Maman est en haut, Caroline Sers

Présentation de l’éditeur :

maman-est-en-hautQuestion : « Où est-on mieux qu’au sein de sa famille ? » Réponse : « Partout ailleurs ! »

Cerise, la quarantaine bien entamée, vit seule avec ses deux enfants, supporte sa mère, a des élans hypocondriaques, se demande si elle ne devrait pas changer de boulot et, dans les moments extrêmes, ouvre une bouteille de blanc pour réfléchir.

Un matin, lors du traditionnel appel téléphonique maternel, elle perd le fil de la conversation et n’écoute plus. Pourtant quand Marie lui assène « J’ai eu raison, n’est-ce pas ? », prise de court, elle acquiesce. Le soir même, la gendarmerie l’informe que sa mère est en garde-à-vue, et refuse de lui en dire plus… Qu’a-t-elle pu faire encore ?

Pendant les semaines qu’il lui faudra pour comprendre, Cerise traverse quelques turbulences…

Maman est en haut : perchée depuis des années ; en haut de l’arbre généalogique. Une position idéale pour lâcher quelques bombes.. !

 

Ceci est une comédie dramatique familiale qui commence comme Lire la suite

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Le sanglier, Myriam Chirousse

Présentation de l’éditeur :

Le sanglier« Ils se taisent. L’habitacle de la voiture se remplit d’un grésillement presque inaudible de grognements muselés, semblable au bruit blanc exaspérant des acouphènes. Il regarde droit à travers le pare-brise et elle sur le côté, par la vitre. Ils sont encore dans le parking, à attendre que la voiture de devant s’engage dans le rond-point. La circulation est dense, c’est samedi matin. »

Christian et Carole vivent dans une vieille bicoque délabrée et isolée. Une fois par mois, ces néo-ruraux, vivant « loin de tout » sur le Plateau, prennent la voiture pour faire leurs courses dans la zone commerciale la plus proche. À partir de rien, ce jour-là, tout part de travers.

Vingt-quatre heures dans la vie d’un couple.

Ce couple, c’est Christian, qui « préfère la compagnie des arbres à celle des humains », et Carole, spécialiste des choix par défaut. Ce samedi-là, comme d’habitude, Christian et Carole montent en voiture et prennent la direction du centre commercial. Mais rien Lire la suite

Mariages de saison, Jean-Philippe Blondel

Présentation de l’éditeur :

Mariages de saisonJuillet 2013 en province. Comme chaque été, Corentin retrouve, au côté de son parrain, Yvan, son emploi saisonnier de vidéaste de mariage. Chargé d’accompagner les couples des premières heures de la journée la plus importante de leur vie jusqu’au matin suivant, il recueille leurs espoirs et leurs désillusions, leurs joies et leurs détresses, parfois. Mais à vingt-sept ans, il est temps de faire des choix, amoureux tout autant que professionnels. Corentin a devant lui cinq mariages et aucun enterrement pour trouver sa voie.

Analyse des sentiments, amertume et plaisir, empathie pour les personnages… On retrouve dans Mariages de saison tout ce qui fait le charme des romans de Jean-Philippe Blondel.

 

 

Prisonnier volontaire d’un job provisoire qui s’éternise, Corentin, chaque week-end en saison, filme des mariages. Des mariages qui sont des revanches, des cérémonies où s’étalent les rancœurs, des buffets chargés de jalousies, des tenues gansées d’hypocrisies. Corentin fait des films dans lesquels il remplace la réalité par une fiction acceptable, il est payé pour cela.

 

Son job fait naître dans son couple une faille que chaque absence élargit. Avec celle-là comme avec les autres. Car personne, au fond, n’a envie de vivre avec quelqu’un qui travaille le samedi et le dimanche.

Mais si Corentin a choisi la position d’observateur, n’est-ce pas pour mieux retarder Lire la suite

Dominique, Cookie Allez

Présentation de l’éditeur :

DominiqueDans un avenir assez proche, l’être humain aura la possibilité de choisir son sexe : Gabriel et France en sont convaincus.

Ils décident d’offrir à leur premier rejeton une éducation déconnectée de toute référence à la réalité physiologique inscrite sur son acte de naissance. Ils s’étaient armés pour faire face aux préjugés, mais ils n’avaient pas tout prévu…

Dominique raconte avec humour les tribulations d’une famille en Utopie, dans un suspens psychologique qui se maintient jusqu’à la fin !

Puisque l’identité sexuelle peut n’être que provisoire, à quoi bon la révéler ? Les parents de Dominique ont décidé pour leur enfant d’un prénom épicène. Fille ou garçon, Dominique choisira. Mais il y a la rumeur, cette odieuse bavarde, qui court…

Tandis que tout le monde se demande, comme la grand-mère anglaise, « C’est quoi le vrai sexe de cette bébé ? », et que tout le quartier rêve de déculotter Dominique, les parents s’entêtent à ne pas vouloir divulguer son sexe. Dominique est « un bébé de sexe inconnu ». Dominique est un ange, et un ange n’a pas de sexe.

Pour tenir la ligne de conduite qu’ils se sont fixés, les parents devront se montrer créatifs (le pantalon, par exemple, est-il fondamentalement unisexe ? Il est des pays où les hommes portent la robe) – mais plus que la leur, c’est la créativité de Cookie Allez qui mérite d’être saluée. Car l’utopie résiste mal aux contraintes de la réalité, et Dominique grandit. A 4 ans arrive la lecture, et avec elle c’est le monde qui se déploie – avec l’envie pour chacun d’y faire sa place. A 7 ans, le secret commence à devenir une bombe à retardement…

« Il faut se méfier des préjugés », écrit Cookie Allez à la première page de son roman, avant de descendre en flèche celui selon lequel il est impensable de tenir 272 pages sans révéler le sexe du héros en l’absence de pronom neutre dans la langue française, comme il en existe ailleurs, en anglais ou en suédois par exemple. Véritable exercice de style, Dominique regorge de trouvailles et d’humour.

Après un ventre mou lorsque l’enfant est bébé, le suspense prend le pas sur les longueurs – et à mesure que l’enfant grandit, il devient insoutenable ! La fin donne tout son sens à cette fantaisie moins légère qu’il n’y paraît.

Reste cette question : peut-on voir grandir un enfant sans que le genre n’influe sur sa personnalité ? Après tout, « les sexes sont égaux mais pas identiques. »

Buchet/Chastel, janvier 2015, 272 pages, 15 euros

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Petites phrases :

« Rien de tel que les chevauchées pour mûrir les idées. » (page 38)

« Devenir un voisin, c’est attraper des défauts propres à l’espèce. » (page 88)

« Evidemment, au début, le sexe n’est pas toujours inscrit sur le front. » (page 95)

« L’inconscient est parfois très éloquent. » (page 116)

« Le passé, à condition de le regarder sans a priori, sans volonté de démonstration, donne de formidables leçons. » (page 120)

« Les sexes sont égaux mais pas identiques. » (page 121)

« Il faut se comparer à d’autres pour prendre conscience de dissemblances. » (page 130)

« Le masculin l’emporte toujours sur le féminin, ce serait bien la preuve qu’il y a une attitude machiste là-dessous. » (page 138)

« Que serait le piment de la vie sans la perspective de la mort ? » (page 155)

« Fallait-il bousculer l’ordre naturel pour de rares exceptions ou pour quelques désirs particuliers ? » (page 155)

« Pour accueillir des révélations, il faut être prêt à les entendre. » (page 190)

« Robe et pantalon ne sont sexués que dans les images qu’une culture leur confère. » (page 209)

« La vie est une œuvre d’art en cours. » (page 226)

« On peut faire partie des êtres célestes et croire au Père Noël. » (page 230)

« Il n’y a pas de vie en société sans un minimum de règles. » (page 256)

Un hiver à Paris, Jean-Philippe Blondel

Présentation de l’éditeur :

un hiver a parisJeune provincial, le narrateur débarque à la capitale pour faire ses années de classe préparatoire. Il y découvre une solitude nouvelle et un univers où la compétition est impitoyable… Confusion des sentiments, attirance pour la mort et pour la vie, succès gagné sur un malentendu, amertume et plaisir… On retrouve dans Un hiver à Paris tout ce qui fait le charme des romans de Jean-Philippe Blondel.

 

 

Victor, pas encore vingt ans, démarre sa deuxième année de classe préparatoire à Paris. Invisible, il se laisse porter et regarde la vie passer. Un jour, Mathieu saute, et l’ordre du monde s’en trouve bouleversé.

Pour Victor, le temps s’arrête alors que pour tant d’autres, la vie continue normalement.

Cependant que ne pas s’être tué ne signifie pas nécessairement rester vivant.

 

Mais Victor qui était transparent la première année, parce qu’il a vu la chute de Mathieu, parce qu’il lui avait déjà parlé, devient soudain l’objet de l’attention collective. Tout le monde s’intéresse à celui qui a connu le suicidé, qui était son ami. Peu importe que ce ne soit pas tout à fait exact : Victor ne parvient pas à refuser le beau rôle qui tout à coup s’offre lui, lui qui n’en cherchait ni n’en attendait aucun. Il choisit d’en profiter pour vivre enfin.

 

Jean-Philippe Blondel raconte les classes prépa, ces rites de dévalorisation qui perdurent chez les professeurs, tout comme les profils-type de certains élèves. Lui qui sait si bien saisir les instants minuscules, les silences et les attentes, lui qui met du Véronique Sanson dans ses romans, raconte aussi cette impression de décalage horaire quand l’étudiant revient en terres familiales et retrouve les camarades d’hier déjà entrés dans cette vie que l’on dit active.

 

Ce roman dit cet instant précis, précieux, où l’on découvre que l’on est un individu à part entière. Pas seulement un fils, une fille. Un individu à part entière. Apte à décider de la couleur à donner à son existence, et du chemin à prendre. Apte à désobéir, le cas échéant. Décevoir, si c’est nécessaire. Le poids et la culpabilité de la transgression sociale.

Etre adulte et vacciné ne suffit pas toujours pour être un individu à part entière.

 

Et si les meilleures décisions étaient celles qu’on prenait sur un coup de tête ?

Tandis que le père de Mathieu fait de Victor le suppléant du fils disparu, plane au-dessus de l’étudiant le fantasme de disparaître pour se réinventer une existence différente ailleurs. Certains l’ont fait, et il n’est jamais trop tard pour changer d’existence.

Il s’agit de penser au présent et pas seulement à l’avenir

 

Un hiver à Paris pose la question de sa place dans l’existence – celle qu’on se fait, éventuellement différente de celles que les autres envisagent pour soi. Il met des mots sur un rapport familial qui change, dépeint l’étudiant qui soudain a honte de ses parents, qui prend conscience de tout ce qui sépare les deux mondes – le sien et le leur -, du fossé qui se creuse irrémédiablement.

Les regrets des possibles sont lourds à porter. Et il y a mille façons de sauter par-dessus la rampe.

 

Ce roman doux-amer est aussi le portrait d’un jeune homme qui découvre son penchant pour le monde des vivants. Ecrire est le moyen qu’il a trouvé pour ne pas sauter. A chacun, à tout âge, d’inventer le sien.

 

Editions Buchet/Chastel, janvier 2015, 272 pages, 15 euros

 

 

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5 questions à Jean-Philippe Blondel

 

Instantanés :

 

« Nous sommes beaucoup plus résistants que nous ne le croyons. » (page 13)

 

« Vomir la jeunesse pour son inculture n’est qu’une ultime preuve de la détestation de soi. » (page 50)

 

« Au fond d’eux-mêmes, la sélection naturelle, ils y croyaient ; et ils étaient contents que quelqu’un d’autre se charge du sale boulot. » (page 53)

 

« Dehors, c’était jeudi. » (page 61)

 

« Je n’étais peut-être pas très sain, mais j’étais sauf. » (page 72)

 

« La vie d’un étudiant de classe préparatoire se résumait à une série d’anecdotes décalées. » (page 81)

 

« Je me suis entendu me taire. » (page 117)

 

« Un peu plus et je me serais cru vivant. » (page 143)

 

« Je ne pouvais pas changer d’existence. » (page 144)

 

« Est-ce qu’on pourrait passer une vie comme ça, à l’écart du monde, dans un no man’s land de confort et de chaleur, à regarder les autres s’échiner à trouver un sens à leur existence ? » (page 165)

 

« Les langues étrangères, vivantes ou mortes, apaisent la réalité. » (page 170)

 

« Parfois, on ne voit dans les promesses des autres que le chemin qu’on a fait soi-même. » (page 189)

 

« Mieux vaut devenir le maître des illusions que le jouet de ceux qui vous entourent. » (page 194)

 

« J’étais comme le milieu dont j’étais issu – populaire. » (page 200)

 

« Dans les familles où les sentiments s’expriment, les enfants doivent être moins enclins à escalader les rampes et à se jeter dans le vide. » (page 224)

 

« Vivant ou mort, cela ne faisait aucune différence. Alors autant vivre. » (page 226)

 

« Pourquoi se jeter dans la fiction quand on a la réalité en face de soi ? » (page 226)

 

« Le monde bouge imperceptiblement, la Terre tourne et ses habitants ne s’en rendent pas compte ; c’est la même chose, parfois, pour les êtres humains. » (page 251)

 

« Les Etats-Unis, ce pays où les couleurs sont si vives qu’elles délavent automatiquement les souvenirs européens. » (page 256)

 

« C’est le propre du roman d’amener le lecteur à renoncer au sommeil. » (page 261)

Le meilleur du monde, Virginia Bart

le meilleur du mondePrésentation de l’éditeur :

Jeanne a bientôt quarante ans. Elle est mariée avec Nicolas depuis presque vingt ans et vit à Paris où elle est journaliste. Elle est cérébrale, rationnelle, ambitieuse, soucieuse des apparences et impassible. En réalité, elle souffre et elle s’ennuie. La vie lui paraît fade et le vrai bonheur hors d’atteinte. Un soir d’été à Sète, elle retrouve Christophe, son amour de jeunesse. Instinctif, sensuel, dilettante, rebelle, insouciant, il est son contraire.

Pourtant c’est le coup de foudre. Pendant quelques mois, Jeanne vit enfin en osmose avec elle-même et avec le monde. Au nom de la promesse d’une vie enfin rayonnante et vibrante, elle décide alors de tout quitter. Mais le merveilleux peut-il durer ?

 

 

Jeanne est une femme comme il en est beaucoup autour de nous. Elle affiche les apparences d’une vie où tout va bien, pourtant elle s’est toujours sentie vide, une ébauche d’elle-même ; vivre ne lui a jamais été évident, elle fuit le présent en se défonçant à ce qu’elle peut, et c’est groggy qu’elle espère un futur différent ; depuis toujours elle attend qu’il se passe quelque chose dans son existence. Cela va finir par arriver. Jeanne recroise Christophe, son premier amour, celui d’avant la vie qu’elle s’est choisie.

Pour l’héroïne, la fonction fait l’individu. La carriériste, qui évolue dans un milieu dont Christophe ignore tout, n’impressionne nullement ce dernier. Cet homme qui la connaissait avant est peut-être le seul à la voir pour ce qu’elle est davantage que pour ce qu’elle fait. Comment résister ? Comment ne pas vouloir raviver une flamme qui a brûlé si fort ?

 

Jeanne s’est acclimatée aux codes du monde sans surprises qui est le sien. Ces codes, Christophe les fait voler en éclats. Christophe la ramène à la vie, la régénère, lui donne tout son amour. Cet amour est inconditionnel et réciproque. Mais Christophe exècre le monde dans lequel s’est construite Jeanne, et ce paradoxe au cœur de ses propres sentiments la ronge de plus en plus. Au bout d’un temps, les non-dits viennent gripper la fluide mécanique de l’amour.

 

Virginia Bart met des mots sur ces parenthèses que sont les vacances, l’été, ces périodes de respiration – voire de rupture, de rythme du moins – qui invitent à un recommencement auquel on renonce au retour. Elle dépeint avec beaucoup de finesse la fatalité du quotidien, la beauté des sursauts qui en sont le sel, la résignation des plus exigeants. Elle dit combien il peut être difficile de se soustraire aux attentes des autres, si insistantes qu’elle devienne parfois les siennes. Combien il peut être vertigineux de vivre en dehors de leur regard.

Les exigences sont nécessaires, en amour en particulier, mais les exigences ont leurs limites…

 

Un beau petit roman sur la volonté de changer et de vivre, sur la capacité à saisir la chance de bonheur lorsqu’elle se présente, et une intellectualisation de l’amour à l’épreuve de la vie moderne et du quotidien d’une grande justesse.

Il est cependant encore permis de croire que l’amour extraordinaire, sans concession ni renoncement, peut durer…

 

Editions Buchet/Chastel, janvier 2015, 160 pages, 13 euros

 

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Fragments choisis :

 

« Cette perception diminuée de l’existence ne m’avait laissé à ce jour presque aucun moment de répit. » (page 27)

 

« A cette époque, l’emportement de corps coûtait cher. Parce qu’on s’aimait, ou juste pour le plaisir, on cédait à la tentation et on devait après coup donner la preuve que derrière ce désir fou, il y avait de la morale, du sérieux, de l’engagement. Alors on se mariait sans rien savoir l’un de l’autre, sans rien connaître de la vie. » (pages 38-39)

 

« Je planifiais sans relâche le moment où tout irait mieux, où ma vraie vie, sans problème et sans souffrances, commencerait enfin. » (page 55)

 

« Il m’a ramenée à la vie. Il est maintenant l’heure que je retrouve la mienne. » (page 88)

 

« Un enfant se faisait avec « la bonne personne », au « bon moment », une fois que l’on « avait reglé ses problèmes personnels », « quand on était installé dans l’existence ». En vertu de quoi, j’avais toujours remis l’enfantement à plus tard. Nous n’avions, selon mes critères, pas assez de temps, d’argent, de sérénité, de force, de distance avec l’histoire de nos parents, de maîtrise de nos folies et de nos faiblesses. » (page 94)

 

« Pour la première fois, je suis la seule femme sur terre et Christophe est le nom et le visage du meilleur du monde. » (page 99)

 

« Jusque là, j’avais toujours pensé que le plaisir, le divertissement, la beauté avaient un prix et Paris, où tout est à vendre, m’avait confortée dans cette opinion. » (page 107)

 

« Il ne voulait pas changer. Alors j’ai décidé que je ne changerais pas non plus. » (page 119)

 

« Je veux redevenir un petit animal que l’on caresse, une petite fille que l’on cajole. Je ne veux plus être une femme. » (page 122)

 

« Les mots fabuleux ont laissé place aux chamailleries, aux moqueries bon enfant, aux négociations. Les nuits de fusion aux soirées télévisées, la nudité du désir aux guenilles du dimanche, l’anorexie de l’amour aux chariots poussés dans les supermarchés. » (page 135)

 

« La vraie vie demande bel et bien des efforts. » (page 139)

La disparition du monde réel, Marc Molk

disparition du monde reel.inddPrésentation de l’éditeur :

Dans un grand mas provençal, une bande d’amis passe un nouvel été. Les vacances se terminent, la quarantaine est là, l’amitié tire sur la corde. Malgré l’humour et l’ivresse, le désenchantement gagne. Comment échapper à la tristesse des choses auxquelles on ne croit plus ? L’amertume fait-elle de nous des orphelins ?

Sous la familiarité estivale pointent cauchemars et bad trips : quand les peurs et les fantasmes prennent le dessus, voilent les évidences et font vaciller le simple sentiment de réalité.

 

En séquences très courtes, flashs ou instantanés, Marc Molk esquisse un roman du désenchantement, qui se lit d’une traite. Bien avant la fin des vacances, il flotte cette mélancolie de septembre approchant, quand les jours qui déjà raccourcissent indiquent qu’il est temps de refermer la parenthèse estivale. Lire la suite

Les pays, Marie-Hélène Lafon

Sophie lit… la sélection du Prix du Style 2012 2/9

voir la sélection complète ici

 

Présentation de l’éditeur

À la porte de Gentilly, en venant de la gare, on n’avait pas vu de porte du tout, rien de rien, pas la moindre casemate, quelque chose, une sorte de monument au moins, une borne qui aurait marqué la limite, un peu comme une clôture de piquets et de barbelés entre des prés.

Fille de paysans, Claire monte à Paris pour étudier. Elle n’oublie rien du monde premier et apprend la ville où elle fera sa vie. Les Pays raconte ces années de passage.

 

Marie-Hélène Lafon a publié, entre autres ouvrages, L’Annonce (2009), aux Éditions Buchet/Chastel.

 

Buchet/Chastel, septembre 2012, 208 pages, 15 €

 

Les « pays », ce sont ceux qui viennent, comme Claire montée étudier les langues mortes à la capitale, de ce pays qu’est le Cantal. Et il y a derrière la métonymie un monde de différences Lire la suite