Elle dit surtout combien les amis peuvent être des alliés précieux pour trouver sa place dans le monde. Même si l’amitié parfois repose sur un contrat percé de coups de canif.

Car l’amitié est le véritable sujet de ce roman, qui sans avoir l’air d’y toucher saisit ce qui fait l’essence des groupes de potes, et il est trop rarement traité en littérature pour qu’on passe à côté quand c’est fait aussi joliment.

 

Éditions Kero, janvier 2016, 234 pages, 17,90 €

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Un tout petit rien

Tous les romans français

Entre les pages :

 

« La beauté est un danger. » (page 71)

 

« Elle va enfin pouvoir faire de sa vie une habitude. » (page 96)

 

« Elle s’aime si peu qu’elle refuse d’estimer quelqu’un qui la considère. » (page 103)

 

« Les nouvelles vont vite, surtout quand elles sont tristes. » (pages 135-136)

 

« On n’envisage jamais vraiment la possibilité de parler de ses amis à l’imparfait. » (page 142)

 

« Toutes les veuves ont 70 ans. » (page 151)

 

« Il y a quelque chose de parfait dans l’imperfection du moment. » (page 168)

 

« Un ange passe, dont on connaît tous le prénom. » (page 189)

 

« Ça fait maintenant six mois que c’est dimanche soir dans ta vie. » (page 201)

 

« Voilà ce qu’a été ma vie. Une maison secondaire face à la mer, dont j’ai longtemps perdu les clés. » (page 210)

 

« On est tous des maisons secondaires, pour soi-même et pour les autres. » (page 211)

 

« Savoir qu’on est heureux, c’est la moindre des politesses. » (page 221)

Dernier été avant l’orage, Françoise Grard

Dernier été avant l'oragePrésentation de l’éditeur :

Charles et Florian sont amis d’enfance inséparables. Jusqu’à Mathilde rien n’a jamais troublé leur entente. Mais cet été, la montagne où ils se retrouvent avec elle leur réserve une terrible mise à l’épreuve. Au détour d’un sentier, tous trois vont vivre la nuit la plus longue de leur vie.

Un été, Florian emmène son ami Charles dans ces montagnes qu’il connaît par cœur, où il va souvent en vacances, où il a ses habitudes. Charles, le Parisien blondinet habitué au confort, enfant gâté, ne sait rien de la montagne. Charles est de ceux à qui tout réussit. Il joue du violon, et il plaît aux filles. Un petit prodige.
Florian est son ami. Charles et lui sont inséparables. En le faisant venir sur son territoire, en lui présentant « ses » montagnes, c’est comme s’il prenait sa revanche : il a, lui aussi, enfin, un moyen d’impressionner son camarade. Un moyen d’évacuer son éternelle jalousie à son égard. Il est fier des massifs, fier des chalets, fier de ses connaissances des lieux.
Connaissances qui font qu’il part sans risque en excursion avec Charles et Mathilde, une vacancière de leur âge rencontrée au village. Mais la volonté de plaire ne risque-t-elle pas d’effacer la prudence ? Florian ne les met-il pas en danger, tous les trois ?
Après cet été, après ces vacances, plus rien ne sera comme avant entre les deux camarades.
Juste avant la rentrée, Florian tente in extremis de rompre le silence et de justifier de ses actes, au fil d’une correspondance électronique, plus souvent monologue que véritable échange, dans laquelle il revient sur ce qui s’est passé et essaye de sauver ce qui reste de leur amitié…
Un petit roman vif et percutant, en forme d’échanges de mails, qui met en scène un moment précis de l’existence où tout bascule et interroge sur la capacité au pardon et sur ce que l’on sait vraiment de ses amis, loin de tout sensationnalisme et de toutes révélations fracassantes.

Editions Oskar, 2015, 72 pages, 6 euros

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Au fil des pages :

« En cinquième, la moitié des garçons joue encore aux Playmobil. L’autre regarde les filles. » (page 15)

« La faim se supporte, mais la soif a un goût de mort. » (page 34)

« Pour grimper, la force suffit. Pour descendre, il faut une vigilance de chaque instant. » (page 38)

« Le paysage est méconnaissable quand on le prend à rebours. » (page 39

« Le talent rachète-t-il les torts ? » (page 40)

« Plus je me sens coupable, plus ça m’arracherait la bouche de le reconnaître. » (page 50)

« L’important, ce n’est pas l’erreur. C’est la rapidité avec laquelle on la répare. » (page 64)

Les insoumises, Celia Levi

Présentation de l’éditeur :

Les insoumisesLes Insoumises est un « roman par lettres », entre deux jeunes filles exaltées et idéalistes, Renée et Louise, qui apprendront à leurs dépens qu’il est impossible de rêver dans la société actuelle.

Dans sa forme, Les Insoumises se présente comme un équivalent moderne du roman épistolaire de Balzac, Mémoires de deux jeunes mariées, même si l’histoire rappellerait plutôt le roman d’apprentissage du 19e siècle.

La correspondance commence avec le départ de Renée pour l’Italie, où celle-ci compte entreprendre des études de cinéma et surtout « devenir plus Italienne que les Italiennes ». Au même moment, Louise, restée à Paris, commence à se radicaliser politiquement.

Les lettres échangées au cours des trois années suivantes apparaissent tour à tour comme le journal passionné des jeunes filles — écrit sous l’emprise de la rêverie pour Renée, rédigé dans le feu de l’action pour Louise — et comme la critique mutuelle, sans concessions, des impasses symétriques dans lesquelles chacune s’engage et finira par se fourvoyer dramatiquement.

Loin d’atténuer la virulence du propos, le naturel et le classicisme apparents de l’écriture de Celia Levi jettent une lumière crue sur l’époque et le destin de ces deux héroïnes d’aujourd’hui.

D’un côté des Alpes, il y a Louise, pour qui l’étude est une échappatoire. De l’autre, en Italie, il y a Renée, qui n’occupe son temps qu’à le perdre, Renée qui n’aspire qu’à trouver sa place dans le monde et y être bien, qui surtout veut « devenir plus italienne que les Italiennes ».

« Finalement nous sommes toutes les deux déraisonnables ; toi tu es une idéaliste, tu penses vivre dans la réalité, du moins pour elle, tu crois que tu vas pouvoir changer le monde toute seule alors qu’en fait tu rêves éveillée, moi je suis une évaporée, qui recherche le bonheur à tout prix, et le plaisir comme une forcenée. Qui aura raison de la vie ou de nous ? » 

Louise s’enivre de l’idéalisme estudiantin et de sa concrétisation par les manifestions dans la rue, les assemblées générales, le siège des universités, les affrontements avec les CRS, les émeutes, la nécessaire violence. Pour elle, la révolution a commencé et elle s’y trouve en première ligne. Le sens de sa vie est dans l’engagement politique. Louise se marginalise à mesure qu’elle se radicalise, au risque, si la révolution meurt, de devenir sa veuve.

Pendant ce temps, Renée subit le cours de son existence, ballotée entre les hommes, les jobs, plongée dans le milieu du cinéma dont elle rêve mais dont la réalité est bassement cruelle, Renée que « l’envie immodérée d’indépendance a conduite à une servitude [qu’elle n’avait] pas imaginée dans [ses] pires cauchemars. »

Au fil de leur correspondance, ces deux amies naguère si proches se dévoilent dans leurs changements, et bientôt la vie que mène chacune semble à l’autre étrangère. S’il n’y avait le socle que constitue leur amitié, elles n’auraient plus rien à se dire. D’ailleurs elles s’écrivent de moins en moins.

Les insoumises dresse le double portrait d’une jeunesse romantique et désenchantée, qui se lance dans la vie à corps perdu, fait de l’existence un combat – sans s’apercevoir qu’elle ne possède pas d’armes. Que reste-t-il quand on a perdu sa dernière illusion ? Que peut encore l’amitié ?

Chacune des deux héroïnes vit, en plus de son existence, celle de l’autre par procuration.

Un premier roman à la construction remarquable, et qui pose cette question de poids : quel est le prix à payer pour l’insoumission ?

Editions Tristram, janvier 2009, 192 pages, 18 euros

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Tous les premiers romans

Tous les romans français

Dans les enveloppes :

« Il ne faut pas rêver, il faut agir. » (page 16)

« Je suis nostalgique d’un temps que je n’ai pas connu. » (page 17)

« Le refus est la première forme d’insoumission. » (page 34)

« Je n’occupe mon temps qu’à le perdre. » (page 37)

« Ton excentricité, c’est de ne pas l’être. » (page 49)

« L’amitié comme tout rapport humain est un rapport de confrontation. La rencontre avec l’autre ne peut être que violente. » (page 50)

« Dieu vomit les tièdes. » (page 51)

« Je comprends à quel point l’engagement aide à oublier le reste. » (page 58)

« Si tu te passionnes pour les mouvements sociaux, n’est-ce pas aussi parce que la foule est belle ? » (page 81)

« Pourquoi devrait-on sans arrêt choisir entre la raison et le bonheur ? Se réprimer ne me semble pas plus un signe de santé mentale que de se laisser aller aux inclinations de sa nature. » (page 83)

« Le couple ne fait que reproduire le modèle de domination de notre société. » (page 90)

« Le mouvement est mort, je n’irai pas à son enterrement. » (page 95)

« Je veux devenir plus italienne que les Italiennes. » (page 105)

« Etre réaliste est plus rassurant que s’imaginer ces petits scénarios totalement dépourvus de sens dans l’espoir de supporter le poids de la vie. » (page 112)

« La Méditerranée a tendance à endormir la pensée. » (page 125)

« Le temps de l’adolescence est fini, il faut que j’apprenne à supporter ce monde fait de soumission, de compromis, de petits humiliations. » (page 132)

« Je n’arrive pas à combattre mon attirance, elle est plus forte que mon amour-propre. » (page 136)

« La culture est un voyage dans le monde aseptisé de la consommation de l’art. » (page 146)

« L’aboulie est une forme de résistance. Au moins on ne nuit pas. » (page 146)

« Je ne comprends pas que malgré tous mes efforts pour me couler dans le moule, je me sente toujours en porte-à-faux. J’ai le sentiment que n’importe quel idiot, à part nous, réussit. » (page 149)

« Je préfère me tromper encore dix fois plutôt que de perdre mes espoirs et mes illusions. » (page 150)

« Je n’ai pas l’audace de mes ambitions. » (page 150)

« Il n’y a pire torture que la faim. » (page 156)

« Le syndicalisme n’a rien à voir avec la contestation. » (page 157)

« La lutte me tient compagnie. » (page 158)

« Contester avec leurs mots, c’est coopérer. » (page 161)

« Où aller pour échapper au règne de la bêtise et de la méchanceté ? » (page 162)

« Je m’enlise dans un présent sans avenir à force de vivre au jour le jour. » (page 168)

« Le monde n’a pas voulu de moi, j’ai échoué dans mon entreprise de le conquérir. » (page 175)

« Le monde m’a brisée avant même qu’il me soit donné de le pénétrer. » (page 176)

« Cesser de vivre ne signifie pas forcément mourir. » (page 182)

« Quand les héros des grands romans meurent cela doit sûrement être allégorique, beaucoup doivent s’être retirés à la campagne. » (page 182)

D’après une histoire vraie, Delphine de Vigan

Quatrième de couverture :

Dapres une histoire vraie« Tu sais parfois, je me demande s’il n’y a pas quelqu’un qui prend possession de toi. »

Delphine, la narratrice, rencontre dans une soirée L., une femme qui « passe sa vie à écrire celle des autres », et qui devient son amie. Leurs points communs sont si nombreux que Delphine ne cherche pas à lutter : cette amitié s’impose comme une évidence. L., peu à peu, s’immisce dans la vie de Delphine, dans son quotidien, dans ses relations, et surtout dans son travail : le prochain roman de Delphine est pour L. un sujet de première importance. Le lien prend de plus en plus la forme d’un certain envahissement… Où s’arrête l’amitié et où commence l’emprise ?

Dans une écriture ample, souple, chaleureuse, qui happe si bien qu’on lui passe les longueurs (il y en a certaines au début), Delphine de Vigan raconte la naissance et l’évolution d’une relation quasi exclusive, un récit aux allures de thriller psychologique. Ce faisant, elle raconte aussi une histoire de l’écriture de soi et interroge la fiction. C’est forcément passionnant.

Car si l’écriture est une arme, s’agit-il d’une arme d’attaque ou d’une arme de défense ? Et l’écrivain a-t-il seulement le choix ? Mais que faire des réactions des lecteurs, quand les sujets traités sont personnels et rejaillissent inévitablement sur les proches de l’auteur ? Que faire dans la mesure où « les gens croient ce qui est imprimé » ?

D’après une histoire vraie a-t-il écrit d’après une histoire vraie ? La réponse n’a finalement pas tant d’importance. « L’écriture est un sport de combat. », et le match auquel le lecteur assiste au long de ces presque 500 pages est de haute tenue, efficace et palpitant.

A l’écrivain-lecteur, il laisse cependant cette entêtante et éternelle question : faut-il nécessairement en découdre avec le réel ?

Prix Renaudot 2015. Prix Goncourt des lycéens 2015.

Ce roman figurait dans les sélections des prix Goncourt, Renaudot et Médicis 2015.

Editions JCLattès, août 2015, 484 pages, 20 euros

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

4 questions à Delphine de Vigan

Rien ne s’oppose à la nuit

No et moi

Les heures souterraines

Toute la rentrée littéraire 2015

Instantanés :

« La relation à l’Autre ne m’intéresse qu’à partir d’un certain degré d’intimité. » (page 30)

« La littérature ne doit pas se tromper de territoire. » (page 103)

« Rien de ce que nous écrivons ne nous est tout à fait étranger. » (page 103)

« Dès lors qu’on ellipse, qu’on étire, qu’on resserre, qu’on comble les trous, on est dans la fiction. » (page 105)

« Toute écriture de soi est un roman. » (page 105)

« Il n’y a d’écriture que l’écriture de soi. » (page 106)

« Le lecteur est toujours partant pour céder à l’illusion et tenir la fiction pour de la réalité. » (page 139)

« Peut-être est-ce cela, une rencontre, qu’elle soit amoureuse ou amicale, deux démences qui se reconnaissent et se captivent. » (page178)

« L’écriture ne répare rien, elle creuse, elle laboure, elle dessine des tranchées de plus en plus larges, de plus en plus profondes, elle fait le vide autour de toi.  Un espace nécessaire. » (page 233)

« L’écriture est un territoire retranché, interdit aux visiteurs. » (page 236)

« Je serais heureuse d’avoir de vos nouvelles si je n’avais pas besoin en échange de vous donner des miennes. » (page 240)

« Les gens croient ce qui est imprimé. » (page 270)

« Oui, les gens croient ce qui est écrit, et c’est tant mieux. Les gens savent que seule la littérature permet d’accéder à la vérité. Les gens savent combien cela coûte d’écrire sur soi, ils savent reconnaître ce qui est sincère et ce qui ne l’est pas. Et crois-moi, ils ne s’y trompent jamais. » (page 273)

« L’écriture est un sport de combat. » (page 274)

« N’est-ce pas, avant toute chose, ce qui lie une génération : une mémoire commune faite de tubes, de jingles, de génériques ? » (page 283)

« De certains mots, de certains regards, on ne guérit pas. » (page 317)

« Est-ce que chacun de nous a ressenti cela au moins une fois dans sa vie, la tentation du saccage ? » (page 322)

« Le moment était venu de raconter la vraie vie. » (page 371)

Les maladroits, Mark Greene

Alexandre et Léopold sont amis depuis longtemps, par hasard ou par défaut. Leur principal point commun est, avec le goût du ping-pong, la solitude dont ils sont entourés. Pour le reste, tout sépare Alexandre, le financier, cadre à responsabilités, se déplaçant dans les places boursières importantes, de New York à Francfort, sûr de sa compétence comme de son pouvoir de séduction, et Léopold, l’apprenti écrivain introverti, incapable de se valoriser et malheureux en amour.

 

Aussi, lorsque Léopold invite Alexandre à rencontrer Christine, sa fiancée, dans la propriété de celle-ci dans le Sud de la France, Alexandre voit s’ébranler tout le système de valeurs sur lequel se fondait leur amitié. Lire la suite

Les Témoins de la mariée, Didier van Cauwelaert

A quelques jours de Noël, Marc, photographe de renom, coureur de jupons, annonce à ses quatre meilleurs amis qu’il va se marier dans moins d’une semaine. Il a trouvé en la personne de Yun-Xiang, une jeune Chinoise, la femme de sa vie. Celle-ci atterrira à Paris très bientôt. Les quatre amis tirent au sort : deux seront les témoins de Marc, les deux autres ceux de son élue, selon le désir du photographe.

Dans la nuit qui suit, Marc se tue en voiture.

 

Les quatre amis se retrouvent afin d’aller accueillir Yun-Xiang à l’aéroport et, par fidélité pour leur ami, ils décident de ne pas lui annoncer tout de suite qu’elle est veuve avant même d’être mariée.

 

Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est qu’ils ne seraient pas les seuls à tirer les ficelles… Lire la suite